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 Chronique d’un reflet biaisé

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MessageSujet: Chronique d’un reflet biaisé
Dim 12 Avr - 11:44

Chronique d’un reflet biaisé
THOR - VALENTINE


-A quoi voudriez-vous penser aujourd’hui?
, intime Valentine d’un ton plat. La platitude était devenue le problème de son quotidien. Quoi qu’il fasse, quoi qu’il se passe, il y avait cette saveur insipide qui le suivait comme un vieux chewing-gum collé à sa semelle. C’était en somme tout, sauf agréable et un sort sans couleur pour un dénommé psychologue au bureau des métiers. Valentine n’avait pas idée pourquoi c’était cette profession qui lui avait effleuré les lèvres comme un souffle habituel ; c’était comme si ça devait être et il s’était contenté de suivre, en bon suiveur qu’il n’était pas. On en venait au fait. Il n’avait toujours pas installé son cabinet et patrouillait depuis quelques temps dans cette ville, il n’avait nulle part où loger et se débrouillait jusque là pour trouver un toit dans un hôtel ou en chambre d’hôte. Ou chez l’habitant. Son sommeil était un enchaînement entrecoupé de vide, de néant, de non-choses intersidérales.

Valentine était une âme vide.

Il n’y avait pas mort d’homme pour autant mais ça faisait quand même de lui un homme sans raison de vivre et plus il y pensait, plus il n’en voyait plus la fin. Il y avait cette terrible fracture de son esprit qui l’empêchait regarder en avant et en arrière et qui le maintenait prisonnier entre deux sans pouvoir comprendre où retravailler la faille. La seule chose dont Valentine était certain, c’était que ça changerait. Et pour ce, il lui faudrait trouver le bon catalyseur. (…)


-


-Bonsoir Thor.

Cette fin d’après midi là, le temps pleut tout son désespoir, déversant son torrent de larmes sur qui passe sous son mal être. Valentine en errance dans la ville, décide qu’il ne peut plus ignorer ce temps qui l’empêche de voir à plus de quelques mètres et se repère aux couleurs et formes des bâtisses qu’il a eut le temps de se cartographier depuis … depuis. Les jours et les semaines ont volé en éclat pour pouvoir s’y référer. Au croisement de la rue, doit loger le Lieutenant de la Garde Impartiale si ses indications sont correctement gravées dans sa mémoire ; le propre de Valentine étant sans doute sa mémoire acérée, il s’y dirige trempé jusqu’à la moelle épinière. Ça lui semble naturel de squatter chez les autres ; il fut un temps, personne n’envoyait d’email ou de sms pour prévenir de sa visite : Valentine s’inscrit bien dans son temps.

Il frappe.

Et il se les gèle.
Lorsque, à travers des lunettes aussi strictes que peut paraître un personnage qui assure l’impartialité de la ville, leur regard se croise, Valentine n’a pas besoin de justifier sa présence ici… parce qu’il n’en a pas. Il a pointé d’un index le ciel.

-Il pleut.


Un haussement des épaules désintéressé.

-Après, j’irai m’inscrire au registre pour trouver un logement. Je n’en ai pas eu le temps.


Après, plus tard.
Ce n’est pas la première fois qu’il repousse cette priorité à plus tard. Peut être simplement parce que ce n’en est pas une. La dernière fois qu’il a croisé le lieutenant c’est à la citadelle. La fois d’avant la dernière fois, également. A chaque fois il avait dit qu’il passerait ses devoirs administratifs qui aujourd’hui ne semblent toujours pas être fait. Peut être qu’au bout de la troisième fois ce serait la bonne. Valentine aime bien ce qui fonctionne par trois mais il ne saurait expliquer pourquoi ; il y aurait eu de quoi faire s’effondrer un Eliott Rochefort avant.

C’est un comble de manquer du temps pour qui détient l’immortalité. Ses ‘reset’ précédents n’avaient pourtant le lui faire réaliser ; il avait oublié qu’il avait été par trois fois un homme mort. Une dans la vie réelle, deux dans son immortalité.

-Est-ce que... Et bien. Est-ce que je peux m’inviter ?

Le temps d’une averse.





.
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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Dim 26 Avr - 19:38

GOUTTE DE PLUIE DANS L'OCEAN
SERAIENT TOUS LES MOTS
TOUS INUTILES, TOUS IMPORTANTS.



Et les jours se suivent et se ressemblent. La pluie n’a cessé de tomber de la journée.
Je me demande pourquoi la pluie tend à déprimer tout le monde. Elle ne me détange pas; au contraire, elle me renvoie vers cette existence qui est la mienne, sans réellement savoir en quoi elle est si particulière. Je suis présentement, chez moi. C’est une maison de pierre et de bois. Parce que les opposés me fascinent, j’ai mis des bûches dans l’âtre et désormais, j’admire le mouvement de la chaleur des flammes tandis que le crépuscule se dépose sur Libra.
J’ai une maison relativement grande. Ca n’a pas toujours été le cas. Elle m’a été attribuée en même temps que mon grade. Je vise plus haut encore, mais j’ai encore un long chemin à parcourir. Un chemin qui n’a ni début, ni fin.

Le tisonnier se fraye un chemin entre les cendres et je devine celui que parcourent les volutes de fumées au delà de la cheminée. Elles se dissiperont tous comme celles de cette cigarette que je viens d’allumer. Elle est aux plantes médicinales et me détend: je m’affale sur ce fauteuil au dossier haut, et à l’assise confortable. Je repousse l’échéance de la consommation des deux dernières parts de la tarte pomme/cannelle que m’a offert Infinity.
Infinity. Quel nom étrange que celui-là. Je préfère l’appeler Kate.

Mes pensées vont et viennent. Un coup de tonnerre retentit au loin, je souris. Je suis seul, je peux me le permettre. Ce n’est pas un temps agréable pour tout le monde, mais moi, il me détend. Je ferme les yeux, amenant mon traitement au bord des lèvres. Chaque craquement du ciel qui parvient à mes oreilles est une douce mélodie, je me sens bien. Le sourire de Loki s’immisce alors, j’en rigolerai presque.

Toc toc toc.

C’est décidément le jour des intrusions. J’ouvre grand les yeux, je remets mes lunettes et me lève. Qui vient me faire chier à ce moment précis entre le jour et le soir ?
La porte de bois n’est jamais verouillée, mais elle est lourde. Pas un problème pour moi, je suis une force de la nature. Je ne l’étais pas à ce point pendant un moment, il y a quelque temps. Indéfinissable. J’ouvre, la mine patibulaire de celui qui n’aime pas être dérangé durant l’instant de détente ou plus rien n’existe hormis mon simple univers.
    - Bonsoir Thor… Il pleut.

Ce mec… Une brindille que je pourrais briser si mes intentions étaient mauvaises. J’ajuste mes lunettes sur mon nez par une poussée désinvolte du bas de mon pouce sous la branche droite. Il est trempé. Bientôt, bientard, à ce rythme, il finira par se dissoudre entre les pavés. Il diffère d’une de nos rencontres à une autre. Je hausse un sourcil et je soupire devant l’intérêt qu’il éprouve face à l’horreur de l’administration. L’averse risque de durer aussi j’ouvre plus grand la porte.

-

    - T’aimes la tarte aux pommes, Valentine ?


Je pose nonchalemment sur sa tête une serviette de toilette que je viens d’aller chercher et commence à frotter. Mes mains, telle une montagne, pourraient lui écraser la tête, mais je fais preuve de douceur. Je ne suis pas une montagne. Je lâche ma douce prise et me dirige vers une pièce circulaire relativement étroite. J’amène deux auges chaudes en grès contenant mon dessert préféré qui s’avère bien meilleur lorsqu’il est partagé. Tiède est ce petit trésor.
    - Assieds-toi, tu me files le tourni.

Je lui tend l’assiette ainsi qu’une tasse de thé. Il est au jasmin, souvenir de mon voyage à Rhode. Je vais chercher ma part et m’en retourne auprès de mon invité.
J’envoie mon mégot dans le foyer rassurant.
    - Je peux t’héberger le temps que tu trouves un logement.

J’avale une gorgée brûlante. Le tonnerre gronde. Kate doit ressembler à un rouleau de printemps dans sa couette. L’idiote.


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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Ven 1 Mai - 1:55

Il y a dans son allure carrée, quelque chose de pas si carré au final. Valentine parvient à se dégager tant mal que bien du séchage de cheveux made in Thor -qui lui fout la chair de poule et qui lui fait ravaler de justesse une suite de mots trop crus pour un accueil trop chaleureux. Il se contentera de lui jeter un regard noir, instaurant de nouveau une distance respectable. Une pensée subreptice émerge de son esprit concernant l'orientation du capitaine mais elle n'a pas le temps de fleurir qu'il se voit imposer une tarte aux pommes. Bienvenue Valentine.

C'est une scène banale mais dans le fond, qui l'ébranle plus qu'il ne le laisse paraître parce que la vérité, c'est qu'il a eu pendant quelques seconde, l'impression de retrouver un chez-soi, de savoir où rentrer à la fin de la journée. Depuis quelques jours résidait ce mal-être, le sentiment que le vide semblait remplacer petit à petit ses jours. Bientôt, peut être qu'il disparaîtrait, et que ses membres s'estomperaient comme si quelqu’un lui passait des coups de gomme dessus ; étrange vision de la réalité. Et avec un titre du genre "Le psychologue Valentine fait une dépression" , il aurait tout entendu.

Mais il ne s'agissait pas de ça.

La dépression n'avait pas de place dans cette sensation désagréable de ne pas avoir rangé quelque chose à sa place. Il a goûté au plat posé sous son nez. C'était fichtrement bon.
Il a eu l'impression de rentrer voir la famille avant de réaliser que la famille est une notion lointaine. Le capitaine lui propose hospice le temps nécessaire, ce à quoi Valetine lève un regard perçant qui en dit long et qui suffit pour lui répondre qu'il ne resterait pas. Qu'il ne resterait pas jusqu'à trouver un logement, mais qu'aujourd'hui... Effectivement il était sans toit. Aujourd'hui…, si aujourd'hui avait plus de sens qu'un autre.

-Du jasmin,
devine instantanément Yui en laissant le parfum lui remplir le cerveau. Non pas qu'il soit un grand connaisseur en thé ou qu'il ait un odorat hors norme... Mais il ne s'agit pas de ça non plus dans le fond. Aux souvenirs refoulés de cette fragrance, il a eu la désagréable impression que ses yeux lui piquaient plus que d'habitude. Plus le temps passait, plus il devenait une fiotte. Valentine, tu vas aller voir dare dare un psy.

-Je ne peux pas boire de thé
, déclare-t-il de bout en en blanc. Il s'est levé, pour aller vers la fenêtre la plus proche. Ses yeux s’y perdent et quand il se retourne, il est de nouveau sur son terrain de jeu.

- Thor, j’ai besoin d’un cobaye.


Ça avait commencé comme ça.
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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Lun 4 Mai - 10:50

DANSENT LES FLAMMES
LES BRAS SE LEVENT



Il m’amuse dans cette façon qu’il a d’afficher ses émotions. On ne le croirait pas au premier abord, il semble vide et peu intéressant. Flippant. Et si je dis ça, c’est tout simplement parce que je suis passé par là. Je me rappelle les conditions dans lesquelles je l’ai rencontré pour la première fois. Je sais que ça se passait non loin du marché, et qu’il y avait du monde. De dos, je l’avais pris pour un autre. J’avais été rude en attrapant son avant-bras. Je me rappelle de la finesse, non, la maigreur de ce que je tenais dans la main. S’il n’y avait pas eu son pardessus, mon pouce aurait pu aisément atteindre mes autres doigts. Mes paluches sont à l’image du reste de ma personne, grandes et larges pourtant, ce sont la plume et l’épée que j’emploie le plus souvent.

Alors forcément, je ne peux que comprendre l’agacement qui l’a animé voilà quelques minutes. Comment peut on imaginer qu’un type généralement peu enclin à la douceur puisse en faire preuve ? C’est ainsi que je suis. C’est juste qu’en public, en dehors de ma zone de confort privée, je n’arrive pas à briser cette barrière. Tout est-il que mon rôle est de protéger les âmes. Surtout lorsqu’elles sont en détresse. Et ce que je vois dans les yeux de ce type là, Valentine, me galvanise. La souffrance que je lis dans cet être n’a nulle autre pareille. Je l’ai vue, dès le premier jour.

Il m’est déjà arrivé de le suivre à son insu. Juste pour savoir ce qu’il faisait de ses journées. N’importe qui aurait pu croire que ce n’était qu’un mec peu intéressant, vide. Flippant. J’ai même eu dans l’idée de placer un de mes subordonnées à sa protection, mais j’ai chassé l’affaire. Il ne faudrait pas que cette brindille deviennent une obsession. Même le Gouverneur d’Eraclae semble moins fragile en comparaison. M’enfin, il a refusé ma proposition. J’avale la dernière bouchée de ma tarte pour masquer ma déception. Je pose mon auge sur cette petite table d’appoint, robuste et grossière, que j'ai faite moi-même tout en pousant un soupir. J’attrape mon thé. L’odeur du jasmin embaume mon intérieur désormais, tout comme chez elle.. Elle l’avait dit, la petite paysanne. Je bois une gorgée et l’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être de retour à Rhode.

Valentine a reconnu l’odeur du jasmin. Il déclare ne pas pouvoir boire du thé. Ca c’est étrange. Non pas que l’individu ne l’est pas de base, mais il y a quelque chose lié au thé, au jasmin peut-être, qui semble l’animer. C’est très intéressant. Voilà une enquête qui me botte, et pourtant, la psychologie n’est pas mon truc. Je me repose sur des faits, des indices, des preuves concrètes. Le matériel, le tactile, c’est tout ce que je sais manipuler. Evidemment, je reste toutefois un homme réfléchi et pour le coup, j’ai bien envie de m’essayer à l'analyse celui qui se targue d’en être l’expert. Je le suis du regard tout en avalant une dernière rasade de thé. Je me lève silencieusement, dos à la cheminée, et glisse entre mes lèvres une nouvelle cigarette. Je l’allume et j’attends quelques instants jusqu’à ce que Valentine se retourne. Cette fois, je ne peux pas m’en empêcher, je m’approche en étirant les lèvres. Le masque qui le recouvre désormais est costaud, épais. Mon instinct me dit que l’autre Valentine ne reparaitra pas de sitôt. L’un appelle l’autre. Je penche la tête sur le côté et tire sur ma sèche. Je m’approche plus près encore et envoie la fumée… non pas sur son visage, c’est très malpoli. Mais au dessus de lui, au travers de la fenêtre entrebaillée.

    Un cobaye ?


Mon bras gauche passe au dessus de son épaule pour atteindre la pierre. Ce malaise plus tôt, lorsque Valentine s’est échappé du séchage de cheveux - by myself, j’aimerais de nouveau l’instaurer. De quoi a-t-il eu peur en me fuyant de la sorte ? Qu’est-ce qui l’effraie ? Sans pudeur, j’examine ses iris après avoir retiré mes lunettes. En étant si prés, je n’en ai pas besoin. Et puis subitement, je me recule, repose mes lunettes sur mon pif, porte ma cigarette aux lèvres et étire mes bras au dessus de ma tête, tout en entrecroisant mes doigts. Je touche presque le haut plafond.

    J’aime pas ce mot. J’ai arrêté un taré il y a peu, il était persuadé que les femmes rousses étaient la représentation du Mal. Il les kidnappait et, sous prétexte de les étudier comme des cobayes, les autopsiait à vif.


J’attrape un tisonnier et m’accroupis près de l’âtre. Les étincelles des bûches virevoltent et se laisse emporter dans le conduit jusqu’à devenir suie.

    Le thé me vient d’une petite rouquine qui habite au Nord. Un petit bout de femme adorable qui refuse le paiement en monnaie. Je n’avais rien à lui proposer, sauf deux pommes. Elle les a prises en échange.


Et au cours de mon enquête, j’ai eu peur. Peur de la voir parmi les victimes de l’autre taré. Un vagabond. Sans me détourner de la chaleur, je rajoute.

    Tu devrais sincèrement goûter ce thé. Ou faire un tour à Rhode.



Ou comment inclure une invitation vers son DC.


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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Mar 5 Mai - 22:39

Valentine se tait, toisant de son habituel regard sans chaleur celui de Thor qui a décidé de jouer dans la proximité. Un silence acerbe crible alors le visage du capitaine. (…) Yui ne sait pas depuis quand il est sujette à ces relents noirs de rancœur que vomit son cœur à travers les artères de son corps ; là dedans, il y a une colère sourde qui l'anime et qui ne tarit pas.

Thor s'éloigne.

Ça ne lui fait ni chaud ni froid.

-T'es rousse Thor ou tu crois vraiment que je suis venue taper à ta porte pour t'autopsier. L'une ou l'autre ?

Un sarcasme sec où Valentine perd définitivement son éloquence. Toujours adossé à la fenêtre, il croise les bras et regarde l’autre s'affairer près de sa cheminée, mentionnant des sujets qui ne focalisent pas son attention présente.

-...contre des pommes,
répète-t-il sèchement.

C'est cela.

Valentine hausse des épaules et balaye l'air d'un geste agacé de la main. Après tout ça ne le regarde pas comment Thor se défait de ses dettes. Le thé ne le tente toujours pas.

-Rhode, pour quoi faire ?


Valentine fronce les sourcils, pris entre plusieurs pensées à la fois, tiraillé par une amertume qui lui ordonne de cracher ses pensées indigestes. Les lèvres pincées, il maintient un silence lourd et s’oblige à se concentrer sur les gouttes de pluie qui s’écrasent derrière lui contre la vitre. Son attention se ventouse si fort contre les parois qu’elle vient à se détourner du reste.

Il a souri.

-Revenons-en au sujet je te prie. Il me faut un cobaye,
pose-t-il de nouveau, un air calme comme si rien ne s’était passé. Au pire tu pourras toujours croire que c'est moi qui tue les femmes maudites. Si tu cherches un coupable facilement. Et si tu as peur, j’irai en trouver d’autres, de …cobayes.

Il a eu un ricanement, sans se décider d'en dire davantage.

Se redressant quelque peu, il s'est dirigé vers la sortie avec la ferme intention de partir. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond et ne pas savoir quoi, l'irrite de trop. Entre l'envie irrépressible de secouer Thor à défaut de ne pouvoir se bousculer lui même telle une boite où il s'agit de faire tomber le message coincé dedans, ce décalage d'un foyer trop chaleureux qui griffe sa conscience, il y a toujours cette colère qui ne s'épuise pas, parce qu'en fait, c'est simple; Valentine est un CD rayé, une cassette vidéo à la bande découpée. Ouais, un truc dans le genre quoi.
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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Mer 6 Mai - 11:21

Je hausse un sourcil puis pousse un soupir. Je me demande si Valentine n’aurait pas deux fils qui se touchent. Je pense surtout qu’il n’est pas assez attentif à ce qu’on lui dit. Je me redresse, repose le tisonnier sur son support, laissant l’odeur et la chaleur du foyer se répandre et dévorer celles du thé au jasmin. Il fait froid, à Rhode. Les habitants en sont d’autant plus chaleureux.

Je me retourne, le dos droit. J’accroche quelque chose dans le décor qui tâche. Je ne ferai pas de commentaire sur ce sourire; Valentine ne s’en est peut-être pas rendu compte lui-même tant il contraste avec son comportement torturé. Je me rends à l’évidence : je m’adresse à un mur de glace. Ca ne m’amuse plus. Je hausse les épaules. L’impolitesse de son rire me renvoie vers mes habitudes professionnelles. Je ne suis pas vexé. Mais je n’apprécie pas qu’on se foute de ma gueule sous mon toit.

    Essaie de suivre un peu quand on te parle.


Je m’installe à nouveau dans mon fauteuil tout en laissant ma clope se consumer entre mes doigts. J’attrape mal au crâne; les flammes sont trop vives. Je penche la tête en arrière et ferme les yeux. Le temps que ça passe.

    Et je n’ai peur de rien. Alors soit tu m’expliques correctement, soit tu te casses. Mais ne compte pas sur moi pour t’aider à ouvrir la porte.


Et voilà, je suis de mauvais poil. T’es content, imbécile ?

Colère, impatience. Il y a comme quelque chose de familier dans cette attitude que j’adopte. Thémis m’a repêché de je n’sais où, je me souviens ne pas avoir cherché à comprendre. Je songe à nouveau à Loki. Comment se peut-il qu’il soit mon frère ? Ce mot a un sens particulier qui relève de la fiction. Nous sommes issus de la même matrice, sans que je ne sache ce qu’elle est réellement. Je me retrouve dans la même position que plus tôt, avant l’intrusion. Le tonnerre gronde, la pluie bat de plus belle. Mes pensées poursuivent leur flot, et je tente de comprendre en quoi cette impression de déjà-vu me met si mal à l’aise.

Erik, je t’en prie. Tu te fais du mal, tu nous fais du mal. Cesse de te borner à le retrouver. Alex ne reviendra pas pour autant.

J’ouvre grand les yeux. Je crois que je me suis assoupi un instant. L’incandescence de la cendre n’a pas évolué. La céphalée n’est plus mais elle m’a épuisé. J’ajuste mes lunettes. Je ne sais plus si je suis seul ou accompagné. Aurais-je rêvé de Valentine ? Je tourne la tête vers ma table d’appoint. Il y a bien une assiette, la mienne. Je regarde plus loin. Une autre. A peine entamée. Je soupire.

    Si tu es encore là, explique-moi. Pourquoi t’es là ?


Kate, votre tarte ne fait pas l’unanimité apparemment.



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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Jeu 7 Mai - 0:38

-Thor, je pense que tu rêves la deuxième assiette à moitié vide, avertit la voix posée de Valentine derrière son dos.

-

Plongé dans un néon blanchâtre, Valentine sent ses yeux revenir à la réalité en même temps que le vertige le précipite au bord de la paroi incurvée. Ses mains moites glissent contre la surface plane immaculée, tandis que s’ouvre les portes de la station de dématérialisation. D’une manière ou d’une autre, il parvient à ramener Thor à son bureau, situé dans le même bâtiment que la machine à téléporter.

-Thor. Revenez. Revenez à notre point de départ, le bureau, le mien.


Valentine se redresse et encercle le poignet de l’homme assis sur le divan. L’emprise est sans à-coup mais reste ferme, afin de rompre le lien devenu trop fort avec les subconsciences. Il scrute le capitaine, attendant son retour ; c’est la première fois qu’il s’essaye à l’analyse d’un individu dans un état de conscience modifiée. En fait, c’est simplement la première fois tout court qu’il se retrouve à analyser l’esprit d’un autre, tout en ayant la contrainte de se battre pour maintenir son propre esprit hors contexte. Livré à la liberté, Yui se rend compte que son subconscient recèle lui-même des failles béantes, des zones de non-explications criardes qui le laissent perplexe bien après qu’il ait quitté cet instant de dématérialisation expérimentale. Surpris et bousculé, mais surtout troublé.

S’assurant du réveil du gardien de la ville, le psychologue revient avec un verre d’eau qu’il repose à côté de la table.

-C’est à eux à qui vous vouliez penser aujourd’hui,
souffle Yui en examinant Thor à travers ses lunettes, dans un regard droit.

Il n’y a aucune trace d’amertume dans la voix fatiguée de Valentine, qui trahit son affaissement perceptible. Sonder un esprit en direct se révèle non seulement être épuisant mais surtout un échec, dans la mesure où il ne s’attendait pas à se retrouver en scène, en utilisant l’hypnotisation sur le capitaine. Sa présence là-bas fausse définitivement les traces et surtout, l’empêche de voir clair jeu dans un terrain qui ne lui appartient pas. Se laissant aller sur le fauteuil placé de biais en face de Thor, il s’y est accoudé pour se frotter les yeux, se visualisant une fois de plus chaque détail qui aurait pu lui échapper durant cette exploration inconnue. Et déjà il se met à retourner dans tous les sens son idée étrange d’utiliser la station de dématérialisation pour exploiter les quelques centièmes de fragments de vitesse lumière, couplée à un état de conscience modifiée chez Thor, afin de permettre à leur conscience et leurs strates de se percuter entre elles.

Valentine n’a pas posé de questions supplémentaires concernant le Alex obsessionnel de Thor. Car elles reviendraient au naturel plus tard, lorsque la transgression de l’ordre présente des choses se serait atténuée. Un instant passe et il refait face à son interlocuteur.

-Je ne pense pas que cette expérience puisse marcher avec tout le monde.


Non, effectivement, elle dépendait de la part de stabilité de chacun de leur côté respectif. Valentine avait prévenu Thor qu’il ne connaissait pas bien l’issu de cette introspection.

-Thor..., hésite un instant Valentine, accoudé sur le fauteuil par une tête devenue trop lourde à porter. Vous ne m’avez jamais dit pourquoi c’est vous sur qui je tombe à chaque fois que je reprends conscience sur la tour de Libra.


TITRE : L’HYPNOTISEUR HYPNOTISE
Il y a dans la partie inatteignable de l’existence, des morceaux épars qui jonchent ci et là et qui ne peuvent se souder entre eux tant ils passent inaperçus. Or il ne s’agit pas d’une tâche qui peut s’effectuer individuellement, car elle exige avant tout une possibilité de retour à la conscience. Un point focal extérieur capable de retrouver le chemin inverse en cas de perdition. (…)
Valentine.





HRP - U-bu-esque, c'est ce que j'ai envie de dire. Merci shikimmy.
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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Mar 26 Mai - 9:59

S'il y a bien une chose que je refuse d'emprunter, ce sont bien les stations de dématérialisation. Non seulement la sensation est plus désagréable que le mélange d'une gueule de bois ( - je ne connais pas ! - ) et d'un rhume carabiné, mais je crains aussi de laisser quelque chose derrière moi. Je sais déjà que j'ai laissé beaucoup de choses, avalées par Thémis. Si encore le boulot avait été fait correctement, je m'en serais pas plus mal sorti. Le problème reste toujours le même et se résume en en seul mot que je ne citerai pas.

Je ne sais pas ce qui m'a fait accepter de jouer le jeu de Valentine. C'est sûrement son côté atypique, le fait qu'il ne ressemble à rien et qu'il a autant de charisme qu'un moustique. Ou éventuellement ce commentaire sur l'assiette. A moitié plein? A moitié vide ? Lorsqu'on pose la question sur la bouteille orginelle, la réponse permet d'en savoir un peu plus sur la manière de penser de la personne interrogée. Et pour le coup, je n'ai pas eu à lever le petit doigt. Pessimiste Valentine ; sans vraiment le connaitre, le contraire m'aurait étonné.

Notre petit et bref voyage m'a fait relever un truc en plus de me foutre la gerbe ; celui qui l'a conçu est stupide. Avoir la possibilité de faire du surplace en faisant du point de départ le point d'arrivée est vraiment d'un intérêt fantastique. Nan mais sérieux ? J'aime pas gâcher mon existence en des conneries pareilles, j'ai mieux à faire. Le retour au bureau de Val' - la visite pour ma part - est particulièrement pathétique pour les deux partis. J'ai limite cru que l'autre allait tourner de l'oeil. Je me suis étalé comme une merde sur un divan relativement confortable, maugréant contre mon compagnon de route et ses idées farfelues. Le cheval définitivement, est un meilleur moyen de transport. Tout est-il que je me laisse aller à fermer les mirettes, histoire de me remettre un peu de la torsion de mon estomac. Une main sur le ventre, l'autre pendante, je grimace.

LE MONDE COMME UNE PENDULE
qui s'est arrêtée


    Erik, où comptes-tu aller habillé de la sorte ?

Tu regardes ta tenue , elle te semble tout à fait correcte. Un jean, un T-shirt gris et une paire  de Reebok. Rien de choquant.
    M'enfin, je te rappelle qu'on reçoit nos nouveaux voisins et que tu ne m'aides pas à faire bonne impression, là.
    Et après ? On ne reçoit pas le maire non plus.
    Fais un effort veux tu ?
    Sivia, je ne me changerai pas. Si ça se trouve, ils seront aussi décontractés que moi. Par contre, toi...

Tu t'approches de ta femme, absolument sublime en toute occasion. Elle porte une petite robe bleu nuit qui lui arrive à mi-cuisse. Elle est un peu trop jolie et tu ne manques pas de lui signaler que si le voisin ose porter ne serait-ce qu'un seul regard intéressé sur sa personne, il en prendra pour son matricule. Il vous reste une demie-heure, tu la portes vers la chambre comme tu l'a portée pour votre nuit de noces.

En fin de compte, tu t'es quand même changé. Le couple avec qui vous discutez est fort sympathique, toutefois, quelque chose cloche avec le mec. Tu sais pertinemment que son visage est là, sa femme - est-ce vraiment sa femme par ailleurs - lui retire une miette du coin de ses lèvres... Lèvres que tu ne vois pas. Comme le reste. Tu sais, tu devines, mais tu ne vois rien. Comme s'il n'était constitué que d'un contour pointillé. En revanche, la femme qui l'accompagne est bien visible. Des traits tendres, une allure très sophistiquée, elle respire la classe. Tu ne regrettes pas, en détaillant ces cheveux clairs remontés élégamment en arrière, avoir écouté ton épouse. Quand bien même tu commences à te sentir à l'étroit dans tes mocassins, tu n'aurais peut-être pas fait bonne impression en basket...
    Vous reprendrez bien un peu de pommes de terre, ."..." ?

Tu n'arrives pas à connaitre le nom de l'homme, mais pour une raison que tu ignores, celui de la femme te mets mal à l'aise. Alors tu te lèves de table, exprimant le souhait d'aller fumer une cigarette sur la terrasse dans votre jardin. Tu l'allumes et regarde le ciel qui s'est assombri. Tu offres un regard admiratif sur les sept étoiles constituant la Grande Ourse, en particulier l'étoile double de Zeta  : Mizar, et son compagnon (ou jumeau) Alcor. Tu tires sur ta cigarette en fixant cette dernière qui scintille avec difficulté mais que tu discernes très bien.
    Thor. Revenez. Revenez à notre point de départ, le bureau, le mien.

Tu te retournes et distingues bien mieux à présent cet autre double. Lui aussi, a les cheveux clairs. Tu lui tends ton paquet de cigarettes ouvert.
    Vous fumez, Elliot ?

Tu n'as pas le temps d'obtenir une réponse, le téléphone sonne. Tu entends la voix mélodieuse de ta femme changer de ton, elle se hâte de te rejoindre.
    Erik ! C'est Papa... ton frère, il... c'est terrible.

Tu veux attraper le combiné, mais ton nouveau voisin aggrippe ton poignet.
    Lâchez-moi. Lâchez moi, ou votre vie s'arrêtera ici et maintenant.

Tu ouvres les yeux.

***


Mon estomac fait toujours des siennes, et je me sens en pétard. La première chose sur laquelle se porte mon regard, est Valentine. Pour une raison que j'ignore, j'ai envie de lui foutre mon poing sur la figure. Je me défais de l'emprise de sa main en un mouvement sec. La colère qui coule à vive allure dans mes veines est irrationnelle, je le sais. Je retire mes lunettes que je pose à côté de moi sur le divan. Je me rappelle, l'expérience. Je souffle un bon coup, je frappe l'accoudoir moletonnée du plat de la main pour ensuite inspirer le plus possible. Je récupère mes lunettes que j'ajuste d'un geste vif du majeur. Le psy est de retour avec un verre d'eau. Très bonne idée. Je m'en saisis en remerciant cet ersazt de savant-fou, et en avale une belle lampée. Je hausse un sourcil lorsqu'il s'adresse à moi. De qui parle-t-il ?
    Je me suis assoupi et j'ai parlé dans mon sommeil, c'est ça ? J'aime pas ces engins, pourquoi est-ce que j'ai accepté d'être votre cobaye, hein ?

Je passe aussi au vouvoiement. Je ne sais pas pourquoi lui le fait, le contexte professionnel sans doute. S'il préfère ça, pourquoi pas, même si ça fait un peu trop hypocrite à mon goût.  Je le regarde s'installer non loin de moi. Il n'a pas bonne mine, à la limite de tomber dans les vapes. Plus pâle que jamais. Je regarde ailleurs et tente de trouver quelque chose sur lequel reposer ma contemplation. Mais il n'y a rien. Pas une fioriture ni la moindre décoration, juste... le minimum. C'est froid, impersonnel, ça me fout le moral à zéro d'être ici. C'est peut-être ça, son problème. Rien ne semble décorer son espace personnel. Seul le vide émane de cet individu. Tu parles d'un cadeau. Si c'est son job qui le rend ainsi, je fuirai à partir de maintenant, tous les psy que je croiserai, si toutefois quelqu'un est assez fou pour passer l'éternité à s'intéresser à la pronfondeur des âmes qui ont chu ici.
En tout cas, il semble en effet que cette expérience n'a pas marché. Je hausse les épaules. Ce n'est pas plus mal.
    Il faudra vous trouver un autre sujet. Tant que ça reste dans le respect de chacun.

Je me redresse, verre d'eau en main, la nausée passe.  Je tends l'oreille lorsque Valentine reprend la parole. Nous y voilà, alors. S'il est vrai que j'assiste régulièrement à la renaissance des âmes, c'est un hasard si j'y ai croisé Valentine. Il ne s'agit là que d'une mission que je me suis moi-même fixée, juste pour le principe premier de ma raison d'être : la protection d'autrui. J'accorde un intérêt particulier pour ceux qui reviennent régulièrement. Quand aux autres, "les nouveaux", je ne me charge de les réorienter que lorsqu'ils le souhaitent. Je pensais avoir été suffisamment discret mais il faut que je me rende à l'évidence : je reste un souvenir mémorable pour celui que je croise. Pas forcément en bien, d'ailleurs. Je devrais peut-être songer à mincir un peu.

Je me dirige vers une fenêtre, histoire de voir le ciel. Est-ce que ça existe, les étoiles ? Je me surprends. Y avait-il un ciel étoilé dans mon songe ? Je n'ai aucune mémoire de mes rêves, mais j'ai cette fois le souvenir d'une forme. Un peu comme une casserole. Non, j'ai du lire ça quelque part. C'est vraiment étrange.
    On dira que... je suis passé par là. Et que j'ai marqué votre mémoire.

Je n'ai même pas l'impression de mentir. C'est lui le psy, non ? A lui d'interpréter ce que je dis comme il le souhaite.
    Songe quand même à décorer un peu ton intérieur. On a limite envie de se jeter par la fenêtre en venant ici, tellement c'est déprimant.

J'étire un sourire. A l'extérieur, des âmes semblent perdues. Les resets sont tellement fréquents en ce moment que c'en devient véritablement malsain. Je vais crouler sous le boulot, je le sens.


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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Dim 14 Juin - 23:29

ELIOTT


Valentine ferme les yeux. Il est certain d’avoir vu la même scène que Thor autour de la table, il est certain d’avoir accepté la cigarette que ce dernier lui a proposé. Mais pour une raison obscure, il ne sait pourquoi il se retrouve autant troublé. Eliott. Quelque part, ça lui dit quelque chose. Nulle part, plus rien ne lui parle. Pourquoi. Si elle résonne comme un échec de la bouche de Thor, l’expérience est plus que concluante dans l’esprit du psychologue. Bien après que le Gardien de la ville ait quitté les lieux, il s’est à peine déplacé dans son bureau pour s’accouder à moitié avachi sur sa table. Il voudrait vaincre la fatigue qui le surplombe depuis son trône infaillible, il voudrait détruire ces remparts qui obstruent le chemin de sa compréhension et surtout, il voudrait voir ce que signifie ce creux, ce vide qu’il est certain d’avoir perçu quelque part à l’intérieur de sa conscience. Il a chaud, il a froid -de cet étrange paradoxe d’un corps momentanément perturbé qui ne parvient plus à se réguler, puis ne tenant plus, il ira régurgiter au dessus des cuvettes le bordel figé de son existence. C’est bien triste et devoir vomir sa vie. Ce soir, Valentine est un homme minable et il en a conscience.

Dans le fond, c’est peut être ça qui fait mal.

-

RUES DE LIBRA. - Sombres les nuages, sombres les jours, sombres les instants perdus sur ces dalles incertaines.

Derrière l’esprit dépravé d’un psychologue, il reste le caprice de vouloir revivre cette scène, ce repas du soir en face de Thor et de la femme qui l’accompagne, tandis qu’à ses côtés, il y a cette autre présence féminine dont l’allure est quelque chose qui s’inscrit dans l’élégance. Il n’a pas eu le temps de donner un visage à cette silhouette mais peut être que Thor l’a-t-il vue ? Ils n’ont pas échangé, le contact s’est rompu et il n’est pas parvenu à renouveler l’expérience. Eliott. Ce prénom, en plus de ne pas lui plaire, le torture sans raison. Il le verrait presque au fond de la bouteille plus qu’entamée, inscrit quelque part entre l’ocre du liquide déformé de sa couleur par le vert sombre de la bouteille. Ses pensées fabulent, ses réflexions désertent une pseudo-cohérence. La cohérence a-t-elle sa place dans un monde privé de son temps.

Il ricane encore à n’en plus pouvoir lorsque des bras l’emmènent, tant de poigne pour si peu de résistance alors que danse la pluie et valse le vent, sur son front sur son corps, dedans, dehors, partout. Il rêve que son esprit s’échappe de ce corps inutile, s’illusionne de visions éthérés, où il reconnait parfois quelques formes dans un paysage onirique, dont une silhouette humaine à la chevelure rousse. Si rousse que ses doigts se perdent dans la masse, jusqu’à s’y emmêler dedans dans une infinité de nœuds.
D'où venez-vous, que faisiez-vous, sont le leitmotiv effiloché de sa signification tels les filaments d'une déraison qui ne se traduit pas. J'ai soif. Il est asséché d'une eau qui lui permettent de divaguer à s'en récolter des croutes de sang sur le visage et les poings, des hématomes qui restent vaguement douloureux au toucher parce qu'il est de nouveau sur une phase d'émersion, un autre petit matin après tant d'autres lunes passées à se saouler la gueule.

Reprenez vous conscience? Moi, j'ai soif.

-L’expérience a réussi elle ne peut qu’avoir réussi, croisse une voix, la sienne qu'il ne reconnaît pas.

Thor, c'est Thor qu'il lui faut pour fouiller les tréfonds de leur âme. Mais Thor a disparu et n'a nulle envie d'en savoir plus alors que lui, ça le démange au point d'en obséder tout son être.

-Je ne suis pas certain d’y parvenir avec un autre sujet. Dites à Thor que l'expérience est réussie.

Quelques balbutiements, des mots mollement prononcés alors qu'ils lui déchirent les entrailles, et c'est finalement un sommeil inerte qui remporte la partie, bien loin de ces barreaux censés emprisonner une âme en peine.
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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Jeu 9 Juil - 10:52

La pluie se déverse sur moi, sur eux, sur nous. Sur lui. Il ne réalise pas ce qu'il se passe autour de lui, ni ce ciel qui lui tombe sur la tête. Mes deux subordonnés attendent mon ordre, gardant leur rigueur contrairement à moi-même. Je m'approche de ce type, qui a laissé tout son être dégouliner sur le pavé de la Grand Rue de la citadelle. Ma botte crottée vient à heurter sans aucune délicatesse ce pied qui est le sien. Aucune réaction sensée n'anime ce psy de pacotille. Moi qui suis si grand, et lui si larvaire, il serait si aisé de le piétiner à le voir si pitoyable, si... misérable. Qu'est-ce qui cloche chez ce mec ? Je me demande pourquoi Thémis l'a repêché. Il ne respecte pas sa miséricorde. Il n'a pas conscience de cette chance, la seconde, qu'il a d'avoir une existence. La gâcher ainsi, la ruiner, c'est intolérable. Et ça me fout en rogne.

    Ramassez ça et foutez-le-moi à l'arrière.


***


J'utilise rarement le break hippomobile. Ce n'est pas la pluie qui m'y a poussé mais la piste d'un voleur multi-récidiviste localisé dans le coin et qui a réussi à prendre la poudre d'escampette en nous entendant arriver.Alors que je me disais que l’attelage était plus une gêne qu'un moyen pratique d'amener les prisonniers à la citadelle, mon regard s'était alors porté sur cette forme, là, sur le bas-côté. Je n'étais pas certain que c'était lui, mais mon instinct m'avait fait réagir avant même d'y songer vraiment. Des ivrognes, il y en a sur Libra. Par sécurité pour eux-même ainsi que pour autrui, on les met en cellule de dégrisement. En général, on ne les garde qu'une nuit. Mais à bien l'observer, je me suis dit que deux nuits ne seraient pas de trop pour Valentine. Je ne sais pas si c'est justement le fait d'avoir partagé une expérience extra-sensorielle si l'on peut dire, ou le fait que je sache qu'il a plus d'une fois voulu “disparaître” qui me pousse à être si dur avec lui. Le test a foiré, mais le doute m’assaille à plusieurs reprises. Au final, je suis assis sur la banquette en face de lui, juste pour observer ce fou et espérer ainsi cueillir une phrase, un mot qui lui échapperait. Juste un os à ronger qui me permettrait d’arroser l’arroseur. Au final, seule la pluie peut se targuer d'y arriver. La colère m’enveloppe à trop subir ses ricanements presque moqueurs dont il n’a même pas conscience. Du plat de la main, je donne quelques coups sur l’arrière du dossier boisé du soldat cocher pour ensuite descendre du véhicule, afin de poursuivre ma route à pied. Ce type me dégoûte autant qu’il m’intrigue.

POINT DE SUTURE


    Lieutenant, il a parlé.
    A ouais, qu’est-ce qu’il a baragouiné cet ivrogne ?
    Ca n’a pas de sens…
    Le contraire m'aurait étonné, m'enfin. Dites toujours, soldat.
    Il vous réclame personnellement…. il parle d’une soit disant expérience réussie, de sujet, je ne suis pas sûr de comprendre.


Mon intérêt est un peu suscitée tandis que je consulte quelques dossiers que le Commandant m’a demandé de vérifier pour lui. Je marque un temps d’arrêt, à peine visible, sans lever mon regard de mes notes. Toutefois, ma concentration n’y est plus. Je le suis régulièrement rendu jusqu'à la cellule de Valentine, pour l'observer dans cette misère révélée par l'alcool et par je ne sais quoi d'autre. Pourquoi je m'attarde sur son cas, là est la question. Peut-être parce que je ne peux trouver la réponse. Ou tout bonnement parce qu'il n'y en a pas. Je pousse un soupir et mens sans honte.

    Je ne vais pas me déplacer pour un stupide poivrot. Amenez-le moi.
    A vos ordres.
    Et… Inutile de le menotter.
    Très bien.


Une fois mon subordonné sorti, je me lève de ma chaise et me dirige jusqu’à la fenêtre. Le soleil se couche. J’étire les muscles endoloris de ma nuque et ajuste mon uniforme devant le reflet de la vitre.Plus bas, on ferme le portail sur une silhouette féminine aux longs cheveux d’or. J’ai une drôle d’impression, comme de déjà-vu ou déjà vécu. Je suis épuisé. Finalement, j’ouvre la fenêtre. La fraicheur de l’air me ravigotera, je n'en ai pas encore fini avec cette journée qui, elle, souhaite en finir avec moi. Je glisse mes mains dans mes poches puis regarde plus haut, imaginant ce qui n'existe pas. Encore une fois, Loki fait irruption dans les pensées. Je vais devenir fou à ce rythme. Mon humeur a empiré depuis quelques jours. Depuis l'expérience à vrai dire. J'ai l'impression qu'un parasite tente de s'immiscer le long du fil de mes veines, faisant bouillir mon sang. Je me mets facilement en colère, parfois je tape du poing sur la table et à chaque fois c'est la même chose : l'accalmie soudaine. Tel est mon tribut, que Thémis en soit louée. Elle seule sait ce qu'il aurait pu advenir si j'allais plus loin. Toutefois, je peux le deviner sans mal.

Toc toc.

    Entrez.


Mon sang chavire et tangue, bateau fantôme qui brûle.

Et c'est reparti.


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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Dim 12 Juil - 19:20

Encore une fois la même rengaine, des bras le conduisent, des forces externes l'entraînent loin de sa déchéance, pour l'emmener sur un autre point de chute -mais peu importe parce qu'au final c'est toujours la même histoire.
De l'extérieur ce n'est après tout qu'un corps qui s'évide de son âme, semblablement à un intérieur où il ne reste plus qu'un trop plein de vide qui ne se reconstitue pas. Des pièces s'emboîtent mais ne s'encastrent plus entre elles, elles sont toutes des mauvaises combinaisons qui ne convergent pas vers la même logique, un chaos en désordre, des souvenirs sans consistance.

Valentine a trente ans mais tout pourrait s'arrêter là qu'il ne s'en rendrait pas compte, torturé par l'amertume lasse de son existence. Parmi toutes les autres voies futures qu'il avait sur un paradis jadis terrestre, c'est celle de l'immortalité qui l'aura choisi, lui, Valentine qui tremblait devant le simple fait de mourir, Valentine qui fuyait la mort tout en ayant conscience qu'elle le frapperait un jour. Fascination éteinte, quelle trace reste t-il à délaisser alors qu'il n'est plus voué a disparaître. Quelle trace, mais quelle trace subsiste à un jamais qui n'existe plus.

-C'est ainsi qu'on se revoit...


Valentine est forcé de s'assoir. C'est risible, les rôles s'inversent et c'est dans le bureau du capitaine qu'il échoue.

- Fais moi sortir de là. Après Thémis et l'immortalité, Thor et la liberté?

Valentine a la tête lourde, son cerveau est déséquilibré par ce néant qu'il n'a pas l'habitude d'avoir.

-Ce n'est pas comme si j'attentais contre une autre vie que la mienne alors tu peux bien me laisser filer.

Tout compte fait même son corps lui paraît être un tas de poids impossible à lever. S'il avait su plus tôt que le vin aurait eu de tels effets sur le long terme, il aurait essayé plus tôt. Et peut être qu'à force de s'encrasser dans sa propre masse, il serait le premier à disparaître de cette dimension -bien que son côté lucide n'y croit pas. Plusieurs heures enfermé en sevrage lui font remonter cette clairvoyance qui détruit à chaque pas un peu plus de cette démence. Un long silence passe mais c'est peut être que sans sa tête qu'il a eu lieu... Le psychologue meurt d'envie de s'allonger au sol mais il fera l'effort d'aller s'assoir par terre contre la porte d'entrée, béquille supplémentaire à son déséquilibre mental. C'est que les hauteurs ont eu un peu trop de fois raison de lui ces derniers temps. Il appuie sa tête contre la surface plane de la porte mais ne parvient pas à se tourner vers Thor.

Il ferme les yeux.

-Dans ce monde, il a toujours manqué quelque chose, mais je sais pas quoi.

Là, derrière les paupières closes, il reste au moins son propre monde. Ou ce qu'il en reste.

- Je ne suis pas fou au point de confondre rêve et réalité mais à chaque fois que je me réveille quelque part je suis certain que je n'étais pas sur ce quelque part juste avant de me réveiller. Tu vois, il y a des avants et des après qui ne se connectent plus. Mais si Thémis fait marcher la balance d'un côté elle peut bien le faire de l'autre non?

Mince. Il vient d'oublier d'arrêter de parler. Valentine se rend compte après coup que Thor a sans doute essayé de lui répondre mais qu'il parlait à la fois. Merde... même l'équilibre des discours ne se régule plus. Spirale infernale. Ça y est, ça recommence.



SECOND ROUND



En tant qu'invité c'est toujours délicat de se retrouver au cœur d'un événement chaotique. Valentine est sur le point de répondre qu'il ne fume que partiellement lorsque l'ambiance d'une soirée tranquille s'achève nette. Il se tourne vers la femme de Thor dans l'incompréhension du moment et s'apprête à partir pour se dédouaner du statut d'intrusif mais il n'a le temps de rien faire que tout se brouille et il se sent extirpé d'un rêve où il connaît les gens sans les connaître. Saut dans le temps.

-Pense à une scène Thor où on va de retrouver encore éjecté ailleurs.


Dans la réalité. La sensation est brève mais le temps est toujours assez déformé dans les rêves. Valentine se focalise sur la première scène qui lui vient à l'esprit pour s'agripper à cette strate d'inconscience.

-C'est quoi que tu cherches Thor?


Et dans la superposition des scènes entre celle de Thor et celle de Valentine, des rideaux blancs se mettent à se mouver au gré du vent tandis qu'une silhouette apparaît entre les voiles dansants. Les courbes délicates relevées par la transparence de sa robe et ses cheveux roux, Valentine ne l'aperçoit que de dos mais il l'imagine simplement sublime dans cet instant. Sitôt aperçue sitôt disparue, la page de publicité est tournée, un nouvel environnement apparaît, délaissant Valentine sur sa fin. Que d'aussi belles femmes aient pu tourner autour d'un type aussi austère que Thor le laisse perplexe, mais il se passera de commentaires. Il se concentre alors, sur cette rue de nuit.

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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Lun 20 Juil - 22:00

Ce qui est étrange lorsque je le vois à présent, affalé contre la porte, c'est que je ressens ne plus de quelconque sympathie à son égard. Entre toquer chez moi, et toquer à mon bureau, la différence est considérable : ma mission n'est pas la même. Je ne suis pas non plus le même individu, tout comme Valentine. Sa requête aurait pu me faire rire, mais au lieu de ça, je me suis installé de nouveau derrière mes dossiers en cours en attendant qu'il prononce quelque chose qui aurait un minimum de sens. "Thor et la liberté". Inutile de dire qu'il la possède déjà, cette liberté, mais qu'il est définitivement trop stupide pour le comprendre.

Devant moi, sur le bureau, des documents divers à signer. Entre les autorisations de sorties, les placements en isolement à long terme et les troubles de l'ordre public... Je lève les yeux vers Valentine et pousse un reniflement sarcastique. Je sors la fiche qui le concerne. Je n'ai qu'à griffer le papier pour qu'il sorte. Je pose mon porte-plume, quelques gouttes d’encre tombent sur le sous-main.

"Ce n'est pas comme si j'attentais contre une autre vie que la mienne alors tu peux bien me laisser filer." Je croise les bras et m'affale dans le fond de mon fauteuil confortable. Il est vraiment con, ou il en fait exprès pour se foutre de ma gueule ? Attenter contre sa propre vie, en plus d'être débile et insensé, devrait carrément être prohibé. Tout sauvetage, avec ou sans tribut, est la volonté de Thémis. Attenter ridiculeusement à une vie peu importe laquelle, c'est s'opposer à Thémis. Les tentatives de suicides sont à mes yeux autant punissables que les tentatives de meurtre.
Je finis par me lever, griffonner sur son papier et avancer vers lui pendant sa longue tirade. Je me poste devant lui et lui envoie son autorisation de sortie à la gueule.

    Chaque fois que tu tentes de t'effacer, tu perds tes souvenirs les plus récents. C'est un tribut à payer qui à mon sens n'est pas assez sévère. Maintenant je vais te coller aux basques comme une moule à un rocher. Je te passerai l'envie d'aller contre la volonté de Thémis.

Je le fais dégager du passage et ouvre la porte.
    Foutez-moi ça dehors, que je le revois plus ici.

Je claque la porte derrière lui. Il m'emmerde ce con.

Quelques heures plus tard, je quitte ce deuxième domicile qui est le mien, à savoir mon lieu de travail, mais plutôt que de m’en retourner vers mon logis, je me rend non loin du centre de téléportation, là où est censé bosser inutilement cette âme folle aux cheveux plus blancs que les nuages au dessus de ma tête. Pas de pluie. Il n’a nulle part où aller me semble-t-il, aussi j’ai une chance de le trouver. J’entre sans frapper, c’est ouvert. La déco n’a pas changé évidemment.


WE GO HOME
The radio is on, but the signal is weak



Tu t’es fait avoir, Erik, voilà où ça te mène. Tu as beau te dire que Valentine n’a pas sa place sur Libra, tu sais très bien que c’est faux. Ne serait-ce que par l’accoutumance de sa présence. Ces étoiles que tu imagines, tu sais que tu ne les as pas rêvées. C’est la première chose que tu aperçois, lorsque l’expérience reprend. Alpha, Dubhe. Bêta, Merak. Gamma, Phecda. Delta, Megrez. Epsilon, Alioth. Dzeta, Mizar et Alcor. Eta, Benetnash. Sur la terrasse, tout en tirant sur ta cigarette, ton regard passe d’Alcor à Alioth. Amusant pour ce dernier de constater qu’à une lettre près, c’est le nom de ton voisin qui prend vie. Tu ne sais pas pourquoi il est là, d’ailleurs. Sûrement parce que tu es son invité...cette fois. Et non l’inverse. Tu t’es raccroché à cette vision de la voute céleste, car tu reconnais que cette fois, tu ne veux pas en être éjecté. Dans tes pensées, quelqu’un t’appelle “Thor” et ça te fait sourire. Tu ne sais pas ce que tu cherches, mais cette grande casserole suspendue semble être le seul moyen de te garder dans cette autre dimension. Tu te focalises dessus dès que tu te sens partir, et finalement… tu y parviens. Ainsi, tu termines ta cigarette et quittes la terrasse. L’air se refraichit.

Le décor a changé, tu n’es pas chez toi. Cette maison ressemble un peu à la tienne, très fleurie, sauf que ce n’est justement pas la tienne. Des murs clairs, une déco romantique, mais les fleurs sont pastelles. Sivia préfère les tons chauds, les rideaux de velours bordeaux et les repas érotiques devant votre cheminée. Ici, il est clair qu’une femme réside en ces lieux mais la présences de livres, de cadres et de statuettes décoratives dépourvues de couleur te laisse pensée qu’une demoiselle habite les lieux. Dans une corbeille de métal blanc, deux pommes golden t’attirent. Tu tends la main pour en saisir, mais ne l’atteint pas : une voix s’élève. Elle traverse la pièce à pieds nus tout en tenant un plateau sur lequel est disposé un service à thé.
    Vous aimez le thé au jasmin, Erik-san ?

“San”. Tu n’es pas un as en locutions étrangères, mais tu connais toutefois ce suffixe japonais. Elle n’est pas danoise, mais tu la comprends. D’ailleurs, tu la connais sans la connaitre.
    Volontiers, Mademoiselle Psychê.

Il y a quelque chose d’étrange dans l’air. Tu te sens étouffer, car tu sais que tu es enfermé dans un tableau, dans une scène. Parce que “Psychê” n’est pas un nom danois, ni même japonais. En fin observateur que tu es, tu l’as vu sur la tranche de nombreux ouvrages, sur l’encadrement d’une toile, ainsi que sur la base de deux représentations miniatures de Canova posées sur cette cheminée à l’identique de la tienne par sa forme, et qui pourtant semble n’avoir jamais été utilisée.

En fin de compte, cette chose étrange dans l’air ne l’est pas tant que ça, n’est-ce pas Erik ? Tu retournes sur la terrasse et aperçois non loin, la forme colossale des Monts Brumeux tandis que de l’autre côté, la Forêt Eternelle agite la cime de ses habitants boisés sous la brise crépusculaire. Sivia et Alex sont bien loin ce soir, et tu te sens...relaxé. Tu en perds l’usage de la parole. Derrière toi, tu entends la voix de la rouquine flotter subtilement. Et elle ne s’adresse pas à toi cette fois.
    Yui, je t’ai servi aussi.

Ce nom t’interpelle. A qui parle-t-elle ? Tu te tournes et assiste alors à cette scène où les voilages ondulent. Elle est d’une grande beauté. La toge a disparu pour une tenue tout aussi légère, un peu transparente mais moins près du corps. Des reflets mandarine. Le chignon s’est envolé et désormais, c’est la coulée de lave après l’éruption qui glisse le long de ses collines, anglaises sur de frêles épaules dénudées. On te pousse à quitter les lieux… mais cette scène t’obnubile car tu sais pertinemment qu’elle ne t’appartient pas.
    Pas si vite, Valentine. Restons encore. Présente-la moi.

Je commence à m’accoutumer. Je ne suis pas réveillé, pas tout à fait.
Erik, tu t’égares, et mélanges. Ne continue pas sur cette voie, où tu risques de d’emprunter le chemin dangeureux vers le pays de la folie. Réveille-toi.

    Retournons-y. Retournons chez toi.


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MessageSujet: Re: Chronique d’un reflet biaisé
Jeu 23 Juil - 23:02

Il y a comme un étrange décalage permanent dans les conversations avec Thor. Valentine a beau lui dire quelque chose, il faut toujours que ça se retourne contre lui d'une manière ou d'une autre. Dans le fond pourtant, il est certain que le gardien de la ville a compris. Fait-il semblant? Allez là, les papiers dans la figure.

Peut être que non, tout compte fait.

-Et ça recommence.

Les faux airs de gars rebuté qui passent sur les traits de Thor ne l'impressionnent pas vraiment parce qu'en fait... rien n'égale l'immortalité. Et Valentine n'a jamais attenté contre sa vie à proprement dire; les autres strates de sa conscience n'acceptent juste pas que Jamais n'existe plus. Alors des suicides... ?

Jamais.

Jamais, puisqu'il revient tout le temps, et que quelque part, il disparaît en ayant la certitude qu'il reviendra. Yui Valentine continue de jouer contre lui même dans le champ indéfini de son terrain de jeu.


Turn Your Radio Off


Ça grésille, pas tout à fait mais c'est tout comme. Erreur de fréquence ? Non il n'y a jamais d'erreur par ici. Ils sont dans la rue et Valentine se retrouve encore avec Thor. Et alors que leurs pas les entraînent sur une enquête dont le personnage qu'il incarne en connaît mieux la nature, trois brèches s'ouvrent et il se retrouve à trois endroits à la fois, à faire s'ensuivre quelques unes des scènes possibles. Mais les voix se font diffuses et incertaines, ça devient difficile de garder le contrôle des événements, et par dessus tout, la surprise guette à chaque recoin d'une mémoire effacée.

-Hm.

Valentine laisse son regard s'accoutumer sur la silhouette de la jeune femme a la fenêtre.
-J'ignore qui c'est,
déclare-t-il doucement.

Il hausse des épaules et la scène disparaît. C'est que Thor l'a peut être simplement oublié. Il est parfois douloureux de faire remonter des souvenirs enfouis et Yui n'insistera pas.

Retour sur Psyché. Le fait qu'elle appelle Thor autrement et qu'elle connaisse son nom ne lui tilte pas l'esprit et il se contente d'accepter en silence le thé qu'elle veut bien lui servir. Grésillement. Rue, appartement, cheminée, rue appartement cheminée.

Je perds le fil. Chez moi...?

-J'habite Paris. Ses avenues, ses immeubles, son fleuve sali.


Paris. Flash d'images, longues allées, façades historiques. Des bancs universitaires, amphis vides, sièges durs. Des éléments statiques et soudain un claquement qui casse cet instant immobile.



    -Tu ne vois pas ! Naturellement, que tu ne vois pas ! Tu ne sais pas regarder ! As-tu seulement appris à regarder ? Merde. Encore sa prédatrice. De rouge et de noir vêtu. Il n'a pas réussi à prévoir cette gifle. -Je sais autant regarder que ce que tu sais voir, réplique-t-il d'un ton glacé.


Et il s'aperçoit qu'ils ne sont plus seuls.En contrebas, deux autres étudiants. C'est Thor. On approche la fin de l'année. C'est poilant, comme de petits événements impactent les individus; son souci du moment c'est qu'il aimerait bien cerner la personnalité de cette fille parce qu'elle l'intrigue. En d'autres circonstances, elle aurai pu aller jusqu'à lui plaire. Il a un certain penchant pour les asiatiques et voilà un moment qu'il apprend d'arrache pied le japonais. Mais ce n'est certainement pas le côté asiatique que remarque Yui chez cette fille. C'est autre chose. C'est un mélange indescriptible. En tout cas, peut être qu'un jour peut être, il irait au pays du soleil levant. Peut être, qui sait?
Il fait tard ce soir là, et il est resté réviser ses derniers partiels de l'année; en y pensant, il a choisi d'étudier les parties intangibles de l'Humain. Certains de ses connaissances se sont orientés vers l'étude du temps, l'histoire, d'autres, les groupements d'humains, la société. À côté de Thor est assis son frère, Théo. Lui, il a choisi d'étudier les affaires, le business. L'argent. Comme si l'argent pouvait régir la vie... Enfin. C'est tristement vrai. Mais c'est encore plus fade de faire de l'argent la fascination de toute une existence. Tout ça au final pour si peu de chose, pour quelques heures éphémères à l'échelle de l'humanité.  [/list]

Paris, cheminée, rue. Rue, Paris, cheminée. Un monde ou le temps ne passe plus. Valentine s'est soudain levé pour sauter au dessus de la table et refaire la même sur plusieurs table en contrebas pour rejoindre Thor.

-Ici c'est Paris.

Rien ne colle, tout s'enchevêtre.
Pourvu que ça tienne.
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Chronique d’un reflet biaisé

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