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 Sur les traces de Paradoxe

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corps éthéré de pureté
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MessageSujet: Sur les traces de Paradoxe
Ven 1 Mai - 22:11


Le paradoxe Valentine

PRIVÉ

Les pieds suspendus dans le vide, Valentine attend calmement du haut du Pont. Les environs recouverts d’une brume aussi légère que pesante, il ne détermine pas bien à quelle hauteur il se trouve mais quelle qu’elle soit, elle ne peut lui être un obstacle. Car un obstacle devient, uniquement lorsqu’on décide que c’en est un. Et aujourd’hui encore, Valentine attend sans savoir qui va venir. Sa seule certitude, c’est qu’il reconnaitrait la bonne Présence lorsqu’elle serait là. Présence, c’est ainsi qu’il la dénommait parce certaines nuits, elle était son seul fil d’Ariane qui justifiait ses motifs diffus, indéfinis et creux qui le plombaient ces derniers temps. Kami, c’était le nom de la Présence, dans une autre vie à jamais effacée. (…) Valentine serait toujours là, à affectionner particulièrement le vide tout autant que le vide pourrait le déstabiliser. Pourtant, lorsqu’il a rouvert les yeux, ça a été une reprise de conscience brutale, un choc délétère de ses pensées, une sensation où toute sa tête part en arrière, plus loin que ce que le permettent ces millisecondes et trop tard pour faire marche arrière.

Devant lui le vide, le crâne des bâtiments, ceux des vies qui grouillent encore plus bas. Il fait nuit mais des néons et points lumineux mouvant résistent contre l’obscurité. Ce sont des lucioles qu’il imagine par centaine de milliers, entre celles qui ont l’audace de se montrer et les autres, plus timides camouflées entre quatre murs. Leurs activités, ces vies. C’est bien la nuit, mais il ne rêve plus. La brise embrasse son visage, il a cette splendide vue en plongée depuis la tour qu’il identifie être la plus haute de Libra, un pas de plus vers le Rien, un pas de moins vers le Tout et entre les deux, une absence totale de connexion lui reliant la raison de sa présence ici. Ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve confronté à la suite de ses moments d’absence où son subconscient défie les bases de ses propres fondements ; il se dit toutefois que c’est sans doute la première qui l’entraine dans la dernière valse avec la vie. Il ne sait pas quand et où ça a commencé, mais il a conscience son corps lui échappe tel un somnambule perturbé et maintenant, il est là.

Au bord de l’arrête du dernier équilibre physique et stable où il se trouve, face au vent, face à la terre, ses pieds mis à nus dont les orteils sont déjà en train de gruger dans le monde immatériel, il ignore combien de temps il reste bloqué sur cette impasse bien que de vue d’une caméra extérieure, la scène est une action guère plus qu’éphémère. Valentine n’a jamais eu envie de mourir mais c’est dans cette contradiction pure il s’est quand même laissé porter en avant. Valentine, c’est un homme mutilé de ses rêves ; il regrette déjà son pas alors que les lois de la gravité rattrapent toute son irrationalité.

Il y a alors, le froissement de ses vêtements qui claque à ses oreilles, le vent qui fait larmoyer ses yeux refusant de se fermer à la fatalité. Il y a cette sécheresse dans sa gorge, le goût du vide, une impression aride. Il y a une sensation de légèreté, un flottement paisible dans les airs et cette lourdeur qui le ramène inlassablement au sol. Ça, et la chute de ses pensées, chute d’une vie.

Un instant de vide.

Et un Reset.



ET PUIS,
La Renaissance


Rouge était le début du commencement.

Chaleur étouffante, Valentine s’est senti tomber au sol et c’est effectivement ce qu’il a fait, en priorité numéro un. Il ne lui faut pas longtemps pour se relever, le sol étant quand même trop chaud pour s’y baigner dedans. Il fait alors face à un paysage rouge déconcertant sans pouvoir comprendre de début de la fin ni son inverse. Il a abandonné sa veste formelle et trop carrée pour une chaleur pareille, défait le col de sa chemise pour laisser un semblant d’air qui ne viendra pas le rafraichir. Il retrousse les manches sur ses avant bras puis son pantalon jusqu’au aux mollets, constatant que ses chaussures ont disparu. La température a tout sauf quelque chose d’agréable et il a fait le tour sur lui-même pour constater du rouge, et encore du sable rouge à perte de vue. C’était, à son goût, trop ocre et trop vide à la fois. Et parce que marcher sur ses deux jambes était un cadeau fait à l’Homme, c’est ce qu’il se mit à faire, dans ce décor désertique.

Le désert, un espace supposé étendu, vide.
Et pourtant aujourd’hui, ce vide l’étouffait.

Il préfère ne pas penser obstacle mais la seule perspective de disparaître seul ici l’ébranle. Encore un pas, puis un autre. Toute chose étant égale par ailleurs, la nécessité d’atterrir quelque part se met alors à guider cette marche à l’aveugle.
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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Dim 3 Mai - 18:24

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
Le vide.
L'immensité abstraite d'un mélange d'absences.
Le trouble.
Folies, perturbations et opposé parfait de net.

Dans un désert naît une vagabonde, fragment d'une âme, erreur de la nature régit par Thémis. Un instant il n'y a rien, la seconde d'après apparaît une femme. Étendue sur le sable brûlant, la peau mise à vif contre ce sol ardent, elle met plusieurs secondes à réagir, la veste ouverte sur une poitrine déchirée. Les bras marqués, la peau mortellement pâle rougit en réponse à l'astre solaire ; enfin la demoiselle se lève, avec pour seule indication son appellation : Paradoxe. Incarnation même du trouble, perdue dans un désert aride, dans un univers composé de vide et de mirages.

L'esprit neuf réfléchit à toute vitesse mais aucune pensée n'est logique, aucune n'a un quelconque sens. Elle parle à toute vitesse, seule au milieu de ce sable mou, tout de noir vêtue. La couleur de ses vêtements la fait rapidement haleter, les gouttes de sueur perlent sur son visage nouveau. Les yeux éclatés par la lumière trop intense, elle fait quelques pas instinctifs, l'instinct prenant le pas sur l'irrationalité.

Paradoxe.
Mot qu'elle répète plusieurs fois au milieu de ses phrases sans forme de sens, nom qu'elle se mettrait à hurler s'il lui donnait ne serait-ce qu'une réponse au fouillis de questions qui s'embrouillent dans son cerveau déjà meurtri. Violentée par les bourrasques de sable projeté dans ses yeux, grattant son épiderme et se faufilant au creux de ses habits. Ses doigts dessinent les contours de chaque cicatrice, terminant par la plus sale la moins esthétique en plein cœur de son torse. La peur l'étrangle, ça l'attrape à la gorge et la lui dévore sans pitié ni compassion.

Mutilée, la vagabonde erre sans conscience de sa nature, persuadée d'être perdue dans un monde où nulle forme de vie n'existe, d'avoir été envoyée ici comme punition – ou éclairage, qui sait ?

Alors elle hurle.

Elle hurle silencieusement, son corps entier se tend dans un cri mental ; incapable de soutenir la pression mais aussi de se laisser aller, même seule. Elle ne tombe pas, ne fléchit même pas des genoux – elle se contente de ne plus bouger, de laisser les fragments de désert tourner autour d'elle.
C'est à cet instant précis qu'elle perçoit une respiration, un bruit de pas qui lui arrache un sursaut. Ca rebondit dans ses tympans, elle met un moment à analyser la nature de ce son.
Les premiers sons vivants qu'elle perçoit.

Après des heures d'errance sans but, de solitude si profonde qu'elle avait réussi à accentuer les troubles – la tempête fait écho dans son esprit, réduisant en lambeau toute éventualité qu'elle puisse être saine d'esprit. Immobile, elle se contente de tourner les yeux en direction de la présence, de l'observer sans qu'un mot ne franchisse la barrière de ses lèvres closes.
La force n'est pas là, la faiblesse fait rage dans son apparence fragile. Les prunelles se rencontrent une fraction de seconde, dimension futile qui lui permet à peine d'identifier la couleur des siennes. L'équilibre se défait, les jambes flageolent mais elle ne s'écrase toujours pas, de peur que la chute lui soit passablement mortelle – le sable brûle ses pieds nus, la veste à peine étouffe sa poitrine et semble roussir son enveloppe charnelle ; quant à lui la chaleur l'a peut-être poussé à abandonner plusieurs couches de tissus épais, ne lui laissant que la chemise et le pantalon.

Insensible et bourrée d'espoir, d'une poussée sur les talons elle se dresse face à lui, tremblante d'appréhension. Un premier contact et une voix vicieuse chuchote qu'il ne lui viendra pas en aide – en quoi serait-il utile, lui qui semble aussi égaré qu'elle ? Alors c'est dans ses mirettes qu'elle glisse tout. Elle analyse, décortique et s'attarde enfin sur son visage, plongeant ses deux saphirs au plus profond de son regard d'acier cherchant à faire passer le message sans avoir à s'éclater la gorge ou simplement les cordes vocales.

Comprends.
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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Lun 4 Mai - 0:13

APRES LE RESET
Les Hurle-Vents

Un cri.

Rouge était encore la continuité de ce qui s’enchaîna après le Commencement. Puis il y a ce hurlement, un appel de détresse, une voix à la vie et à la mort, un hurlement qui domine l’immensité du vide carmin et sablé. Ça surplombe un instant les sens d’une âme préoccupée par son instinct de vivre, ça atténue pendant quelques microsecondes les mille et une aiguilles qui cherchent à perforer ses pieds pour mieux faire passer la chaleur ambiante. Sous les rayons punitifs d’un astre impitoyable, l’âme Valentine s’immobilise, frappé par ce cri mental. C’était comme si quelqu’un venait de hurler là tout près de lui, là dans sa tête, le premier cri vivant qu’il perçoit dans ce monde composé de rien.

Se peut-il que les mirages sonores aient une fois existé.

Le vent se lève, soulevant avec lui une trainée de sable rouge dans les airs, saupoudrant une danse invisible d’éléments trop grandioses pour pouvoir être contrôlés. Repoussant en arrière ses cheveux venus se coller contre son front moite, Valentine plisse les yeux sur la silhouette noire et longiligne qui se dessine à plusieurs mètres de ses perceptions. Et parce qu’il n’a nulle autre direction où aller, c’est vers l’inconnu qu’il axe sa destination. Un pas en avant et deux pas en arrière, c’est exactement l'espace qui les sépare et qu’il ne parvient à sensiblement réduire, le contraignant finalement de s’arrêter. Mais alors, malgré la distance, Valentine réalise qu’il est capable de voir les premiers traits du visage de l’Inconnu, une inconnue qu’il défait d’ailleurs sitôt de cette appellation risible, un visage aux pupilles bleues allumées d’une intensité déconcertante, un petit visage encadré par des cheveux cendres bataillant contre la tempête du vide.

Est-ce une impression ou un mirage, cette superposition de lointain à la fois proche, ce calque paradoxal inhabituel que même ses rêves n’exploitent pas.

Comprends, intime une voix, la même dans sa tête.

Vois, ordonne simultanément sa propre pensée, avant même de se soucier de sa perceptibilité.

Entends-t-elle, entends-t-elle.

Les yeux plissés de Valentine oublient les caprices du temps et se focalise maintenant sur cette lueur, ce regard électrisant la distance qui subsiste avant d’impacter le sien. A mi chemin entre les frasques de sables qui se dressent entre leurs âmes, des saphirs et des aciers cognent, les équilibres se bousculent formant une puissance aussi invulnérable que celles des intempéries. Ce moment là, il ne peut plus l’ignorer parce qu’il y a comme un kaléidoscope qui se déroule dans sa tête; que c’ait été dans une rue, une pièce, une dimension vide fréquentée ou pas, la même scène aurait pu se dérouler en autant de conditions pour la même conclusion : celle de voir son reflet se planter devant lui, en dehors de celui que lui autorise la fadeur des miroirs. Un monde invisible à ceux qui s’arrêtent aux reflets physiques, un monde fait d’essences et de fondements renversés, de réalités anti-réelles.

Cette vérité là, c’est celle qui frappe Valentine de plein fouet.

Moi, je te vois, fait-il passer, sans avoir besoin d’articuler. Il a simplement eu besoin de le penser.

Rêve-t-il, rêve-t-il encore de ces instants d’inconscience qui le font trop souvent voir une réalité troublée, au-delà du champ des possibles. C’est que de là bas, elle a l’air vraiment …fragile. Ne disparait pas, ne tombe pas, ne sois pas mirage. Ne sois pas un rêve, ni un mauvais souvenir. Il lève une main, se rend soudain compte qu’il est arrivé en face d’elle quand ses phalanges traversent une vitre aussi impalpable qu’invisible, faisant voler en éclat l’illusion de distance. Ils se posent doucement sur le visage en sueur de cette présence. Qui es-tu, que fais-tu, qu’attends-tu, ne dis rien, j’examine déjà les soubassements de tes raisons d’être.

Il se sent étudié comme il le fait si souvent; c’est une sensation familière et nouvelle à la fois, il y un paradoxe dans toute la dimension grenat de cet environnement et ce paradoxe, c’est elle. Pourtant, malgré cette certitude, le doute de se retrouver une fois de plus arraché à cette réalité l'oppresse, et l'inconnue lui semble trop fragile face à son regain d’énergie. Il y a alors ses doigts qui refusent de se laisser voler un instant de matérialité et prêts à se refermer sur un reflet au moindre signe de faiblesse.

Ne disparais pas.

Le besoin de parler disparaît, ils se mettent à communiquer.




HRP - C'est parfait.
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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Lun 4 Mai - 20:20

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
Vois.

Ca lui martèle l'esprit, s'écrase contre les parois de son cerveau et se répercute avec la puissance d'un boulet de canon. Son regard faiblit un infime instant mais elle obtempère, observant avec l'intérêt désespéré de la perdue qu'elle incarne à présent. Vouée à l'errance, vouée à l'errance. Elle a une conscience aiguë des conditions : éternellement égarée, elle ne retrouvera peut-être jamais le « droit chemin », restera dans l'incompréhension totale à tout jamais.
Quitte à le faire, autant le faire à deux.

L'impact des deux aciers lui coupe la respiration, l'attrape sans pitié et fait vibrer tout son intérieur, bousculant ses organes métaphoriques – il lui semble même qu'il en accentue l'effet de la pesanteur, ses pieds s'enfoncent instinctivement dans le sol.
Moi, je te vois.
Un frisson parcourt son échine, long serpent sinueux caressant sa colonne vertébrale dans toute sa superficie. Peut-être s'est-il d'ailleurs enroulé autour, la sensation s'accrochant à elle avec la ténacité d'un condamné. Son rythme cardiaque part en vrille, elle se sent presque mise à nue face à ce contact visuel ; l'âme approche sans que Paradoxe ne s'en rende réellement compte, jusqu'à ce que ses doigts brisent les derniers centimètres les séparant et se posant sur sa peau brûlante.

Là, c'est l'explosion.
Dans ce simple geste réside un véritable capharnaüm de significations multiples. L'esprit en ébullition, la vagabonde se tend dans un geste imperceptible, se complaisant ensuite dans une immobilité presque parfaite. Pas un son, à peine le souffle instinctif de la respiration, couvert par le bruit du sable claquant contre son être. Elle en oublie la réalité, le peu de lucidité qu'il lui reste se réfugie au fin fond de son cerveau et fuit l'instant présent.

Instant qui semble durer une éternité et une fraction de seconde, paradoxe profond qui lui déchire les tripes d'une précision chirurgicale. Les phalanges semblent laisser son visage glacial et bouillant à la fois, elle n'arrive à déceler le mirage du concret et se contente de le fixer dans un silence proche du respect. Sauf que son corps semble en décider autrement, il pivote pour être dans la même direction que l'âme, sa propre main se lève pour, à son tour, effleurer l'épiderme. La véracité de cette présence achève de détruire Paradoxe, elle retient une nouvelle fois son souffle et une gerbe de pensées dévale en son for intérieur, emportant sa logique et sa retenue sur son passage.

Ne disparais pas, chuchote la même voix.
Je suis là, je ne pars pas. Elle répond par simple intuition, quelque chose la pousse à penser que la connexion est réelle, qu'il la perçoit aussi bien qu'elle. Et c'est cette-même certitude qui lui draine toute son énergie, qui lui intime de reculer. L'instinct de survie lui hurle de chercher refuge et, surtout, de ne pas perdre l'âme de ce blond, de ne pas rompre le contact – ne serait-ce qu'une futile seconde, qui suffirait à briser l'éventuelle illusion.

Ses propres doigts glissent jusqu'aux siens, les agrippent dans un geste délicat mais teinté d'impatience. Sans le lâcher du regard elle fait quelques pas en arrière, le tire vers elle sans qu'un seul mot ne s'échappe de ses lèvres. Le souffle court elle poursuit quelques secondes qui lui semblent une éternité, prenant à peine le temps de cligner les yeux. La puissance des deux boules d'acier la déstabilise, l'incertitude perdure au fond.

Suis.

Un mot qui ressort dans tout ce trouble mental, qui traverse la barrière du trouble pour se planter dans son cerveau.
Suis-la si tu ne veux pas qu'elle disparaisse.

Elle-même a cette impression de n'être qu'un mirage, de n'exister que grâce à lui. Elle a cet infime pincement au creux de la poitrine qui la fait penser que, sans son existence, elle ne serait encore qu'une idée abstraite, l'évocation troublante d'une absence de quelque chose, d'un trop-plein d'autres facteurs.
Il est la goutte d'eau qui a fait déborder son vase.
Elle est le résultat de sa mort.

Et elle le guide au cœur du désert, finit par se retourner – incapable de soutenir plus longtemps les perturbants éclats au fond de ses yeux gris. Paradoxe est perdue, Paradoxe avance sans être sûre de sa destination. Mais parmi les millions de sons polluant son conscient, elle le retrouve, lui, et c'est suffisant pour que la folie ne s'empare pas totalement d'elle.
L'étreinte de ses doigts se resserre de façon très légère, un dernier mot éclate.

Reste. Reste, toi aussi.
Ne la laisse pas seule.
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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Mar 5 Mai - 2:13

Post-Mortem

Parce que toute chose est égale par ailleurs, le gouffre de vide creusé par la destruction de ses rêves post-mortem se remplit brutalement par la conscience d’une nouvelle réalité mise à nue dans toute sa violence originelle : Valentine découvre alors la définition de son propre concept dérisoirement surnommé le système Valentine, ce nom trop humain, cette enveloppe charnelle trop humaine, vestige d’une vie passée. Le paradoxe relie soudain ses nuances, ses quintessences, ses analyses et ses métaphysiques. Sa subtilité. Le paradoxe, c’est le mot qui n’a jamais effleuré son esprit parsemé de pièces décomposées, c’est la pièce manquante qui fait surface bien après que les recherches se soient montrées vaines. Le paradoxe, c’est elle, son étincelle paradoxale, personnifiée à l’état pure dans un milieu des plus naturels et irascibles.

Fasciné et absorbé dans le regard saphir de cet être, Valentine sent toute son existence frissonner de l’intérieur, pendant que l’autre âme, à son tour, se met à l’effleurer du bout des doigts comme dans un reflet décalé. Leurs mains couvertes de sueur s’entremêlent dans un jeu de phalanges croisées, mince chaîne contre l’étendue couleur sang à leurs pieds et Valentine se laisse entraîner de plein gré, parce qu’il ne peut perdre sa définition maintenant. C’est simple, c’est complexe, …c’est fondamental.

Je suis ici.

Ici, nulle part ailleurs. Simple pensée qu’il n’a pas besoin d’ordonner, ni de marteler pour le hurler dans le cerveau de son vis-à-vis. Elle est plus grande que dans ses premières perceptions, plus petite que lui dans la réalité, et elle tâtonne vers une direction indéfinie dont le facteur inconnu ne fait pas peur à Valentine. Tantôt devancé, tantôt suivi, il commence cette traversée à l’aveuglette dans les champs désertiques, jusqu’à ce que s’use ses genoux dans la chaleur, jusqu’à ce son corps à l’agonie lui rappelle les limites de ses possibles. Il marchera ce qui lui semble être l’équivalent d’une éternité, côte à côte avec son paradoxe pendant que quelque part, quelqu’un morigène que la douleur n’est qu’une information, la douleur n’est qu’une information…

Je ne suis pas un rêve. Je-ne-suis-pas-un-rêve. Si je ne suis pas un rêve, tu n’en es pas un. Si tu n’es pas un rêve tu tomberas aussi loin que tu le voudras dans une des folies passagères, et si tu n’es toujours pas un rêve, alors je viendrai te chercher.

Ne tombe pas. Ne tombe pas. Des leitmotivs, des phrases incompréhensibles tournées en boucle envahissent le cerveau de Valentine. Si l’étendue est le désert, qui en définit le contour, qui peut choisir lorsque la partie est terminée. Ses pensées sont ouvertes au Paradoxe qu’il accompagne, un mental désormais installé pour ne plus pouvoir s’estomper. Ne tombe pas, encore une fois. Il tombe, il se relève.

Tombe-t-elle.

Cent fois. Mille fois. Même une ∞ fois. Elle pourrait chuter.
Et il renaîtrait autant de fois pour la relever.

Car, elle incarne ses fondements les plus ancrés au plus instables et Valentine peut tout, absolument tout sauf s’abandonner lui-même, au dernier rempart de ses raisons d’être. La tempête se lève, il se retrouve à genoux, incapable d’avancer un pas de plus. Le vent fouette les visages, et Valentine a reposé son regard, droit sur la jeune femme.

Sais-tu ce qu’est un rêve.

Il l’attire sans effort puisque le vent se charge de la jeter contre lui, hurlant de son air, son mécontentement ambiant, crachant de ses entrailles, du sable pour lui brûler les yeux. A l’apogée de ce cataclysme, Valentine sent un calme plat s’installer, et c’est un calme qu’il commence à apprivoiser car il revient à chaque fin de séquence. Si on lui avait dit que ces séquences étaient ses propres vies, peut être qu’il aurait tourné dans la folie.

Sait-elle ce qu’est un rêve.

C’est presque comme de la folie.

Sais-tu non seulement ce qu’est une folie… ?

Le paysage s’assombrit.
Valentine a esquissé un sourire qui craquèle ses lèvres desséchées. Il passe une main devant les yeux de l’âme qu’il tente de maintenir dans ses bras.

Ce n’est pas grave.
Ferme les yeux.


L’âme Valentine imagine un pont élevé en hauteur, le seul qu’il parvient à se visualiser aussi clairement que s’il l’avait physiquement passé. La brume se recompose et la scène est brouillée par une fraîcheur matinale. Il sent ces gouttelettes microscopiques rafraîchir sa peau, le détendre de la maltraitance ocre et brûlante du désert. Il lui transmet cet ensemble de sensations immergées dans le son si particulier du silence, cette part de rêve où s’en va sa conscience quand elle n’appartient plus à la réalité.

Un rêve c’est un peu ça.

Deux âmes peuvent-elles mourir ensemble pour mieux renaître.

Rêve.
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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Mar 5 Mai - 22:53

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
La sensation délicate de partager une connexion mentale aussi intime ne semble pas aussi dérangeante que l'on aurait pu le croire. D'un naturel déconcertant, elle est aux yeux de Paradoxe comme l'ouïe pour un sourd ; surprenante, elle remplit un vide, comble le manque et instaure un équilibre nouveau à l'intérieur d'un esprit plus que flou. Il est là, il le souffle lui-même. Il n'est pas qu'un mirage, plus qu'une simple illusion. A défaut d'être vivant, il est présent et matériel ; peut-être pas complètement le fruit de son imagination morbide.

Je ne suis pas un rêve. Je-ne-suis-pas-un-rêve. Si je ne suis pas un rêve, tu n'en es pas un. Si tu n'es pas un rêve tu tomberas aussi loin que tu le voudras dans une des folies passagères, et si tu n'es toujours pas un rêve, alors je viendrai te chercher.
Ne me laisse pas disparaître. Ne la laisse pas devenir un rêve. Rends-la réelle, fais-la perdurer.

Chaque pensée se bouscule pour traverser la barrière – tant et si bien qu'elle finit par se fendre, et le flot léger passe, elle ouvre à son tour son esprit pour le laisser comprendre et, d'un même coup, se soulager de ce trop-plein de réflexions sans aucun sens. La douleur se fait ressentir dans ses jambes, les pieds brûlés par la chaleur et les muscles dévastés par la marche intensive ; les pauses se multiplient, elle se relève avec la même motivation que celle qui anime apparemment l'âme à ses côtés.

Parce qu'elle sait qu'il ne la laissera pas, qu'il restera là et que tous ses gestes confirmeront son existence, le lien qui les unit et la véracité de ses propos ; l'honnêteté de se promesses.
Sais-tu ce qu'est un rêve.

La fatigue s'abat sur eux d'une force similaire à celle du vent qui la pousse contre lui, aspirée par la profondeur de ses pupilles grises elle se laisse tomber sans aucune forme de résistance, sa respiration faiblit jusqu'à devenir inaudible sous le bruit incessant du sable claquant contre leurs oreilles. Epuisée, tout simplement épuisée elle garde cependant la tête haute et les épaules droites, à peine appuyée contre Valentine.

Non, qu'est-ce ?

La simple demande résonne en même temps que sa seconde question.
Folie, folie qui tente de s'accrocher à son être et à briser tous les ponts de la lucidité, à effacer les bribes de sainteté qui perdurent dans son esprit fraîchement créé. Elle n'ose pas mettre un mot sur c qui se bat dans son crâne, mène la bataille en son for intérieur pour simplement rester focalisée sur le moment présent.

C'est à cet instant qu'une main s'abat sur ses yeux, que le noir l'envahit quelques longues secondes terrifiantes. Ses propres doigts agrippent la chemise de l'âme dans un geste maladroit, elle a à peine le temps de protester que les pensées s'enfoncent de nouveau dans son crâne, la voix douce la rassure et achève ses craintes – à l'instar d'une enfant consolée par son père.

Les images se forment comme un puzzle, le pont qu'elle finit par apercevoir reste flou et mal formé à différents endroits, mais la puissance de cette vision lui coupe le souffle. Elle jette un regard métaphorique au lieu, détaille du mieux possible chacune de ses nuances, la rosée lui arrache une petite série de frissons délicieux en comparaison avec la chaleur implacable du désert. Elle sait qu'il ressent chaque chose, de la même façon qu'elle a conscience que c'est lui qui les transmet.

Un rêve c'est un peu ça. Rêve.

Son palpitant accélère la cadence au fur et à mesure, elle s'abandonne dans ses bras et sa main attrape celle du responsable de sa présence ici, délicatement ; de peur de briser sa concentration et de faire disparaître ce rêve. Un murmure qui, associé aux images troublantes remplaçant l'étendue rouge, lui fait l'effet d'un boulet de canon, d'une implosion dans les tréfonds de son ventre. Elle plaque la main sur ses yeux dans l'espoir d'imprimer le paysage dans son esprit et puise dans toute sa force mentale, s'oblige à rêver.

Elle imagine le même pont, y ajoute ses propres envies. Sa vision s'ouvre au sauvé, Paradoxe lui offre le même cadeau. Les codes imprimés dans son être lui suffisent pour y ajouter la beauté de l'hiver et la présence de la neige, mais la sensation de froid n'y est pas ; il ne reste que celle qu'elle-même a ressenti quelques instants plus tôt, sous la fraîcheur de la rosée.

Est-ce que je rêve ?

L'écho lui répond, sa question semble se répéter.
Peut-être qu'elle scande cette phrase sans s'en rendre compte, la prononçant plusieurs fois successives pour mieux se persuader. Elle souhaite réussir, avoir froid, se glisser assez profondément dans sa définition de songe pour oublier le feu qui consume en parallèle son corps, la tempête qui fait rage dans ce qu'on pourrait appeler à tort la réalité.

Oublie.

Et, dans un geste délicat, c'est à son tour d'obstruer la vue de l'âme à l'aide de ses doigts, de lui offrir un dernier sourire avant de laisser l'éreintement sonner le glas.
Mourons-nous, mourons-nous.
pv valentine | #ffa827




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MessageSujet: Re: Sur les traces de Paradoxe
Ven 8 Mai - 0:47

Jusqu’à ses derniers instants de subsistance, Valentine maintient la vie qui s’éteint dans ses bras, incapable de la supplier ni de la pleurer. Parce qu’il n’a simplement aucune larme à revendre face à cet ouragan de sable, parce que son corps est en train de se dissoudre dans cet océan couleur ocre, parce que larmoyer lui brouillerait la vue de son reflet et qu’il ne lui reste plus vraiment beaucoup de marge avant qu’on ne le lui reprenne. Il est de toute façon déjà loin de ce calvaire, quelque part juché sur un pont de brumes, un pont de neige, un pont salvateur de tous les maux. Modifié de leurs illusions superposées, c’est un nouveau passage clair et apaisant qui s’installe là, apaisant leurs douleurs, à l’écho une pensée douce qui résonne et résonne encore.

Tu rêves, nous rêvons.

Sa vue s’assombrit, la main qui se place devant ses yeux le prive à tout jamais ce sens, mais Valentine accepte de le sacrifier pour s’enfermer dans le monde onirique et ne plus jamais avoir à se réveiller. Oui, oublie… Oublie le monde, son équilibre, son instabilité et son désert, oublie la souffrance et le sable qui s’infiltre dans nos corps, oublie cette étoile qui nous brûle, oublie… Oublie, mais n’oublie pas.

Ça.

Enchanté Paradoxe.
Je m’appelle Valentine.


Au revoir.



- FIN -
Suite: Post Mortem






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