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 carnets de voyage ϟ

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coeur souillé de noirceur
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coeur souillé de noirceur


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MessageSujet: carnets de voyage ϟ
Sam 2 Mai - 20:33

Souvenirs d'un autre temps


Fragment tiré des « Carnets d’un voyageur solitaire », jour premier.

A l’instant où je faisais mes bagages, rassemblant les quelques possessions que j’avais accumulés au cours de ces dernières années, j’avais la certitude qu’aucune autre cité de Libra ne pouvait égaler Ethernite. J’ai beau ne pas être né sur ce sol, parcourir le dédale des rues de cette ville me procure toujours un grand plaisir. Mes pas, ici, invoquent les réminiscences d’un temps révolu en des lieux où je ne pourrais jamais plus me rendre. Nous avons beau être en deuil de nos mémoires, de nos souvenirs, il semble que nous nous appliquions à reproduire ici ce que nous avons connu dans le passé. Du moins en ai-je l’intime conviction.

Cette ville dont je parle -et qui ne dort jamais-, c’est Ethernite. Certains disent la même chose de la Citadelle, mais le phénomène n’est de toute évidence pas de même ampleur dans la ville portuaire. De nuit comme de jour, elle est animée d’un grondement incessant. Le feulement –en sourdine- d’une bête, cachée en son sein. Pour les voyageurs de passages et autres non-habitués, les nuits sont des plus inconfortables. Ce vacarme est dû aux forges qui brûlent dans les fondations de la ville. Ces forges semble-t-il, permettent d’actionner, par un ingénieux système dont j’ignore les détails, les écluses que les navires marchands franchissent pour entrer ou sortir de Libra. Elles m’inspirent l’idée d’une ville vivante, douée de sa volonté propre, qui, contrairement aux autres ne subit pas de couvre-feu. Les équipes de nuit succèdent aux équipes de jour, si bien que les rues sont toujours pleines. Toutefois, elles n’en sont pas mieux fréquentées, au contraire. Ethernite est, depuis plusieurs années courtisée par les contrebandiers puisqu’elle est un pied à terre stratégique, j’ai d’ailleurs pu remarquer que bon nombre des établissements des quartiers où j’ ai mes habitudes arborent désormais le même sceau, peint en blanc sur leur porte, rien qui ne puisse inquiéter un étranger mais la racaille est de toute évidence profondément incrustée dans ces murs.

Je ne vis néanmoins pas ici pour arranger les affaires de la garde Impartiale, et je dois dire qu’Ethernite recèle beaucoup de précieux trésors, sa cuisine entre autre est une petite merveille. La ville et ses habitants vivent principalement de la pêche et de la culture de coquillages, si ce n’est d’activités illégales et de braconnage. En matière de bijoux, elle est loin de faire concurrence à Eraclae, la ville miroir, mais les perles qu’elle a à offrir se vendent une petite fortune sur le marché actuel. J’ai appris, au détour d’une conversation avec un prêteur à gage établi dans l’artère principale, qu’il existait une collaboration étroite entre les deux cités. Les métaux extraits de mines d’Eraclae sont acheminées en Ethernite où ils sont transformés dans les forges pour produire l’artillerie de la garde Impartiale. Le prestige de cet honneur fait l’objet d’une grande fierté pour nous autres, habitants.

Vous vous demanderez certainement (et à raison) pourquoi j’ai pris la décision de quitter Ethernite si mon amour pour elle est tel que je le dis. Elle me manquera, c’est certain, mais je ne peux m’empêcher de remarquer ces derniers temps, que les choses changent. Cela a commencé avec les caprices du temps, qui ne nous avait jamais été défavorable jusqu’alors, une mer démontée et furieuse qui a plusieurs reprises s’est abattue sur le port et a ravagé les habitations environnantes. Des pluies torrentielles qui ont fait déborder les lacs d’Eraclae, ont obstrué l’entrée des mines, noyé les cultures de Canaan. Des séismes, infimes dans les plaines du sud qui ne laissent rien présager de bon. Et puis sont survenus ces êtres, des nouveaux nés aux visages d’adultes, des rafleurs sillonnant Libra en tous sens et cette atmosphère, tendue, épaissie par la crainte. Je ne me défie pas de la peur, le mystère, l’inconnu m’inspirent, comme à tout autre de l’incertitude, le sentiment de devoir se protéger. Mais je ne peux me résoudre à la passivité, il me faut aller au-devant de ces évènement et en observer les effets là où mon voyage me mènera. Je veux être prêt quand ces choses arriveront.
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MessageSujet: Re: carnets de voyage ϟ
Sam 2 Mai - 20:34

Souvenirs d'un autre temps


Fragment tiré des « Carnets d’un voyageur solitaire », V jour.

Ma transhumance fut de courte durée, et pour cause, les routes qui ralliaient les deux villes étaient si nombreuses que l’on pouvait sans mal opter pour des chemins de traverse, itinéraires inventés sur l’instant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la chaleur pouvait être bien plus étouffante dans ces régions qu’elle ne le serait jamais en Ethernite, mais cette humidité était sans mal compensée par un temps radieux, toujours au beau fixe. Le ciel, d’un bleu dur et implacable, est visible jusqu’à l’horizon, où il meurt sur les rivages de Libra. Canaan a toujours bénéficié d’une popularité impressionnante auprès des habitants de la Citadelle. Le climat chaud et tempéré de la plaine dans laquelle elle est bâtie fait de cette cité un lieu de villégiature de premier choix et un carrefour commercial à la croisée d’Ethernite et de la Citadelle. Son écosystème spécifique est propice à la culture d’une grande variété de plantes, arbustes et fleurs qui hérissent les collines autour de la cité dans un curieux paysage bigarré. Plus tard, j’ai appris que ces champs de fleurs se nourrissaient de rivières souterraines très anciennes dont seul un bâton de sourcier pouvait indiquer la position précise. Ces mystérieuses sources ont été durant de longues années, un objet de litige entre les plus riches propriétaires terriens de Canaan, avant que la possession n’en soit revendiquée par le gouverneur de la ville.

Outre ces végétaux aux couleurs aussi absurdes qu’infinies, Canaan se pare presque essentiellement de murs blanchis à la chaux qui renvoient les rayons du soleil. Le tout donne l’impression d’entrer en une cité luminescente et sans tâche -ce qui est bien ironique-. Les rues y sont exigües et alambiquées pour préserver les passants de la chaleur ambiante, il est difficile de s’y croiser, et la population en constant accroissement ne fait rien pour arranger cela. Les gens vont et viennent dans un brouhaha permanent, vêtus à la mode des lieux, le plus souvent en groupe. Non contente d’être vivante, il faut dire que la ville est un haut lieu du commerce de soieries, dont elle a fait sa pierre angulaire. Des négociants venus de tous les horizons se pressent devant les étals de son célèbre bazar itinérant pour admirer ses étoffes. Les pigments tirés des fleurs qui poussent à la périphérie de la ville étaient jadis utilisés pour peindre les fresques du palais de la Citadelle et constituent depuis lors un fabuleux matériau pour les artistes. Le bazar lui-même, vaste dédale d’échoppes informelles, attire toutes sortes d’individus, oscillants entre magnats de la finance et population défavorisée. Les marchands se vantent de pouvoir satisfaire n’importe quel désir, et ce, même s’il flirt avec les limites de la légalité.

La face cachée de cette cité magnifique, c'est son marché parallèle, que les non-initiés s'escriment à nommer "marché noir". Il se tient au nez et à la barbe de la garde Impartiale en plein jour comme au cœur de la nuit. On y voit défiler les marchandises les plus étranges, les plus dangereuses comme les plus précieuses que Libra ait porté. Depuis quelques temps le bruit court que l'on y vendrait même des vagabonds, mais... à moins de posséder les clefs du domaine il semble difficile d'étayer cette rumeur. Le marché parallèle ne fait qu’un avec le bazar, plus inquiétant encore, certains marchands semblent avoir deux visages, à l'instar de la nature de leurs produits. Ceux qui enfreignent les lois de Thémis sont logés à la même enseigne que les marchands honnêtes, ils dépendent tous du même ordre. L’un d’entre eux m’a appris, lors d’une discussion de taverne bien avinée, que le statut de marchand était scellé par un serment, symbolisé par une étoffe pourpre précieuse ceinte autour de la taille ou nouée autour du bras. Seuls ceux qui arborent cet attribut peuvent se targuer d’être marchands de Canaan et par extension de vendre les produits locaux.

C’est d’ailleurs l’un des dangers de Canaan, ici, les valeurs sont inversées. Les costumes des troubadours et acrobates des rues, si riches sous les rayons de ce soleil de plomb apparaitraient partout ailleurs pour ce qu’ils sont en réalité : des illusions, des guenilles de saltimbanque. Une cité de mirages, où la joie et la bonne humeur ambiante ne servent qu’à exorciser, pour un temps les affres du désespoir. Canaan a beau être cette cité populaire que nous connaissons tous (ne serais-ce que de nom), elle est aussi la plus pauvre de Libra, ce que beaucoup prennent soin d’ignorer. Les peaux s’assombrissent, les ventres se creusent et les gorges s’assèchent. J’en ai fait l’expérience à mes dépends alors que, n’ayant pas trouvé de chambre pour la nuit, je dormais à la belle étoile. Cette constatation m’a rappelé à l’objectif premier de mon voyage. Demain, je reprendrais ma route vers le nord du pays.
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MessageSujet: Re: carnets de voyage ϟ
Sam 2 Mai - 20:34

Souvenirs d'un autre temps


Fragment tiré des « Carnets d’un voyageur solitaire », XXI jour.

Au terme de deux longues semaines de marche, j’ai enfin pu apercevoir les clochers d’Eraclae, la ville-miroir. Je ne pensais pas que je mettrai autant de temps à traverser la fournaise rouge, et si le voyage fut pénible, j’éprouve plus que jamais auparavant, les bienfaits de mon éloignement de la Citadelle. Ces derniers jours ont été difficiles: je ne crains pas le froid mais je ne bénéficie d’aucune résistance à la chaleur cuisante du désert. Aux abords du lac, bienheureusement, le climat est plus tempéré. Au sud j’avais sans cesse la sensation d’être épié ici, en revanche, je n’ai pas croisé âme qui vive.

Plus tôt dans la journée, j’ai fait une halte à l’ombre de l’un des doux renflements qui surplombe la vallée. Les lacs miroirs s’étendent à perte de vue jusqu’aux contreforts des Monts Brumeux m’est avis, mais on ne peut être sûr de rien dans ces contrées. Je ne suis pas même certain qu’un homme ait jamais sillonné la surface de tous ces lacs, leur immensité semble dissimuler d’effrayants secrets.

Sur le coup de midi, les inébranlables nuages qui semblent envelopper les environs d’une chape de grisaille humide et ouatée ont fini par se lever. Je ne crois pas avoir jamais vu si beau spectacle : les rayons du soleil ont, en un instant, frappé la surface lisse des lacs, qui, brillants de milles et une couleurs nouvelles ont révélé toute la beauté de cette vallée. Plus vrais que toutes les pierreries qui sommeillent par leurs fonds, les lacs miroirs semblent égrainer des vérités implacables à quiconque ose s’y contempler un peu trop longtemps, Eraclae comprise.

La ville en elle-même s’est bâtie sur le commerce de la pêche en eaux douces et la prospection minière. Les cavernes éparses, qui bordent les lacs, recèlent de nombreux trésors qui, d’après ce que les autochtones se sont laissés dire, vont de la gemme la plus pure au métal le plus solide. Il semble qu’il y ait du travail pour tout le monde ici, pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer l’insécurité dans laquelle vivent les habitants. Un couvre-feu de façon tout à fait mystérieuse et tacite, a été mis en place récemment. Tout ce qui entre et sort d’Eraclae est scrupuleusement contrôlé. N’étant que de passage, je ne crois pas qu’il y ait lieu de s’en inquiéter outre mesure, mais je ne serais pas étonné que les récentes mesures aient un lien avec l’apparition de riches prospecteurs et de leurs méthodes peu licites. Toutefois, je ne suis pas ici pour prendre part au conflit.

Un peu moins avenante que celle de Canaan, la population s’avère moins hétéroclite et très traditionaliste. La ville semble échapper au contrôle de la Citadelle mais je ne suis pas étonné de voir les habitants fidèles au culte de Thémis. Leur loyauté paraît à toute épreuve. Les apparences ont une grande importance ici, plus que partout ailleurs, malgré son activité très soutenue, je ne me souviens pas avoir vu ville mieux entretenue –hormis peut-être la Citadelle-. Les tonalités chatoyantes qui se confondent sur les revêtements et les tuiles des habitations se donnent le projet secret d’attirer le soleil et ses rayons à travers les nuages opaques et éternels. Il en va de même pour chaque maisons, soigneusement tenues, objet de fierté pour leurs propriétaires. Cette harmonie et cet ordre m'inspire un curieux sentiment de confort et de nostalgie à la fois, comme si à travers de petits détails je retrouvais Ethernite, cette ville si chère à mon cœur. Pour l'heure, plus je contemple Eraclae, plus je songe à m'y établir quelques temps.
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MessageSujet: Re: carnets de voyage ϟ
Sam 2 Mai - 20:35

Souvenirs d'un autre temps


Fragment tiré des « Carnets d’un voyageur solitaire », XXVI jour.

Eraclae m’avait offert un gîte sûr, accueillant, durant le temps où j’y avais séjourné, et je commencais tout juste à fraterniser avec le labyrinthe de ses rues lorsque j’avais ressenti le besoin de poursuivre ma quête vers les forêts éternelles. Je pensais alors, en tournant le dos à la fantastique vision qu’offrait le scintillement des eaux des lacs dans la lumière de midi, quitter le dernier bastion d’humanité de Libra avant d’entamer la traversée des terres hostiles.

A vol d’oiseau, le petit village de Rhode se situait à deux journées. Je n’avais jamais beaucoup entendu parler de cette bourgade montagnarde éloignée de la civilisation lorsque je parcourais encore les terres du sud. A dire vrai, elle revêtait dans mon esprit étriqué d’homme d’Ethernite, toutes les allures d’un mystère. Un mystère perché dans les hauteurs des monts brumeux, à quelque huit cent mètres d’altitude, dont aucun écho ne parvenait jusqu’au grand monde. Les anciens d’Eraclae avaient pour coutume de parler de Rhode en des termes très vagues, ce qui avait pour fonction essentielle –selon mon avis- de cultiver son mythe. On disait que le village avait été bâti dans la roche de falaises abruptes, à l’abri des vents exultant qui édictaient leur loi de par les montagnes.

Malgré tout l’équipement dont je bénéficiais, il m’avait fallu bien plus de deux jours pour atteindre le village de pierre. Pas un pont n’enjambait les précipices, pas une route ne semblait avoir été conçue pour faciliter le transit des marchandises et des vivres. Je sillonnais donc flancs et cols sur de minuscules chemins de terre, caillouteux et raides, plongeant à pic dans des ravins sans fond. La végétation avait tendance à se raréfier en altitude, si bien que l’on était rapidement livré aux caprices d’un temps épouvantable. Lorsque j’ai enfin pu percevoir les abords du village, au cours du quatrième jour, j’ai ressenti un profond soulagement : les rations que j’avais emportées s’amenuisaient dangereusement, et la perspective d’un sommeil confortable ainsi que d’un repas chaud était des plus séduisantes. Il m’avait cependant fallu contourner le gouffre béant qui me séparait de Rhode avant de pouvoir rassasier ma faim.

L’architecture du village était des plus étranges, et, comme personne, en Eraclae n’avait semblé en faire état auparavant, j’en déduisis que rares devaient être les courageux à avoir osé s’y aventurer. Empreinte d’un certain archaïsme, mais non sans avoir été taillé à même le roc avec virtuosité, j’ai eu la sensation de pénétrer dans un lieu très ancien, plus ancien sans doute que tout ce que j’avais pu visiter au cours de mon périple. Quelques arpents de Rhode semblaient s’être effondrés au cours des siècles. A en juger par les bas-reliefs qui ornaient les tympans et frontons de certaines maison et s’interrompaient brusquement, on n’avait pas tenté de conserver le lieu en l’état. Sans doute n’en avait-on pas les moyens.

Les habitants de Rhode sont à l’image du lieu : vêtus de manière rustique, ils ne se départissent pas d’un certain sens du détail, ce qui fait d’eux, en règle générale, des personnes franches et diplomates. Les anciens n’ont cependant pas exagéré la rudesse de leur accent et leur naturel méfiant qui peut s’avérer décourageant de prime abord. Ils ont cependant le sens de l’hospitalité, et je n’ai eu aucun mal à me trouver un toit. L’activité principale du village est agraire. Aussi Rhode abrite-t-elle essentiellement des herboristes, des bergers, des trappeurs et des paysans. C’est un spectacle tout particulier que de pouvoir admirer chaque matin, la débandade des troupeaux que l’on fait paître parmi les flancs des montagnes avoisinantes. Lorsque le soleil est à son zénith, les bêtes sont conduites sur d’autres versants et il devient impossible de les voir.

A présent je ne peux aller plus loin. Je sais qu'une fois rétabli des désagréments de mon périple je mourrais d'envie de franchir ces montagnes qui m'opposent une résistance farouche, mais j'ai aussi conscience du fait que personne n'est jamais revenu de ces contrées. Plus encore, la somme des connaissances et des observations que j'ai rassemblé au cours de mon voyage seraient perdues pour toujours et ne profiteraient à personne d'autre qu'à moi, petit voyageur solitaire couchant sur le papier sensations et regards portés sur le monde. Il me faudrait dresser le constat de cette aventure, mais je ne saurais dire si je suis parvenu à trouver ce que je cherchais. Je connais mieux la nature du mal qui nous guette après l’avoir vu à l’œuvre dans chacune des cités de Libra, mais je n’en suis pas pour autant repu. Je n’ai pas la moindre envie de retourner en Ethernite afin d’y reprendre la vie qui était la mienne par le passé. Je ne songes plus qu’à une chose : franchir ces monts, même si pour cela je ne dois jamais en revenir. Me voilà donc face à un choix.
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