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 Post Mortem

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corps éthéré de pureté
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MessageSujet: Post Mortem
Ven 8 Mai - 1:44

Post Mortem
A la suite de 'Sur les traces de Paradoxe'
PV - Paradoxe Valentine



Brûlé.
Premier éveil, première conscience, passé de nouveau délavé de ses derniers souvenirs.
Première sensation, la brûlure. Ainsi, au commencement étaient ces multiples sensations désagréables d’avoir la peau irritée de part en part. Mais au commencement avant tout, c’était le fardeau de ce facteur inconnu qu’il avait dans les bras, une adolescente à l’aspect aussi dépenaillé que lui, comme s’ils venaient de sortir d’un volcan. Les passagers du dimanche –pseudo dimanche pour le simple plaisir de nommer un jour différemment des autres, avançaient tous dans la même direction, était-ce un rassemblement, une manifestation… ?, dans une démarche assez lente et absente, perdue dans le brouhaha de conversations superposées. Et Valentine, perdu parmi les têtes pensantes, avançait, dans un état mental dénoué de ses raisons, jusqu’à ce qu’il reprenne conscience de son existence. Il ne savait qui était cette femme inanimée qu’il portait ainsi, ni ce qu’il faisait là, ni pourquoi.

Les dialogues avoisinants reprennent, les corps sont suffisamment espacés pour le laisser changer de direction au besoin et Valentine s’arrête soudain de suivre le troupeau, assiégé par le poids de sa propre réalité ainsi que celle de la gamine qu’il tient entre ses mains. Le psychologue se laisse alors frayer un passage vers le trottoir où il reposera un corps frêle et étrangement abimé par endroit, tout comme il l’est, lui, accroupi, sans aucun abri de ces regards lointains, diffus et non concernés par leur situation. S’assurant que la vie continue d’affluer dans ce corps osseux, il ère et ère encore dans les quartiers de la ville, chaque pas l’enfonçant une culpabilité qui le dit responsable par défaut d’un crime dont il est incapable de se souvenir.

Du temps passe, où il pense leurs blessures, les siennes contre celles de sa protégée voire de même de sa propre victime, cyclone paradoxal où il passe en revue ses souvenirs amoindris depuis le rôle d’un bourreau, d’un salvateur ou d’un simple spectateur jusqu’au moment où il décide d’écarter la question jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience. Troque de soins menus contre des services, Valentine tente de faire soigner cette fille comme il peut, tantôt attendant, tantôt redoutant son réveil.

Des nuitées passent, des brises de néant empêchant le sommeil de le combler, visualisant le grésillement de l’image d’un pont enneigé, percevant des murmures inaudibles et allant jusqu’à sentir une fraîcheur parcourir son corps… sans jamais accéder pleinement à ce rêve. A la suite de quelques nuits partielles, Valentine se laisse aller dans la pièce voisine de l’autre chambre de malade qu’il a installé, pour se laisser tomber sur une chaise, placé devant un miroir dont le reflet ne lui revient pas.

Il fronce les sourcils, incapable de mettre le doigt sur le problème.

Où es tu.
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Sam 23 Mai - 15:30

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
Enchanté Paradoxe.
Je m'appelle Valentine.


Et le noir suivit cette déclaration. Un noir lourd et dévastateur, enveloppé de torpeur. Paradoxe n'était plus, morte dans cette étreinte brûlante, recouverte de sable et de brûlures plus ou moins graves.
Et Paradoxe semble tomber, s'écraser sur une surface aussi lisse que dure. Un sol glacé contre sa peau ardente – un hurlement. Un hurlement silencieux qui se répercute contre les parois de son esprit volatile, qui se répète de longues et douloureuses secondes. Ses lambeaux de conscience endurent ce son qu'elle a elle-même généré, dont elle est la seule et unique responsable. Parce que dans cette immensité sans nom ni lumière elle est seule – mais est-elle seulement quelque chose de plus qu'un amas de douleur ?

Elle rampe ou flotte, erre ou court – peut-être est-elle même immobile, le vide complet dans sa tête l'empêche de trouver ne serait-ce qu'un mot à prononcer. Elle n'entend, ne sent ni ne voit rien, la folie semble peu à peu s'immiscer dans le reste d'être qui la compose, s'ajoutant à la souffrance physique et achevant de détruire Paradoxe.

C'est à cet instant particulier que le premier murmure retentit.
Où es tu.

Elle se sent frissonner, se sent haleter sans en être sûre. Des faisceaux de lumière tranchent l'obscurité, elle s'y accroche avec la détermination d'un prisonnier en pleine évasion. Le silence hurle en la voyant partir, le noir brille de fureur. Mais elle grimpe, elle rentre dans cette enveloppe charnelle, motivée par le désir de ressentir, de vivre, d'être. La première inspiration est douloureuse, la seconde lui fait prendre conscience de son existence réelle et la troisième s'attache à lui offrir ses sens. La respiration saccadée, les ongles plantés dans ce qui semble être un lit passablement douillet.
C'est la peur qui lui déchire les entrailles en première, sautant sur l'occasion de manipuler une nouvelle victime.
L'incompréhension s'y ajoute – où est-elle, que fait-elle sur un lit, qui est-elle ?
Enfin, le calme s'abat avec la puissance d'un boulet de canon, la dissuadant de se relever et de courir. Elle se détend un peu plus chaque seconde, son rythme cardiaque ralentit pour adopter une cadence plus raisonnable.

« Comment. »

Un mot interrogatif prononcé sans le ton adéquat, Paradoxe coule du lit sans penser à son corps meurtri ; il le lui rappelle avec rage, les pics de douleur transperçant sa chair. Mais elle ignore, avance jusqu'à ce qu'elle pourrait appeler son sauveur – ou son bourreau ? La méfiance s'installe, elle se racle la gorge dans l'encadrement de la porte, enveloppée d'un drap blanc juste assez épais pour couvrir cette carcasse nouvellement créée.

« Qui es-tu. »

La phrase est répétée en son for intérieur, elle le savoure et le fait glisser sur sa langue l'instant d'après. Ce n'est pas l'identité du protagoniste qui intéresse le petit paradoxe, mais son rôle dans la situation présente. Désorientée, elle s'appuie contre le bois dur et resserre le vêtement qui l'entoure, prenant conscience du vide qui précède son réveil. Comment, comment est-elle arrivée là, dans quel but et dans quelles circonstances ? Tant de questions sans aucune réponse ; et c'est son nom qui bat au même rythme que son palpitant.
Paradoxe, tu t'appelles Paradoxe et tu incarnes le trouble. Tu t'appelles Paradoxe, tu incarnes le trouble et tu es là pour briser comme pour réparer. Brise et répare, Paradoxe.
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Lun 25 Mai - 21:00

Psychose


Il lève son attention de ses mains qu’il imagine tachées d’un pêché dont il ne se souvient plus, photographie qui se superpose à des mains propres, les siennes, vierges de tous crimes. Qui suis-je. Il lève les yeux vers le bruit qui vient troubler le seuil de la porte, il lève sur elle un regard désarmant, autant qu’il l’est face à une de ces questions auxquelles il n’est pas certain d’avoir la bonne réponse, …ou une réponse tout court.

...Qui.

C’est un interrogatoire qui fait plus mal que prévu. Alors peut-être qu’elle aurait mieux fait de rester encore un peu plus inconsciente. Alors il aurait eu le temps de monter un plan, alors il aurait pu se rendre coupable ou non d’une séquence à jamais effacée de sa mémoire.

Valentine se souvenait de ses journées à ausculter les esprits, il se souvenait d’avoir fait une importante – importante, vraiment ?- découverte en apprenant que les âmes vagabondes pouvaient trouver une existence ici, il se souvenait qu’il vivait après être mort dans une ancienne vie. Mais il n’y avait pas cru à cette entité incarnée en Thémis. Il n’y avait simplement pas cru, parce que là bas sur terre, il fut un temps où ses rêves n’étaient jamais réalité. Et ça, ça n’était plus, parce que quoi qu’il fasse ou quoiqu’il dise, il avait l’impression de vivre un rêve éveillé, qu’il soit dans un état ensommeillé ou non, un rêve où il n’y avait plus de pont de sortie. A un moment donné, il avait fini par plus ou moins l’accepter, assumant de fait sans jamais se l’avouer, que sa mémoire n’était plus ce qu’elle était auparavant, acceptant ses cassures dans le temps -toutes ces lignes brisées n’apportant plus aucune cohérence visible dans sa vie. Du verre brisé, voilà ce qu’il était et d'où il était forcé de tirer ses propres reflets, ces éclats pour se prouver qu’il était encore Valentine et qu’il existait encore. (…)

La présence de la fille défait une fois de plus toutes les configurations hypothétiques qu’il a pu imaginer, lui bourreau, lui sauveur, eux échappés, et dans un amas d’indécision, Valentine la fixe dans un calme tourmenté, du gris dans ce bleu étrange qui scintille quelque part dans les strates de sa conscience sans jamais arriver au niveau de sa compréhension.

-Je ne sais pas.


Elle est trop frêle, elle recouverte dans ce drap trop blanc, écorchée ci et là à l’instar de ses propres égratignures, un reflet de miroir biaisé mais un peu trop similaire pour ignorer ces similitudes parallèles. C’est là que le bât blesse encore, trop de preuves matérielles contre sa charge, trop de trop qui ne collent pas entre eux. Il assemble du blanc là où la pièce requière du noir, il propose une nouvelle forme noire alors que la logique voudrait que le puzzle ait été blanc. Valentine se lève, il tourne le dos à son hôte et se dirige vers la fenêtre, creusant la distance entre eux et refusant de s’imposer l’atrocité d’une vérité.

-Je suis désolé, admet-il en un souffle, je ne le sais pas.

Qui suis-je, mais qui suis-je!

-Je suis Valentine.

Un simple murmure.

Il ne lui donne pas un nom, mais ce mot qui le définit, celui qu’il donnerait encore et encore lorsqu’il ne trouverait plus de point de chute à ses insolutions.

-Je suis Valentine et j’ai peur de savoir qui tu es.


Il ne se retournera pas.
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Dim 31 Mai - 1:01

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
« Je ne sais pas. »

L'incompréhension se fraye un chemin le long de son esprit, plante ses racines à la base de ses maigres mémoires et les rend moins clairs, aspirant sur son passage une énorme partie de ce que Paradoxe avait réussi à rassembler.
Je suis une femme. Je suis vivante. Je souffre sans savoir pourquoi. Brûlures. Cet homme devrait en connaître la cause. La dernière affirmation balayée par cette réponse hasardeuse, la sûreté démolie par ce regard d'acier. Ses jambes semblent sur le point de la lâcher mais elle ne tombe pas, simplement assaillie par un millier de questions sans sens réel. Dans quel but par quels moyens à quel endroit. Pourquoi comment où.

« Je suis désolé, je ne le sais pas. Une main fébrile passe dans la chevelure ébène de la demoiselle, l'autre maintenant le drap contre son corps abîmé. Pauvre enveloppe charnelle maltraitée avant-même que l'âme ne naisse. Je suis Valentine. »

Valentine, Valentine, Valentine. L'as-tu créée, si oui pourquoi ? Si non, que fait-elle là, que fais-tu là ? Le silence s'épaissit du côté de la Fêlure, trop troublée pour pouvoir s'exprimer. Elle pense, hurle mentalement mais son visage ne dévoile rien, un masque taillé dans le marbre et écorché par on ne sait quoi.
« Je suis Valentine et j'ai peur de savoir qui tu es. »

Il s'est éloigné, retourné. Elle s'avance, le fixe. Son regard court sur son dos, sa nuque, son crâne. Elle y met toute sa conviction, tout son désespoir et par-dessus tout, y recherche la compréhension, essaye de combler ce vide profond qui déchire son âme. Perdue comme jamais elle ne l'a été, son seul souvenir se résume au concept du Paradoxe.

« Enchantée Valentine. Je m'appelle Paradoxe. »
Cette phrase sort d'elle-même, franchissant la barrière des lippes gercées de l'égarée. Elle ne s'en rend compte qu'après-coup – et chacun de ces mots réveille quelque chose d'intouchable, un bout de mémoire rescapé du massacre. Mais c'est comme un rêve, plus elle s'y accroche et plus il s'enfuit, mince fil d'eau qu'elle ne parvient à capter. La frustration s'amplifie avec le malaise, quelques pas de sa part rongent encore la distance qu'il a creusé entre eux.

Plusieurs secondes, puis minutes passent avant qu'elle ne rouvre la bouche, sa voix enrouée déchirant le calme ambiant. « Dis-moi comment je suis arrivée ici. » Sa main se tend mais n'effleure pas l'autre, encore trop loin pour sentir son vêtement. Elle finit par reculer, sans pour autant le lâcher des yeux, et son regard se fait plus insistant – plus suppliant. Elle a ce besoin primitif d'en savoir autant que lui, d'apprendre la provenance de ces plaies. Cet appétit de connaissances, de quelque chose dont elle ne se souviendra peut-être pas longtemps.

Une seule chose tambourine contre les parois de son crâne, l'écho faisant vibrer tout son squelette fragile.
« Es-tu vivant. »
Le ton vide, l'absence d'émotion transparaît dans la dureté de sa question – question qui n'en était une que par sa structure, question qui vient aussi impulsivement que la première phrase. Valentine, Valentine, qui es-tu. L'as-tu tuée, t'a-t-elle tué ? Qui est responsable de ce désordre, de ce vide ?

Ses pas la guident jusqu'au miroir, et le visage qu'on lui renvoie lui semble si inconnu que les battements de son coeur partent en vrille, affolé qu'il est par cette étrangère. De profonds cratères sous les yeux, des traces rougies sur les joues et le front – plus que tout, l'ombre d'une cicatrice affreuse au creux de la poitrine, ses pointes dépassant de sa couverture.

Que s'est-il passé.
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Mer 3 Juin - 21:34

Pinocchio
Soudain ses yeux ne lui offrent plus que la vue brouillée des rues se fondant dans les murs colorés en contrebas, des éclats blancs oniriques se mettent à parsemer le décor et laissent se superposer formes et teintes.

Ça ne dure qu'un instant.

Mais trop longtemps pour un psychologue qui se repose sur sa clairvoyance. Cette étrangère, elle bouscule tous ses piliers sans qu'il n'arrive pas à poser le doigt sur le nœud d'incompréhension. Enchantée Valentine, je suis Paradoxe. Il en frissonne. Le plaisir y est absent mais ce qu'elle vient de dire à l'effet de le troubler parce que ça lui donne l'impression que c'est lui qui vient de prononcer ces mots. C'est déstabilisant.

-...Paradoxe.

Paradoxe. Ses pensées absorbent, son murmure répète pensivement.  Ça résonne tellement déjà-vu dans sa tête que ça lui pétrit la conscience.

-C'est un nom étrange. Tes géniteurs ne devaient pas beaucoup t'aimer..., murmure encore Valentine donnant vie à quelques pensées intimes, ces mots que le silence ne touchait plus. Et pourtant, je n'arrive pas à ne pas trouver ça splendide.

Ce concept, un dédale de réflexions à jamais embués, une notion ancrée dans la convergence de tous ses autres concepts. Du blanc quand il hurle noir, du noir quand il pense blanc, deux essences qui s'entrechoquent, pile là, sur leurs propres limites. C'est splendide, c'est colossal et surtout, -surtout, ça ne peut être en vie. Il crispe la mâchoire. C'en est presque trop.

Pas un instant il ne lui vient à l'esprit qu'il ait pu en être un des concepteurs.

Valentine se tourne et l'étudie observer son reflet dans le miroir. Elle paraît renaître de ses cendres, se réalise comme le patient qui se redécouvre après une longue période d'inconscience, un amnésique qui a oublié son identité. C'est un spectacle toujours assez poignant, et il n'y échappe pas.
Dans le désir de cette gamine, il y a celui de vouloir connaître une vérité estompée, de comprendre ce qu'il y a derrière le Je pense donc Je suis, cette meurtrissure de ne pouvoir se deviner toute seule. Et malgré des années de pratique dans la psychologie scolaire, des années à symptomatiser élèves comme étudiants, jamais cette scène ne lui aura été plus familière. La vérité, parce que cette fille susurre dans ses pensées. La vérité, parce qu'elle pourrait ne rien dire qu'il aurait l'impression de savoir ce qu'elle cherche à lui transmette. Quelque part, c'en est presque douloureux. Mais la douleur a t'elle d'égale cette cicatrice sauvage, plaie refermée en forme de croix qu'il l'a forcément vu sans voir plus loin que sa surface, ce crucifix renversé tel
que si on avait cherché à la rayer de la vie?

Pourquoi.

J'existe.

Cette question à laquelle il ne fera pas suite de vive voix, il lui en donne la réponse dans son attitude troublée, derrière cette réserve habituelle qui fait sa personnalité, à travers une pensée contrôlée qui laisse le son d'un écho trop présent pour laisser la place au doute. Il lui défend, à elle, au paradoxe, de douter de sa présence parce qu'il est certain de vouloir exister et d'exister... mais pas de vivre.

Alors j'existe. Alors... j'existe.

Sa silhouette se découpe à la lumière d'une journée naissante, il enjambe les quelques pas de vide entre eux et s'arrête à côté du miroir pour observer le reflet d'un Paradoxe, le corps étiré d'une fille, fêlé par ci et par là jusqu'au ton de sa voix. Il lève le bras et son index retrace la brisure en forme de croix qui continue sous le drap, sur et sans doute dans la poitrine de la jeune fille, là sur le reflet plat de la glace. Une surface lisse sous ses phalanges qui ont un jour cherché à le destiner à un métier de médecin, une image froide pour ce futur dévié, un espace à l'infini sous ses doigts qui caressent désormais les consciences au delà des corps.


C'est à ce moment que Valentine réalise qu'il ne peut avoir intenté contre cette fille. Il ne peut s'en être pris physiquement contre lui-même, dernière enveloppe charnelle de son existence. Ses doigts sur le miroir  s'arrêtent à la convergence des deux lignes cicatrisées et un maigre sourire passe sur son visage, satisfait de cette vérité.

-Toi et moi on existe, mais quelque part, on ne vit plus.

Il abandonne les reflets et fait face à l'adolescente. Elle était dans ses bras quand tout a commencé, en admettant que tout a un début et une fin... Ou pas.

-C'est là que tout a commencé.

Il ouvre un instant les mains présentant ses paumes vides, observe cet amalgame du plein et du vide... Et laisse tomber cette idée en même temps que son geste parce qu'il a brusquement trop de choses à raconter sans réellement savoir quoi. Parce que ses aspirations le mènent une fois de plus beaucoup plus loin que ce qui devrait être concevable. Un haussement des épaules et il se tourne pour retourner vers la fenêtre et l'ouvrir. De l'air encore, un autre point de chute.

En fait, il ne sait même pas réellement ou il est.

Dans sa tête, il aimerait que Paradoxe soit l'humanisation du mot qu'elle porte, la vie offerte à un des concepts les plus fous qui lui soit donné de poursuivre et de rêver,
le Pinocchio qui s'anime. Mais derrière ce fatras de désirs, il ne voit qu'une adolescente et un mot, celui qu'elle porte pour se détacher du monde.

-Tu sais ce que c'est qu'un paradoxe ?
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Dim 7 Juin - 12:48

ils étaient tout deux des paradoxes paradoxalement paradoxaux
« C'est un nom étrange. Tes géniteurs ne devaient pas beaucoup t'aimer… Et pourtant, je n'arrive pas à ne pas trouver ça splendide. »

Elle déglutit, ses paroles se heurtent au mur de l'incompréhension. La signification des mots ne lui échappe pas, mais elle n'arrive pas à les associer à sa propre existence – si jeune qu'elle ne s'identifie pas en tant qu'être humain. Mais par quoi l'humanité est définie ? Oh, elle connaît le mot, elle le comprend. Mais pas au niveau viscéral, il n'éveille aucune nostalgie, pas même un embryon de sentiment ne semble se manifester au creux de sa poitrine.
Paradoxe sait et ignore.

Ses yeux courent sur les courbes de sa carcasse nouvellement née, la gravité semblant s'intensifier sur sa cicatrice. Un millier de questions jaillissent à chaque inspiration, se multiplient et l'étouffent peu à peu, laissant la gosse sans une once de repère. Le bruit des pas de Valentine lui semble lointain, comme si elle assistait à cette scène depuis une salle extérieure – pourtant, lorsque ses doigts caressent la surface du verre, Paradoxe prend plus que jamais conscience de cette nouvelle réalité ; le contact factice lui paraît plus réel que si ses phalanges traçaient le contour de la marque à même la peau de la vagabonde. La respiration se fait plus calme, plus précise, de telle façon qu'on aurait l'impression de la voir revivre – une prise de conscience aussi violente qu'un coup dans l'estomac.

« Toi et moi on existe, mais quelque part, on ne vit plus. »

Je n'ai jamais vécu.
Le doute subsiste, le manque de confiance étrangle les paroles qu'elle aurait voulu prononcer sans une once d'indécision. Mais les mots meurent dans sa gorge avant même d'en avoir jaillit, une voix doucereuse chuchote dans un coin de son esprit que n'être jamais née ailleurs qu'en ces lieux n'est pas une bonne chose – les lettres formant l'illégalité s'inscrivent devant ses paupières fermées, le tout en une fraction de secondes.
Le silence fait rage de son côté.

« C'est là que tout à commencé. »

Elle manque d'air en voyant ses bras, quelques fragments se frayant un chemin dans les eaux troublées qui la composent. Ses bras, cette immensité rouge vif, cette sensation de chaleur si ardente qu'elle en aurait brûlé les plus enhardis. Ses bras, son besoin d'être protégée, les paroles chuchotées directement dans l'oreille – dans la tête ?
Et puis le noir, le vide, la solitude.

Un pas et tout éclate, il se retourne et l'abandonne pour faire rentrer l'air frais de l'extérieur. Le vent fouette ses cheveux mal coupés, défait une coiffure déjà précaire et mordille sa peau. Aussi agréable que surprenant, il manque de lui arracher un couinement de surprise – le nouveau-né découvre ce qu'on appelle la vie, sous forme de dizaines de mouvements anodins. Une brise, ça n'a rien d'extraordinaire. Mais la première brise vous coupe le souffle, elle s'enfonce dans votre gorge et vos poumons en exploseraient presque.

« Tu sais ce que c'est qu'un paradoxe?
- La représentation physique d'une association entre deux contraires. Une association qui aurait du détruire ces deux éléments par annulation mais qui, au lieu de ça, a créé une erreur. »

C'est ainsi qu'elle se voit, ainsi qu'elle définit ce terme devenu son nom. Paradoxe, quelque chose qui n'aurait jamais dû voir le jour – vagabonde jaillissant uniquement grâce à l'inadvertance de la créatrice de ce lieu. Elle sait tout sans en avoir conscience, comme un oiseau âgé à qui personne n'aurait dit qu'il savait voler. Condamné à marcher jusqu'à ce qu'un heureux hasard lui déploie les ailes, jusqu'à ce qu'une âme charitable lui offre cette connaissance et lui fasse comprendre ce dont il a besoin pour survivre.

« Qu'est-ce qui a commencé ? Elle a cette impression constante, ce picotement qui fourmille dans ses jambes et dans ses bras. Cette envie irrésistible de retrouver le confort et la protection qu'on lui a offert lors de son dernier soupir. Qu'est-ce que Valentine ? »
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MessageSujet: Re: Post Mortem
Dim 5 Juil - 19:58

Ce qu'il reste de la folie

- Tu n'es donc pas un paradoxe mais une erreur, reformule Valentine en un murmure désolé derrière une question à peine masquée. Il fouille dans ses poches et trouve un paquet abimé de clopes. Sans se retourner sur l'adolescente, il coince la cigarette entre ses lèvres puis se soulève pour s'assoir sur le rebord de la fenêtre, face au vide, dos au matériel, aux éléments physiques et tous les paradoxes qu'ils prétendent incarner. Dans une autre poche il y trouve le briquet qu'il cherche et joue avec un moment avant de marmonner.

-Peu importe. Tu es ce que tu es. Quitte à choisir...

Espoir et aspirations qui volent en éclat, quelque part, c'est triste tous ces concepts erronés qui prennent vie puis qui se mettent à errer sans pouvoir se définir ce qu'ils représentent réellement. Regarder une fois de plus une chose perdue dans ce monde est une des plus étranges impressions qu'il ait pu avoir. Mais c'est sans compter les questions qu'elle lui crible en retour, celles dont il n'est pas certain d'avoir une réponse et dont il en craint la vérité. Ronds de fumée, sensation où la cendre descend jusqu'à ses poumons.

-Ce qui a commencé ? Je ne sais pas.

Hésitations flottantes.

-Tu risquerais de ne pas apprécier.

Le vide, les hauteurs pour seul échappatoire à ses pensées torturées.

-Ça a commencé quand je t'ai trouvé dans mes bras au bas de cette rue. Tu étais inconsciente, alors je t'ai ramené ici. La seule chose qu'on a en commun ? Ces brûlures. Alors est ce que ça te suffit pour construire un commencement, à toi de le dire.

Tout en lui offrant d'un trait le peu d'explication qu'il a à lui fournir, Valentine se déteste avoir à faire son propre diagnostique et s'infliger sa propre sentence, il se hait pour avoir avoué à voix haute qu'il n'en sait pas davantage, ni sur elle, ni sur lui même. Pour quelqu'un chez qui comprendre l'essence futile du monde est indispensable, c'est admettre qu'il peut y avoir des zones de non-explications dans la vie. Des passages à vide. Depuis quelques temps, Valentine en connaît beaucoup, de ces passages où il ne raccroche pas une scène finale à une autre scène de sa vie, comme si ses instants d'existence ne se réduisaient qu'à des séquences épars sans consistance.
Rien de plus à ce moment là ne grise davantage ses pensées. Il y a depuis cette réalité dévoilée, un mal être avec lui même, un quelque chose de pas très saint qu'il n'identifie pas au fond de sa conscience et qui pèse lourd sur son être. Accoudé sur ses genoux, Valentine ne se retourne toujours pas et sa cigarette s'entame lentement dans cette fumée éphémère semblable à celle de sa mémoire.

-Valentine? répète-t-il d'une voix plus posé en jetant un coup d'œil en arrière. Elle n'a pas bougé. Pas grand chose en ce moment. Juste assez pour m'appeler si tu en as besoin.

Il revient sur sa position initiale. Parfois, il est ces instants où il n'y a plus de prises charnières où se raccrocher.

-Un jour, lorsque j'aurai compris, je t'expliquerai ce qu'est Valentine. Pas maintenant, parce que là dans l'immédiat, j'ai l'impression d'avoir toujours vécu ici avant sans vraiment pouvoir te le confirmer.

Ce genre de personne, on ne les aimait pas trop à une époque. Entre l'amnésie ou ce qui reste de la folie, on pouvait finir interné loin du monde civil. Mais tout ça ne se disait pas. Valentine frissonne, il est déjà peut être vraiment fou. C'est bizarre comme dans ces cas là, la personne concernée ne le réalise pas de suite. Il a eu envie de pleurer mais ne l'a pas fait. Au lieu de ça, il abandonne le vide pour faire face à la fille, si peu d'équilibre au final quand il sait qu'une simple poussée vers l'arrière le basculerait par delà la fenêtre.

-Paradoxalement... tu connais la sensations de déjà-vu ? C'est ce qui me revient quand je te vois.

Une dernière bouffée de cigarette inhalée et il écrase le mégot à moitié fumé dans son cendrier. Il refuse catégoriquement de s'approcher d'elle par simple crainte qu'une vérité qu'il ne surmontera pas lui saute à la figure. Pourtant, le devoir d'apaiser une jeune patiente déboussolée, l'envie la rassurer est inévitablement là.

Il ne le fera pas.

-Maintenant, reste à choisir ce que tu veux faire et ce que tu crois, finit Valentine avant de rajouter, Tu devrais aller te rhabiller. C'est déjà assez confusant comme ça.
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MessageSujet: Re: Post Mortem

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