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 Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]

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MessageSujet: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Mar 12 Mai - 19:17

Elle n'avait pas vu eu le temps de réaliser que la majestueuse empreinte de l'ours fondait sur elle. C'était un après-midi habituel. Elle faisait son tour dans la forêt éternelle, cherchant quelques baies, champignons, herbes et autres plantes médicinales. Elle allait rarement aussi loin dans les bois, la lumière se faisant rare. Toutefois, elle avait trouvé son bonheur, et même bien plus qu'elle n'espérait. Une clairière, et des fruits à foison. Parfois, elle entendait quelques bruissements non loin pour ensuite apercevoir un cerf, ou un renard. Son panier presque rempli, une ombre s'était alors abattue sur sa silhouette menue. Une nuée d'oiseaux s'était alors échappée de l'immensité verte feuillue. L'agonie de Psychê dura presque quatre heures à l'issue de laquelle elle fut transportée plus loin qu'il ne fallait.

POUR DES MILLIERS
c'est une âme qui dort
[►]


Elle ouvre les yeux, le soleil attaquant sa peau. Couchée sur le ventre, elle étire alors un fin sourire à la vue de quelques tournesols non loin. Elle tend la main vers eux puis grimace. Courbatures. Avec difficulté, elle se redresse sur ses avant bras. Elle regarde autour d'elle, constatant avec surprise le tapis floral au milieu duquel elle se retrouve. L'émerveillement est à son paroxysme : jamais elle n'a vu telle merveille. Les couleurs s'étendent à perte de vue autour d'elle tant et si bien qu'elle en oublie les picotement des rayons solaires sur sa peau fragile et pâle : des rougeurs apparaissent déjà au travers de sa toge déchirée sur toute la longueur de son dos. Pour l'heure indécise, elle détaille les narcisses qui flirtent avec les jonquilles tout en savourant les fragrances sucrées et poivrées de freesias dans des coloris variés qu'elle devine non loin, sans même les voir. Elle se pose en tailleur, glisse une fleur de lys stargazer tombée non loin d'elle, juste au dessus de son oreille gauche. Une réalité au goût de rêve pour cette âme qui ne réalise pas son reset. La voilà qui désormais se dresse, ses pieds nus amorçant quelques pas. Passant de fleur en fleur, elle se présente, leur parle, leur demande la direction pour retourner chez elle. Pour toute réponse, elle n'obtient qu'une brise, et se décide de la suivre jusqu'à un sentier

- Douce brise, connaitrais-tu le chemin pour aller à Rhode ?

Le souffle doux s'enroule autour d'elle, faisant ainsi rire la petite âme.

- Une danse ? Mais volontiers !

Et ainsi, elle se met à tourner sur elle-même, avançant dans une direction au hasard, que lui aurait intimé la délicate puissance de l'élément aérien. Chantonnant au même rythme, c'est alors un plongeon dans les fabulations de sa déraison, elle agite les bras comme Psychê agiterait ses ailes. Un envol de papillon fait stopper la demoiselle pour les laisser passer. Elle tente un geste à leur attention, un doigt pointé. L'une des créatures s'y pose, un frisson parcourt l'intégralité de la petite Psychê, comme si le temps et l'espace s'étaient soudainement vus fusionner dans un tourbillon glacé. L'amertume prend place dans le coeur inexistant de l'être ni réel, ni virtuel. Une larme vient à glisser par dessus une pommette. Le papillon disparait, les fleurs se taisent, la brise s'estompe. Psychê, au milieu du sentier s'accroupit alors, entoure ses genoux de ses bras, et pousse une plainte.

- Je ne sais pas où je suis. Il fait beau.

Elle regarde derrière elle, et à la base de ces ailes froissées, visibles que d'elle seule, elle constate la raison de sa douleur.

- Ma robe est déchirée...

Elle a oublié l'attaque de l'ours. Elle n'a jamais quitté sa région. Elle a faim, elle a soif.

Au bord du sentier, à l'ombre d'un arbre, elle se couche.

MORDRE L'ETERNITE
à dents pleines


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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Ven 15 Mai - 20:02

( si tu es d'accord, je te rejoins (;)

sieste sous le pommier

      Le souffle régulier, le regard fixé sur la piste de terre pour se prévenir de ses ornières, il avance d’un bon pas. La foulée du marcheur aguerri, rodée par des jours de bivouac et de transhumance ingrate. L’esprit est confus, sur le point d’entrer en sommeil, le corps, constant, maintient le rythme. L’air est ici plus agréable, le temps plus chaud, Ebène éprouve toujours un plaisir certain lorsqu’il dévale les hauts plateaux de Libra. Harnaché comme une bête, le dos ployant sous la charge, attifé de grossier veston et chemise de laine, il a tout d’un vagabond. Il n’interrompt sa course que pour manger et dormir, mais il se porte bien. Cette vie de marcheur lui convient, penser peu et faire se mouvoir cette lourde carcasse aux muscles alanguis est délicieusement régressif. Curieusement il ne pense pas à la coquette somme qu’il pourra toucher en arrivant aux portes de Canaan. Tous les profits dont il se délecte habituellement sont ici vains. Éclair de lucidité : il goûte la fatuité de sa vie en Ethernite du bout de la langue. Cette sensation se dissipe rapidement, quelque chose vient d’attirer son attention.

Dans une ultime secousse, sa masse s’immobilise, plus un geste, respiration imperceptible. Quel curieux spectacle, plus loin en aval du chemin, à l’ombre d’un grand pommier, une silhouette est étendue. La face au ciel, engagée dans ce qui semble être un profond recueillement. Il ne peut en dire plus, il se trouve trop loin. Cette scène, figée dans la lumière d’un soleil de plomb à quelque chose de mystique. Elle invoque dans la mémoire d’Ebène mille autres souvenirs du même goût, certains n’ont sans doute pas été forgés sur Libra.  Les lanières de son paquetage lui lacèrent les épaules, noir sur noir, cuir sur cuir. Sa longue chevelure hirsute colle à sa nuque, le long de sa colonne vertébrale, une goutte de sueur perle sur son front. Il doit respecter les délais qui lui sont imposés, et retrouver sans tarder le plaisir de la marche, mais sa curiosité est piquée : s’agirait-il de l’une de ces créatures à face d’homme sorties des entrailles de la terre ?

Il plisse les yeux, le champ de fleurs irradie d’une douloureuse lumière. Ebène est un homme de parole, le plus fiable dans ce domaine. La distraction ne doit lui inspirer que du mépris. Après tout, ne fait-il pas partie des puissants ? Et tandis qu’il se flatte de son inflexibilité, ses pas quittent le sentier et prennent la direction du pommier. Un instant de faiblesse. Le paradoxe d’Ebène veut qu’il n’éprouve aucun remord à céder à des impulsions durement combattues. Il a pourtant tenté de se convaincre de leur futilité avec force d’arguments. Mais de telles considérations ne viennent pas pour autant s’imposer à son esprit. La pente l’entraîne à mesure qu’il se rapproche de cet étrange dormeur du val. Des pivoines s’abattent sous ses pieds, il n’a pas plus de pitié pour les têtes de tournesols. Il ne freine son élan qu’à hauteur de l’objet de sa curiosité, pour mieux détailler le spectacle qui s’offre à ses yeux.

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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Sam 16 Mai - 15:53

(Oh merci ! Tu me combles de joie ^^)

Le sommeil l'avait gagnée sans mal. Ce n'était pas la fatigue qui avait harassé cette âme délicate, mais l'abattement. En perdition, et peu encline à chercher d'elle même une solution à sa détresse soudaine, le seul refuge qui s'imposait à elle avait été de s'allonger. Elle ne pouvait aller plus bas, c'était évident.
Vint alors le songe. Des éclats de rire, des chants de chérubins dodus abattant leurs flèches un peu partout, des colombes, et le doux parfum du nectar et de l'ambroisie. L'Olympe était en liesse, c'était la renaissance du Printemps, la fille de Déméter était de retour parmi les siens. Psychê elle, observait la scène de loin, tandis qu'une ombre translucide l'approchait, masquant le visage de la belle du reste du monde.

LES PIEDS DANS LES GLAIEULS
elle dort


Un bruit sourd non loin lui fait lever lentement les paupières. Elle remarque alors un fruit telle la Golden du Jardin des Hespérides. La Discorde ? Elle se redresse un peu, tourne son buste  pour apercevoir en contrejour une silhouette massive. Ne prenant appui que sur une main, l'autre vient naturellement frotter l'une de ses petites noisettes. Elle a une sensation de déjà vu, comme si le songe se poursuivait. Rêvait-elle seulement ? Posant à nouveau son regard sur l'inconnu, sa vue se fait plus nette, remarquant ainsi les marques, les traces, salissures et autre monstrosités comme il lui a rarement été possible d'en voir sur une seule personne. Point une ombre blanche, mais noire, opaque, funèbre. C'est alors un recul violent qui anime l'éveillée. Elle se traine en arrière tout en balayant quelques fleurs sauvages sous son arrière train et ses mains, et heurtant en même temps de ce fait, des épines de roses Baccara le long de ses avant-bras. Elles s'insinuent peu profondément, mais semblent se complaire à se griffer un passage en une longueur non négligeable et ainsi, jusqu'à ce que Psychê s'estime suffisamment loin pour se lever. Elle relève hâtivement sur son épaule la manche de sa toge qui avait dévoilé la naissance d'une pomme immaculée. La déchirure de sa tenue dans le dos lui ayant fait perdre une bonne partie de sa stabilité, elle garde ainsi la bretelle en main, tout en se cachant derrière le pommier. Elle halète, essouflée par le maigre effort qu'elle vient de fournir et par la l'intrusion de l'inconnu dans son espace personnel.

Cependant, la demoiselle est curieuse. Et déjà, le remord s'immisce dans son être. Elle constate l'impolitesse de son geste et ainsi, amorce un mouvement, laissant son visage dépasser du tronc, sa chevelure alezan tourbillonant harmonieusement vers le sol. Au milieu du décor floral des Champs Elyséens, le Papillon de Nuit contraste avec une disgrâce non dissimulée. Robuste, il impressionne la frêle vierge ; elle se dérobe une fois de plus à sa vue. La surprise passée, elle ferme les yeux pour se donner une contenance, ajuste au mieux sa tenue, ses cheveux, et quitte son bouclier végétal. Elle avance avec lenteur, déployant ces ailes que personne ne voit, frôle le sol ; elle reste toutefois à une distance raisonnable de la masse sombre, suffisante pour que l'odeur de mâle qui se dégage fortement de son être ne puisse atteindre la sensibilité du sens olfactif de la nymphe, et faire frissonner ses narines. Elle s'incline en une révérence qui n'est probablement pas appropriée, toutefois elle lui vient naturellement.

- Veuillez excusez mon comportement. Loin de moi le désir de vous offenser.

Les coupures que les épines ont laissé sur ses bras lui arrachent une  larme, puis une autre. Elle se redresse, observe d'une vaillance indécise la balafre barrant le front de l'homme puis détourne le regard, embarassée.

- N'est-ce point farfelu de pleurer pour telle fadaise quand vous semblez avoir souffert pire tourment ?

Elle ose reposer ses iris vers la représentation allégorique du maitre des Lieux, divinité chthonienne infernale ; ceci ne serait point étonnant.
Après tout, les Champs Elyséens se situent bien au coeur des Enfers. A cette pensée, tendrement, elle sourit.




COMME SOURIRAIT UN ENFANT MALADE
après le somme


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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Lun 18 Mai - 23:13


sieste sous le pommier

      Comme une pierre troublant la surface d’une eau paisible, les traits du tableau se brouillent. L’harmonie confuse, rompue est vite oblitérée par son entrée en scène. Il s’ignore en destructeur de la douce vision qui lui a fait quitter le sentier, pourtant la vérité est bien là : Ebène porte ce principe en sa nature profonde, il gâte tout ce qui entre en son contact. Alors, plutôt que de salir d’avantage la douce illusion qui s’offre à lui, il se contente de toucher avec les yeux. Cette pâleur a quelque chose d’irréelle, cette rougeur sur le bout d’une joue dégage une innocence inédite, le souffle doux, les yeux clos, il continue d’avancer pour mieux profiter de ce beau mirage. Et c’est comme s’il avait fait le pas de trop. Fragile, l’instant ne semblait plus tenir qu’à un fil, et la candeur éclate, la créature s’éveille, la donne change. La subtilité de ce changement d’atmosphère lui échappe, il continue de profaner de ses pas vagabonds l’espace où la vierge s’est retirée.

Lentement, elle revient à elle, inconsciente de son environnement immédiat, et il peut voir ses grands yeux battre des paupières avec langueur. A ses pieds il s’arrête, constatant qu’en une réaction -la plus instinctive qu’il soit- elle prend la fuite effrayée par sa présence inconvenante, il n’en éprouve qu’une très lointaine lassitude, l’habitude a détruit tous ses regrets. Long soupir, en fin de compte le voyage l’a éprouvé. Dans un grand fracas il laisse choir le sac qu’il portait sur le dos, réfléchissant toujours mieux lorsqu’il se sent plus léger. Ces pensées stupides se succèdent, il en juge la fadeur  indigne de son intérêt. Elles ne parviennent pas à détourner son attention des élans du corps. Il contemple ce petit visage qui l’observe attentivement, enhardi de secondes en secondes par le rempart que le pommier dresse entre les corps. Rictus moqueur, la très lointaine ironie d’un arbre au fruit défendu lui vient fugitivement à l’esprit sans qu’il en comprenne la teneur. Etait-il un enfant pieux ? Il détaille ce qu’il peut saisir de sa physionomie : la première réaction était la bonne, elle a raison d’avoir peur. En perdant le désir, Ebène est devenu l’un de ces odieux personnages qui s’empare compulsivement de tout ce qu’il ne peut posséder de manière innée, de tout ce qui n’est pas lui. La pureté de cette nymphe lui fait forte impression, et peut-être le soleil lui a-t ’il un peu trop tapé sur la tête car il imagine déjà le contraste saisissant de cette main sombre sur cette peau immaculée. Mais elle se ressaisit avant lui, se dresse, délicate dans ce vêtement déchiré, compatissante et pleine de bonne volonté. Il ne l’écoute que d’une oreille, bien trop occupé à constater les lacérations de la toge qui attestent d’une grande violence. Ces mains-là semblent incapables d’une telle sauvagerie. Il se méfie, elle s’approche. Il s’étonne de cette confiance insouciante qu’elle semble témoigner à un inconnu, son visage est affable.

Une petite larme a roulé sur son visage délicieux, dans la précipitation elle s’est écorchée contre les épines d’un rosier. C’est à se demander qui est le plus délicat. Une fois de plus elle se reprend, ça a tout l’air d’être une constante. Distraitement Ebène éructe quelques mots à peine humain. La chair ivoire et boursoufflée qui zèbre ses bras et son poitrail semblent intimer l’humilité à la jeune fille, il comprend mal pourquoi : ces stigmates se veulent bienheureusement intimidants, mais leur origine est antérieure à la première mort. Les âmes souffrent, il n'y a pas de hiérarchie dans la douleur. Seule Thémis sait ce qui a valu à l’homme de pareilles blessures. Il flotte une sympathie sans réserve sur les traits de la nymphe, un raclement de gorge fait office d’assertion.

Avec intensité il fixe Psychê, pas d’intentions précises, juste le besoin monstrueux de faire sien tout ce qui réclame une trop grande liberté de mouvement. Et lentement mais sûrement, le rituel se met en marche. Il quitte sa peau d’ours, se transforme en homme civilisé, expression sociable, mais que peut-il bien y connaître ? Si cette soudaine métamorphose pouvait intimer à la jeune un peu plus de méfiance, elle ne s’en porterait que mieux.
« puis-je connaitre votre nom ? »


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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Lun 1 Juin - 14:36


Je marche vers les ténèbres
Vers l’horizon funeste
Mais la vie qui m’entoure et me baigne
Me dit quand même ça vaut la peine


C'est à son tour d'être devisagé. Dans ce sens, le contact visuel est quasi insoutenable, sans qu'elle n'en saisisse la raison. C'est une appréhension qui coule en elle, de cette même inquiétude qu'elle revêt lorsque qu'elle avance en terrain inconnu. Elle ne maîtrise pas la notion de "différence" à l'instar de ce contraste entre cet homme qui l'étudie, et elle. Il existe à Rhode toute une kyrielle d'individus aussi originaux les uns que les autres. Hommes, femmes, enfants. Comme la notion de vieillir ne fait pas état sur Libra, il n'est pas surprenant de voir une petite fille faire preuve d'une certaine maturité qui ne se manifestera que très peu chez un esprit présentant des rides, acquises dans sa précédente existence. Aussi, Psychê a pris l'habitude de ne pas se fier à l’aspect de telle ou telle âme et ce, peu importe la surprise que la première impression pourrait lui servir.

BLEU NOIR & ROSE BLANCHE



L'attitude du brun change de façon radicale, ce qui n'affecte pas la sylphide. Après tout, n'a-t-elle pas agi de façon similaire ? Ainsi, elle étire un petit sourire tout en glissant une mèche derrière son pavillon auditif d'un geste gracieux de la main. Il lui demande son nom : c'est une question fort intime dans la mesure où toutes les âmes humaines de l'éden le choisissent à leur arrivée. Du moins, c'est ce que la rouquine pense, puisque tel a été son cas. Le nom représente ainsi l’individu dans son absolu, dans sa nudité. Il est ce coeur subtil que l’âme possède. Psychê accorde beaucoup d’importance aux noms. Lui demander le sien, c’est faire preuve d’un intérêt particulier, une notion de partage. Le nom est une émotion, un port d’attache. En être dépourvu, signifie ne pas exister. Ni pour les autres, ni pour soi-même. Elle s'approche du ténébreux, lève lentement sa main vers son visage sans le toucher,  ni le frôler. Elle imagine une aura bleu-noir entourant le brun, halo sombre qu'elle caresse du bout des ongles.

- Psychê. Cela veut dire à la fois âme, et papillon. C'est un nom grec, antique.

La nommée connaît une légende entourant ce nom qui est le sien par évidence. Elle ignore si le mythe est issu de souvenirs réels lui appartenant, ou s'ils sont fictifs. Ne désirant semer le doute en elle-même, elle ne s'interroge pas à ce sujet, n'émet pas la moindre hypothèse. Elle vit, agit, et avance au gré de ses envies.
Son expression change, passant de la rêverie à la confusion. Poussant un petit rire, elle s’agenouille devant quelques camélias dont elle effleure les pétales.

- Enfin, à supposer que la Grèce ait un jour existé.

Et que le terme d’antiquité ait un sens pour qui n’a aucune notion du temps. Tel est le cas de la demoiselle. Le flou qui entoure cette notion reste présent et pourtant, la petite âme fragile d’apparence ressent ce flot insondable qui s’écoule avec eux, avec tous et tout à la fois. Une entité sur laquelle elle veut se baser, et ainsi mieux savourer son existence. C’est une réminiscence, un rappel de son ancienne vie qui ne la quitte pas et qui a pour base la couleur du ciel et la saveur des températures. Cependant ici, elle se sent perdue : il fait beau, presque chaud. Psychê, qui apprécie de ressentir quelques frissons pour mieux se sentir vivante, ferme les yeux et attend que vienne à elle le petit vent de la montagne. La majestueuse est pourtant bien trop loin pour envoyer cette pureté lui provoquer un quelconque tressaillement. Le papillon se redresse, ferme les yeux pour ne pas se laisser transparaitre sa mélancolie dûe au mal de sa région.

- Sauriez-vous, sombre inconnu, si Rhode est proche d’ici ?

Elle n’imagine pas à quel point elle ne peut être plus éloignée de cette contrée paisible si chère à son coeur qu’en cet endroit. Pourtant, le décor floral est somptueux ; il lui serait plaisant de rester un moment en ce lieu idyllique. Le changement d’air est amer, sec, oppressant, mais la brise qui s’immisce le long de ses mèches brûlantes est un repos qu’elle savoure à chacun des survol de l’invisibilité contre son essence apparente. Toutefois, elle ne peut résister à la tentation de lui retourner sa demande. Aussi lève-t-elle son émoi vers l’abîme de l’homme.

- Mais avant tout... il me plairait vraiment de connaitre également cette appellation qui vous définit.

Ce faisant, elle tend son bras où un bouton de rose Avalanche, dépourvue quasiment de tige, s’est égaréenon loin des camélias pour finir dans la main de la petite vierge quelques instants auparavant. Elle lui en fait présent.


Rose blanche: Respect profond, innocence & sentiments purs.


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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Mer 3 Juin - 20:03


sieste sous le pommier

    Grec, antique.  Les mots flottent dans son esprit sans qu’il puisse en résoudre les énigmes. Mais par son assurance, Psychê les rend plus vrais.  Il est curieux de voir ces personnalités littéralement opposées flirter l’une avec l’autre comme si elles pouvaient trouver un terrain d’entente. Aux oreilles d’Ebène, son est doux et consistant, il en dit long sur celle qui le porte avec pudeur et mystère. Il ne lui trouve cependant rien d’innocent. Et l’innocence, il faut dire qu’il sait la reconnaître quand il la croise, quelle ironie !

Ses yeux se posent sur son visage, elle sourit. « Elle joue » ne peut-il s’empêcher d’ajouter pour lui-même. Il souffre des paradoxes de l’amant jaloux, s’émerveille de ce qui se trouve sous ses yeux mais ne peut s’empêcher d’attiser patiemment sa paranoïa. Il se mire dans les yeux de Psychê comme si ceux-ci pouvaient trahir les sombres desseins de l’âme. On ne peut pas lui reprocher cette faiblesse, il a trop souffert des moqueries et n’est pas assez intelligent pour percer à jour le double jeu. Ce bras en suspens, tout près de son visage semble saisir des vérités auxquelles il n’a pas accès. Il le prend pour prétexte d’une plus grande intimité. A cette distance il lui semble ressentir la chaleur d’une caresse, un doigt qui s’égare sur une joue. Tout n’est que douceur et supplice, lentement, la damnation fait son œuvre.

La chaleur rend les odeurs plus puissantes. Les sourires diffus de Psychê embaument les camélias. Soigneusement, il articule.
- Et bien… Psychê … vous n’êtes pas précisément en chemin pour Rhode.  Son regard juge.

Il observe ostensiblement la tenue de la jeune femme, lui fait comprendre qu’elle n’est pas préparée à ce voyage. Il tourne la tête vers l’amont du chemin qu’il a quitté et l désigne du menton. Peu importe qu’elle entreprenne une marche à laquelle elle risque de ne pas survivre, après tout, au-delà de ce que la chair peut lui apporter, il ne se soucie pas du destin des autres âmes. Les aléas du destin sont indicibles et Ebène ne se risquera pas à changer les choses.

Il compte bien cependant se délecter encore de la nymphe, jusqu’à ce que, contraint par sa condition il ne trouve plus aucun plaisir à ce commerce.
- Mais si j’étais vous, je descendrais plutôt vers Ethernite. Il n’y a rien à voir par-delà les monts brumeux. Poursuit-il sans réfléchir, pour combler le silence.

Elle doit être bien jeune, car aucune âme aussi pure et sans défense ne peut traverser l’existence sans y laisser des plumes. Cela ne fait aucun doute. Le double jeu doit être sa protection, la plus efficace contre le malheur. Ebène refuse de croire en sa parfaite innocence, dans l’Eden de Justice, il serait impensable qu’une âme bénéficie d’un traitement de faveur, qu’elle soit épargnée par la souffrance.

Il se fourvoie. Lui ôte toute dignité, oblitère ses sacrifices et ses douleurs. La jalousie le dispute à l’envie, quelque chose de grandissant qui se rapproche dangereusement du désir. Il le saisit de la fleur qu’elle lui tend gracieusement et conserve ses doigts avec, non, il n’est pas romantique, mais il sait fort bien profiter de la situation pour la faire tourner à son avantage.
- Je m’appelle Ebène, et je vous garantie que quoique vous cherchiez, il n’est pas nécessaire de pousser jusqu’à Rhode pour l’obtenir.


(hs: désolée si c'est un peu confus, ça reflète mon état d'esprit :s)
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MessageSujet: Re: Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]
Lun 15 Juin - 20:00

FEU DIVIN
noblesse scintillante



Psychê la Naïve, ne remarque pas les regards quasi-insistants que portent l'homme sur l'état de sa tenue. La jouvencelle s'est déjà transportée ailleurs, au delà de l'ardeur du milieu pour accorder la moindre importance au concret de la situation. Elle aime entendre son nom prononcés par les lèvres fines de l'individu qui, avant d'annoncer le sien, n'est déjà plus un inconnu. La douce ne saisit pas ce qu'il lui communique sans parler. Et même en parlant, la rouquine flotte dans l'incompréhension totale. Elle a demandé son chemin, celui vers la destination qu'elle convoite, et il lui en recommande une autre. C'est un autre sourire qu'elle étire : elle imagine de la part de cet homme mystérieux, un moyen de faire la conversation. "Descendre en Ethernité". Descendre ? Lui faut-il aller en dessous de la surface pour découvrir une autre cité ? Est-elle aussi sombre que celui qui la pousse à s'y rendre ?

Elle lève lentement les yeux au ciel, vers ces nuages qu'elle s'invente à défaut de pouvoir en apercevoir à ce moment précis. Jamais elle n'a vu un ciel pareil dans sa contrée. Il s'attaque à elle de ses rayons transperçant le lait de sa peau fragile. Les monts du Nord si hauts, si puissants, lui ont toujours offert un abri lorsqu'elle en avait besoin, de même que la Forêt. Toutefois, malgré le péril que représente le Soleil, elle se sent le désir de le ressentir ne serait-ce qu'un peu. C'est ainsi qu'elle se sent vivre. Pour cela, nulle nécessité de voir ce qu'il se trame au delà des Mont Brumeux, car juste le fait d'admirer ces derniers, de communier avec leur force convient à son bien-être.


"Le noir fait chanter toutes les autres couleurs ; si tu passais dans un champ de coquelicots, ils paraîtraient bien plus rouges. Et sous tes ailes d'ébène, au temps des moissons, l'or des blés scintillera plus fort encore."


Contact intime par la proximité des doigts qui s'effleurent, qui se touchent autour d'un bouton de rose blanche. Psychê en perd son sourire, mais là n'est pas manifestation d'un ennui. Le contraste de leurs peaux totalement différentes autour d'un message innocent renvoie la fine vierge vers d'autres allégories. Celles de la paix, de l'harmonie, d'un repos souhaité. La main de l'homme est abîmée, mais point effrayante ; la majorité des paysans et autres manuels de Rhode ont des marques propres à leur labeurs, tracées sous formes de lignes de vie sur leurs paumes en plus des callosités usuelles. La rouquine laissera un moment ses iris admirer l'histoire de celles d'Ébène. La toge de la pucelle se libère lorsque son autre petite menotte la libère pour préférer prolonger le contact sur les doigts abîmés de l'obscur. Ses phalanges forcent l'Avalanche à se retirer dans le creux la poigne de son nouveau propriétaire pour mieux retracer les cicatrices diverses. Une bretelle chut lentement, en même temps qu'une anglaise.

- Le tronc d'un arbre brut d'apparence peut parfois masquer un bois noble, dense, plus élégant que certains diamants.

Elle remonte ses pupilles vers Ébène, l'étirement de ses lèvres est plus léger désormais.

- Vous avez un très beau nom, Ebène.

Avec douceur, elle s'en va quérir l'autre main du susnommé, la faisant rejoindre sa jumelle symétrique afin de leur faire prendre la forme d'une coupe, portant le bouton de rose. Psychê romp alors le contact puis fait quelque pas en arrière. Elle observe ce tout qui s'offre à elle dans sa magnificence. C'est alors une allégresse qui l'englobe toute entière. Sous le Soleil menaçant, aucune beauté, pas même celle de la plaine fleurie juste à côté ne semble égaler celle de cet homme qu'en cet instant présent.

- Il existe une variété d'arbres appelé Diospyros. "Dios", monarque divin. "Pyros", le feu.  La noble ébène, est un diospyros.

Psychê fabule en voyant la rose fondre entre les doigts d'Ébène. La fleur va disparaitre bientôt. Elle disparaitra pour renaitre ailleurs, laissant le souvenir de la rencontre de ces mains altérées sombrer dans un néant inaccessible.

- Vous dites que quoi que je cherche, il n'est pas utile que j'aille jusqu'à Rhode ? Je n'ai nulle envie de me rendre au delà des Monts Brumeux. Tous ce que je souhaite....c'est rentrer chez moi.

Mais pour cela, il lui faut connaitre le chemin. Elle ne cherche pas à savoir comment elle s'est retrouvée dans ce lieu inconnu, magnifique d'apparence tandis que son ciel la dévore en douceur. Si Ébène ne semble enclin à lui apporter une quelconque aide, ainsi soit-il. Psychê patientera au pied du pommier que la Providence se manifeste sous une autre forme. Peut-être serait-elle ainsi chez elle avant la tombée de la nuit. Amorçant d'autre pas en arrière, elle pense alors remonter ce Temps que personne ne devine, et ainsi jusqu'au pommier.


(hs: pas si confus que tu ne le penses ;) Je l'ai trouvé très bien, ton post. En revanche, on rentre vraiment dans le tordu avec Psy, c'est parti \o/ =D )


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Ô philosophie, dis-moi des élégie [Ébène <3]

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