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 Le Ravissement. (Morphine)

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MessageSujet: Le Ravissement. (Morphine)
Jeu 26 Fév - 22:15

Il la cherche, encore et toujours, un peu comme s'il s'agissait d'une nouvelle obsession. Il la cherche avec méthode, en ratissant chaque zone avec attention, veillant à ne jamais négliger un endroit où elle pourrait se cacher. Il la cherche incessamment depuis quelques jours. Mais il ne la cherche pas par obsession. Il la cherche avec la tête, comme on se fatiguerait à chercher quelque chose dont on aurait besoin, sans pour autant avoir envie de se mettre en quête. Zohar ne se serait jamais lancé dans cette recherche sur un coup de tête ; cela ne lui ressemble guère, lui qui passe son temps à évaluer les choses pour essayer de déterminer ce qu'il pourra en tirer - dans le meilleur des cas, tout simplement le bonheur. Il l'a fait car cela entre dans la droite lignée de cette quête dans laquelle il s'est plongée depuis son arrivée sur Libra. La quête de la joie de vivre. Zohar veut trouver quelque chose qui le ravira, dans les deux sens du terme. Ce qui fera naître un sourire sur son visage. Et ce qui l'entraînera dans un état d'extase. Zohar ne demande qu'à être ravi par l'existence. Toutefois, cette dernière ne semble pas vouloir frapper à sa porte.

Alors c'est une recherche nouvelle qui occupe désormais Zohar. Il est pourtant allé très loin, et il a compris quelque chose : qu'il a besoin du contact des autres. Et puis, voilà que son chemin croise celui de cette vagabonde. Cette jeune femme qui incarne la dépendance. Zohar a senti qu'il y avait quelque chose à exploiter. Cela n'a rien eu de magique. Il n'y a pas eu un éclair où le coiffeur s'est rendu compte qu'il venait de faire une rencontre qui allait bouleverser son existence. Non, il est rentré chez lui, s'est fait à manger, puis est allé se coucher très tôt - la nuit venait à peine de tomber -, et c'est là qu'il y a réfléchi. Au fond, ce qu'il recherche, n'est-ce-pas précisément une forme de dépendance ? Peu importe laquelle. Il lui faut quelque chose pour combler ce manque. Il lui paraît évident que lorsqu'on est accro à quelque chose, alors ce manque disparaît. Puisqu'on a quelque chose pour occuper son cœur.

Alors Zohar tourne autour de Morphine, comme l'abeille tourne autour d'une fleur. Dans l'espoir de pouvoir en tirer quelque chose. Elle ne le fuit pas, au demeurant. Elle ne semble pas désirer ardemment sa compagnie, mais le coiffeur l'aurait senti si elle l'avait rejeté. Non, d'une certaine manière, cela ne la gêne pas - voire même cela l'arrange. Il paraît qu'elle a les dons de plonger les gens dans la dépendance. C'est tout ce que demande Zohar. Même si, pour le moment, rien ne s'est produit. Il est toujours le même type au cœur vite et à la tête emplie d'idées froides. Cet homme qui ne tire de plaisir ni à faire du bien, ni à s'enfoncer dans le mal. Mais il en a toujours l'espoir. Cela peut se produire, peut-être. S'il attend assez.

L'air est un peu frais ; cela n'a rien d'étonnant. Autour de lui ne brille que stalactites, stalagmites et autres éléments faits de glace. C'est presque douloureux pour les yeux, par moment, tant la glace brille quand un peu de lumière se jette sur elle. Zohar plisse les yeux, s'efforçant de suivre du regard Morphine. Perdus. Peut-être sont-ils perdus dans ce labyrinthe de glace, il ne saurait dire, pas plus qu'il ne se souvient de pourquoi ils sont entrés par là. Y a-t-il une véritable raison, d'ailleurs ? L'essentiel, c'est qu'ils sont désormais là, et que Zohar ne se souvient plus trop bien du chemin menant vers la sortie. Ce n'est pas si grave. Cela lui fait un aventure - un événement parfaitement propice à réveiller quelque chose en lui. « Par hasard, te souviens-tu des endroits où nous sommes passés ? Ma mémoire me joue des tours et je ne sais plus trop bien où nous sommes. » Le coiffeur secoue lentement sa tête, laissant ses longs cheveux blancs se balancer. Il porte de plus des vêtements très clairs ce jour-là - sans qu'il puisse expliquer pourquoi il a opté pour ce gris d'une pâleur maladive -, et il pourrait presque se confondre dans le paysage. Une sorte de caméléon vivant. « Oh, laisse tomber. Je préfère ne pas savoir, au final. Du moment que tu es là... » Il a conscience que cela pourrait être vu comme une tentative de flirt - mais on parle de Zohar. De telles intentions ne sauraient lui être imputées. Pour aimer, il faut avoir un cœur. Et le sien semble être aussi gelé que les parois de cette splendide grotte.
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Sam 28 Fév - 2:55

Froid. Il fait froid. Elle grelotte, mais tente de paraître forte ; le froid ne pouvait prendre le dessus sur elle, c'est elle qui le prendrait de force, car elle ne pouvait se montrer faible devant quelconques situations. L'air gelé lui glisse dans la chevelure, la faisant frissonné légèrement ; elle se fondait dans la masse, jolie poupée de cristal ; plutôt poupée de chiffon. Le regard sur sa personne se fait pourtant chaleureux, elle sait qu'elle n'est pas seule, elle sait que quelqu'un veille sur ce qu'elle est ; Morphine y croit, la demoiselle aime y croire, éphémère. De son doigt, la jeune femme parcourt cette cavité de glace, avec délicatesse et parcimonie ; aussi frêle que ne pouvait l'être une enfant.

Elle marche avec nonchalance, scrute chaque recoin. Que faisaient-ils ici ? Pourquoi était-elle en la compagnie de Zohar ? Elle ne s'en souvenait plus, parce que ce n'était pas important. Ce qui l'était en revanche, c'est qu'elle n'était pas seule, elle se trouvait en la compagnie de quelqu'un, d'une personne qui lui tournait constamment autour et dont elle ne comprenait le but. Elle était avec quelqu'un qui semblait l'apprécié, qui attisait son but, qui la motivait en ce sens ; vicieusement instable. Son regard bleu de glace recherche une issue dans ce monde enchanté qui lui ressemble, ombre factice glaciale et n'ayant aucune émotion à proprement parler ; foutaise, tu es bien plus humaine que certains, en tout cas, plus que tu ne veux le croire. Les bras se baladent loin du corps, dans une danse harmonieusement fragile, Morphine ne sait pas ce qu'elle fait, mais elle le fait quand même ; parce qu'elle vit et sa dépendance en la vie n'a pas de prix, n'a pas de noms.

Zohar est calme, il est toujours calme, elle ne sait pas qui il est vraiment, elle ne s'est jamais vraiment posée la question ; petite idiote qui accepte n'importe qui à ses côtés sans se soucier du reste. Elle aimait sa compagnie, l'entendre parler, la sonorité de sa voix, sa façon de poser les mots. Il était à la fois simple et compliqué, surprenant comme un livre que l'on dévore, dont on ne veut perdre aucune miette. Il lui inspirait tellement de choses, mais lui faisait peur aussi ; car les intentions des gens à son égard sont à la fois inquiétantes, mais attirantes. Morphine, tu es si bizarre, si peu normal.

Morphine, tu es si fragile, à l'apparence presque juvénile, mais à la fois si forte, si brillante, si exaspérante. Les gens t'aiment et te détestent, t'approche et te délaisses. Zohar agirait-il ainsi ? Non. Il n'en était pas question. Elle ne le supporterait pas. Plus jamais l'abandon, plus jamais la solitude. Sa danse se termine dans un mouvement nonchalant, on pouvait y lire une mélancolie, une détresse sans pareille ; dans chaque mouvements, chaque regards, on pouvait deviner ce qu'elle était. Le silence est pesant, mais il ne dure pas longtemps, car Zohar élève la voix, une voix qu'elle apprécie, une voix qu'elle pourrait reconnaître entre milles ; sa voix à lui.

▬ Par hasard, te souviens-tu des endroits où nous sommes passés ? Ma mémoire me joue des tours et je ne sais plus trop bien où nous sommes. 

Si seulement, si seulement sa mémoire ne lui jouait pas des tours à elle aussi. Elle se fiche bien de savoir où elle se trouve, si Morphine n'est pas seule, elle veut bien rester ici. Quitte à mentir, car elle est très forte pour ça. La dépendance, soit dépendant d'elle Zohar, berce-toi d'illusions, laisse là te charmer pour mieux te piéger ; mon dieu que tu es horrible Morphine de penser ainsi. Ses dents sont serrées, c'est fou ce qu'elle pouvait se détester de penser de cette façon.

▬ Oh, laisse tomber. Je préfère ne pas savoir, au final. Du moment que tu es là...

Et voilà. Qu'est-ce qu'elle disait... ? Il était surprenant, surprenant comme un bouquin que l'on dévore. Surprenant comme un film qui vous transporte, qui vous traverse. Elle pourrait s'évaporer en cet instant ; tout est si fragile, te voilà fébrile Morphine. Elle ne dit rien, se contente vainement de sourire, ce sourire si chaleureux, qui se dépose sur ses lèvres de façon gracile. Avec la maladresse d'un nouveau-né, elle se retourne avec rapidité. Aussi fragile qu'un poussin, les jambes aussi faibles qu'un poulain ; elle tombe, doucement. Si elle s'attendait à ce qu'il dise ceci ? Non. Parce que ce n'était pas normal. Si cela sonnait naturel à ses oreilles ? Non. La dépendance est vicieuse, la dépendance est cruelle, elle vous berce, vous fais croire ce que vous voulez croire. Jusqu'à ce que vous réalisiez que la dépendance n'est qu'une illusion, un fruit de votre imagination que vous conforte votre jolie tête. C'est ce que tu es Morphine, c'est de ça que tu es née... Il faut que tu t'y fasses. Ses prunelles glacées fixent Zohar, un regard plus éloquent que des mots, un regard presque inquisiteur, telles un fusil qui vous criblent de balles. Un regard si dur, si froid, mais si redevable... Elle voulait y croire. Mais comment croire ? Que croire ?

▬ C'est ce que je me suis dit, tu sais ? Que ça m'était égal où je me trouvais, tant que tu étais avec moi...

Qu'elle lâche avec honnêteté, avec la franchise d'une enfant, avec la voix à moitié enrouée. Elle était fragile, elle l'était de plus en plus avec lui ; avec les gens en général. Morphine n'était qu'une poupée de chiffon, une poupée qui subissait au quotidien sans un mot, sans rien dire, car c'était bien plus simple ainsi, pour ce faire accepter, pour être apprécié. Elle se fiche d'être brutalisée, frapper, blesser, tant qu'elle n'est pas seul, tant que les gens reviennent vers elle... Si misérable. La dépendance rend misérable, rend faible, rend si faible...

▬ Zohar. Même si ce que tu as dis est un mensonge...

Ne marque surtout pas de pauses, pas maintenant, ce n'est pas le moment. Elle se relève, avec force, le regard droit, un sourire délicat naît sur ses lèvres, les coins s'étirent, les yeux rieurs de concert avec ce denier, elle le regarde avec toute la tendresse qu'elle pouvait émaner.

▬ Et bien, merci pour ce doux mensonge.

Un pied devant l'autre, forte, être forte, les épaules droites, ne pas vaciller, elle le dépasse une fois, ne s'arrête pas, continue sa marche frêle, mais déterminée. La sortie n'était pas si loin, ce n'était plus la peine de mentir, ce n'était plus la peine de se bercer d'illusions, mais pourquoi désirait-elle ardemment rester ici, coincer ici, avec lui ? La dépendance... C'était tellement compliqué à vivre, tellement dur à supporter, mais intensément attirant, renversant. Son pas se fait un peu plus lent, son regard se pose de nouveau sur les parois de glace qui lui ressemble, tant en apparence qu'intérieurement. Ses cheveux d'un blanc purs s'unissaient à ce décor presque aussi sélénite que les rayons de la lune ; sur ce point, Zohar lui ressemblait vraiment.

▬ Je crois me souvenir du chemin...

Essaye Morphine, tu ne peux qu'essayer.

▬ Tu ne veux vraiment pas le connaître ? Ma seule présence te suffit-elle vraiment ?

Pas humaine, pas normale, mais ce regard si dur, si fort, si intense... Si attirante, si renversante, si exaspérante. Elle le sent, quelque chose se brise, s'échappe de son corps. Oui, c'était ça, elle s'évapore.
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Sam 28 Fév - 18:35

Il n'y a que Zohar pour se sentir plein d'espoir dans cette situation a priori désespérée. Pour ne pas se sentir dérangé par le froid ou l'inquiétude qu'il pourrait y avoir à l'idée d'être perdu - non, décidément, il est tout aussi froid que la glace qui compose les murs de cette caverne. Il s'étonne lui-même de ne point ressentir une telle angoisse. Ce n'est pas une question de responsabilité. Serait-il seul, il se comporterait exactement de la même façon. Bien sûr, il se demande comment ils vont s'en sortir. Ce serait assez embêtant d'errer à travers la grotte jusqu'à ce que mort s'ensuive ; le fait qu'ils reviennent à la vie après un décès ne veut pas dire que mourir est agréable, au contraire. Et périr de froid et de faim n'est guère une fin que souhaiterait Zohar. D'un autre côté, il ne connaît pas vraiment de mort qui en vaille la peine - et il ne se souvient pas de la sienne. Cette idée le perturbe plus que le fait de mourir à nouveau. Peut-être est-ce le fait de ne pas réussir à s'en souvenir. Ou peut-être est-ce l'idée que c'était la première fois. Et qu'il mourra sans doute encore, et encore - mais pas de vieillesse, au moins.
Vu son corps de trentenaire, il doute être mort de vieillesse.

Sa voix a brisé le silence un instant, avant de s'éteindre à nouveau. Il se rend bien compte de l'idiotie de la situation. S'il n'avait pas cherché à être accro à tout prix, alors il ne se serait pas embarqué dans cette situation. Avec cette jeune femme qui ne semble pas céder à la panique, elle non plus, mais qui ne peut plus prétendre croire que Zohar sait où ils sont. Il vient d'admettre son ignorance, sans scrupule, sans se dire qu'il aurait dû maintenir les illusions. Au fond, la situation le satisfait telle qu'elle est. C'est l'occasion rêvée d'en découvrir plus sur elle, et sur les mécanismes de la dépendance. Sur ce merveilleux système dont Zohar se sent exclu - avec force injustice, car il est censé être un sauvé malgré tout. Il sait qu'il pourra le récupérer. Que c'est son absence de souvenirs, l'idée qu'il est mort qui le bloque ainsi. Il n'empêche qu'avec Morphine, il entrevoit une solution.

Elle lui sourit, elle lui sourit tout gentiment, sans pour autant parvenir à faire fondre la glace. Un sourire ne parvient pas à le rendre dépendant - il a besoin de plus. De beaucoup plus. De quelque chose de transcendant. Toutefois, Morphine renferme-t-elle une part de transcendance en elle ? Là est la question, et il ne saurait y répondre pour le moment. Voilà pourquoi il doit rester avec elle. Elle lui répond en reprenant ses paroles, avec ses propres mots. Qu'importe ce qu'ils font, du moment qu'ils sont ensemble. On dirait presque un couple - mais il sait à quoi s'en tenir. S'il peut sombrer dans la dépendance, cela ne pourra que la satisfaire. Zohar s'est toujours demandé ce que cela faisait que de naître d'une idée. Mais lorsqu'on naît d'une idée aussi douloureuse que la dépendance, on doit constater avec plaisir la présence d'une personne qui s'accroche avec vous. Alors Zohar lui sourit - mais c'est presque uniquement de la politesse. Il n'y a pas vraiment de joie dans sa posture intéressée. Il veut être avec elle, mais il ne saurait apprécier réellement sa présence. Au fond, c'est terriblement triste. Elle est condamnée à n'être jamais qu'un moyen à ses yeux, ou une idole ; mais elle ne sera jamais une vraie personne.

« Je ne mentais pas. » Peut-être est-il insensible à la personne qu'elle est véritablement. Peut-être ne s'intéresse-t-il pas vraiment à elle, ne cherche-t-il qu'à satisfaire ses propres objectifs. Il n'empêche qu'il ne ment pas. « Je ne suis pas du genre à rassurer les gens. » Et il le regrette, d'une certaine manière. En même temps, comment pourrait-il les rassurer, alors qu'il est tout simplement incapable de se rassurer lui-même ? Il peut toujours arborer cette façade calme et tranquillisante ; essayer de faire comprendre aux autres pourquoi ce qui leur fait peur ne l'effraie pas forcément ; mais il n'a pas la force qui permet à un homme de surmonter ses peurs profondes. D'une certaine façon, elles le dominent, elles le manipulent ; son destin est lié à cette peur du vide. Peut-être y avait-il de l'amertume, dans sa voix. Ou peut-être n'était-ce qu'un banal accent comme un autre. Il secoue lentement la tête quand elle lui propose de lui indiquer le chemin vers la sortie. « C'est inutile. Il n'y a rien de bon qui m'attend au dehors. » Rien de mauvais non plus, quand on y réfléchit. Pour le moment, rien ne lui semble plus tentant que de rester avec elle. Alors il s'approche et lui prend doucement la main. « Je préfèrerais que tu me perdes. Enfonce-toi avec moi. »
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Sam 28 Fév - 19:50

▬ Je ne mentais pas.

« Menteur. » Ce mot résonnait dans sa tête comme un disque qui bug, comme un disque qu'on a trop écouté, qui se relance sur le même endroit rayé. Il mentait, c'était évident, d'une évidence incontestablement bienveillante ; ou peut-être pas. Morphine se contenta de baisser la tête, toujours son sourire mélancolique suspendu sur le coin de ses lèvres ; si c'était si facile de lui mentir, c'était facile pour elle de déceler le mensonge. Elle continue sa marche, délicate, vers la sortie, vers l'endroit tant convoité. Il voulait sortir, c'était forcé, sinon il risquait de congeler sur place ; tout comme toi, même si la mort ne risquait pas de vous atteindre, la mort est un concept que tu ne connais pas Morphine, que tu ne connaîtras jamais, mais qui t'attire étrangement. Côte à côte désormais, vous marchez au même rythme et ton cœur bondit dans ta poitrine. Cette proximité avec quelqu'un la rendait heureuse ; mais comme d'habitude, ce n'était un sentiment que seule elle, pouvait ressentir ; car la dépendance la rendait ainsi, suffisante. Elle entend le vent, elle peut le sentir, il entre dans cette cavité de givre, se colle un peu plus à leur peau, mais ce n'est pas quelque chose qui la dérangeait ; parce qu'au fond, elle est aussi froide que les parois de cet endroit.

▬ Je ne suis pas du genre à rassurer les gens.

Sur ce point, vous étiez différents, parce que toi Morphine, tu fais tout pour être bienveillante, accueillante, chaleureuse, même si ça ne marche pas. Elle se contente de sourire encore, légèrement, un sourire qui est marqué au fer rouge sur son visage de glace ; de poupée de givre, de poupée de chiffon. La marche se fait encore un peu plus lente, le perdre en son antre, ne pas le laisser s'enfuir, le rendre dépendant, à n'importe quel prix. Le sourire s'estompe, laisse place à un regard plus sombre ; inconsistante. Garder la tête haute, ne pas se laisser happer, ne pas se laisser dévorer par le reste, seul son but comptait, au diable le reste, au diable les états d'âmes. Zohar était différent, difficile à berner ; il la rendait folle, curieuse. Il l'exaspérait et pour cela, elle l'admirait. Sa présence lui convenait, lui suffisait, la comblait, mais ce n'était pas ainsi que l'histoire devait s'écrire. C'était à lui de succomber, de ressentir ce genre de sottises. Il devait devenir un de ses adeptes, lire dans ses tablettes, baisser la tête et la perdre, totalement. Morphine, silencieuse et incohérente. Morphine, vicieuse en phase latente. Zohar, tu vas devoir y mettre du tien, car elle sent qu'elle n'y arrivera jamais...

▬ C'est inutile, il n'y a rien qui m'attend dehors.

Il l'avait senti ? Il avait compris qu'elle le dirigeait bien vers la sortie ? Elle aurait dû le savoir, elle n'était pas vraiment très douée pour cacher ses véritables intentions ; sa nature ressortait bien trop souvent et lui qui connaissait sa naissance, devait l'avoir comprise mieux que quiconques. Ses dents s'entrechoquent, croisent le fer, elle sert avec rage, avec tristesse. Pourquoi était-ce si difficile avec lui ? Si elle s'éloignait, il n'en aurait strictement rien à faire. Morphine, tu commences à perdre patience, où est passée ton intelligence ? L'un de ses poings est serrer à son maximum, les jointures de ses doigts blanchissent, blanchissent, rougissent. Une perle de sang coule, lentement... Elle n'était pas une poupée faite de porcelaine, ni de glace, elle avait la même corpulence qu'un humain ; et ressentait la même douleur, la même souffrance. Elle devait desserrer l'emprise, relâcher la pression, ne pas se faire piéger à son propre jeu. Sa main finie enroulé dans son pull, il ne devait pas le remarquer, il comprendrait aussitôt qu'elle était agacée ; mais pourrait-elle lui mentir indéfiniment ? Épreuve insurmontable, barrière de son cœur infranchissable, exécrable Zohar.

▬ Je préférerais que tu me perdes. Enfonce-toi avec moi.

Sa main vient d'envelopper la sienne ; mais aucune chaleur bienveillante ne s'en dégage. Il est aussi froid que toi Morphine, tu le sais, tu l'as compris, mais tu ne l'as pas acceptée. Tu ne l'accepteras jamais. Elle aimerait se dégager de cette étreinte qu'il lui offre, mais sa nature l'en empêche, quelque chose la bloque, sidérée. Ce n'était pas ainsi que les choses devaient se passer. Elle l'adorait autant qu'elle le détestait pour être ainsi. Il était différent, si étrange, si impossible à atteindre... Morphine, c'est à force de persévérance qu'on arrive à ses fins. Alors elle s'arrête net, fixe le sol gelé, le contemple avec insistance, ne lâche pas la main de cet homme si agaçant. Ses genoux heurtent le sol et son regard entre en contact avec celui de Zohar, un regard froid, presque accusateur ; persistante. Dans ses yeux il pourrait lire ce qu'elle lui ordonnait ; assis-toi Zohar. Si c'est ce que tu désires vraiment, si tu veux vraiment qu'elle te perde, obéis lui.

▬ Alors assis-toi. Je te perdrais dans mon antre.

À quoi bon jouer à un jeu auquel il ne prendra jamais part ? Un jeu auquel il ne succombera point ? Jouer la carte de la franchise, dévoiler son jeu, dévoiler sa stratégie, sacrifier ses pions. Elle reste assise, à le fixer, à attendre. La droiture de son regard ne change pas ; il ne peut plus changer. Son masque changeait comme elle changeait de vêtements, comme elle mixait les combinaisons d'alcools dans son bar. Elle était un tout, un rien, quelqu'un de prévisible, mais d'inconstant, d'incohérent, de contradictoire.

▬ Je peux t'attacher, te torturer, te déchiqueter aussi, je ne lésinerais devant aucun moyen pour que tu restes ici avec moi.

Sa franchise naturelle, un regard si pur, si froid, si détestable. Il devait le savoir Zohar, en cet instant, elle était plus sérieuse que n'importe qui. Tu es dangereuse Morphine. Tu es vraiment dangereuse ; car tu es capable de tout. Sa main blessée, posée sur la surface de la glace apaise la douleur, mais rougit légèrement à ce contact. Le sol blanc, si pur, devenait un peu rouge, salit par son sang impure. Qu'il reste, qu'il s'assoit, qu'il se perde ; au pire, elle lui sectionnerait les jambes s'il tente de partir, de quitter son chevet.

▬ Tu sais très bien que j'en serais capable, n'est-ce pas Zohar ?

Pourquoi lui demander Morphine ? Pour le faire fuir ? Pour le faire rester ? Pour qu'il te teste ? Non. Rien de tout ça. Elle s'était avant tout posée cette question à elle-même. Oui, elle serait capable de lui faire du mal, mais la demoiselle serait forcée d'accepter le regret d'avoir commis pareilles atrocités. Elle le détestait, en cet instant, ce sentiment détonant qui était capable de la faire sortir de ses gonds à n'importe quel instant. Elle le détestait pour ça, pour ce qu'il était en train de la faire devenir. Sa main resserre son emprise, les sourcils se froncent un peu plus, son regard se fait de plus en plus transperçant, inquiétant.

▬ Je sais ce que tu recherches Zohar et je veux te l'offrir plus que quiconque en ce monde... Mais si tu es réticent, je peux aussi bien user de la force brute.

Elle tire un peu plus en avant, afin que leur visage se rapproche, afin que son front percute le sien, afin que ses iris se reflètent dans les siennes.

▬ Alors ne joue pas avec ma nature, car elle pourrait très bien t'être dangereuse.

Et c'est là tout ce qu'elle désirait. Ou peut-être pas vraiment...
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Mar 3 Mar - 22:06

Deux choix s'offrent à eux : partir en quête de la sortie - pour ne plus se voir, peut-être, ou simplement parce que l'on apprécie mieux son existence à l'air libre - ou s'enfoncer un peu plus. Zohar a pris sa décision, mais il reste encore à convaincre Morphine. Elle devrait vouloir de sa compagnie, elle devrait apprécier le fait que quelqu'un cherche à se placer dans sa dépendance. Mais peut-être le froid et l'incertitude de leur localisation s'ils commencent à errer à travers le dédale des galeries lui paraissent être de bonnes raisons de refuser. Peut-être est-elle elle-même dépendante de l'air pur et des étendues interminables qui se perdent à l'horizon. Il sent toutefois qu'une part d'elle a envie de trouver la sortie. Mais il ne la laissera pas partir. D'une certaine manière, c'est comme s'il lui avait mis le grappin dessus. Il veut se servir d'elle et pour cela, il préfère explorer la multitude de possibilités dans un endroit à l'abri du regard d'autrui. Il ne craint pas un quelconque jugement. Il désire simplement avoir tout son temps, être en toute tranquillité. Et puis, il aime ces lieux clos où nul autre ne peut pénétrer. Où l'on ne sait plus exactement qui est prisonnier de l'autre. Où la délivrance est proche, et en même temps inaccessible.

Elle lui demande de s'asseoir. D'un ton autoritaire qui n'impressionne pas du tout le coiffeur - il y a tellement de choses plus effrayantes que Morphine. Mais elle est prête à faire ce qu'il veut, à l'enfoncer plus loin ; comment pourrait-il dire non ? Alors il s'assoit, obtempères parce que cela rejoint sa propre volonté. Elle lui parle de misères, de tortures, et un sourire naît sur ses lèvres. Elle lui annonce qu'elle est prête à le détruire pour le voir rester auprès d'elle, et il ne trouve rien d'autre à faire que de se réjouir de la situation. Cela veut dire qu'elle l'accepte. Pour le moment, Zohar n'en est toujours pas affecté ; mais cela va venir - il l'espère. Il secoue lentement ses blancs cheveux. Si tu sais ce que je recherche, alors tu ne devrais pas avoir peur de me l'offrir. » Un don. C'est tout ce qu'il lui demande. Même pas d'être là pour lui. Même pas de devenir la personne la plus importante de son existence. Non, elle doit simplement lui offrir le cadeau de la dépendance. Les conséquences, il s'en fiche pas mal. Même une descente aux enfers lui paraît préférable à son état actuel. A cette apathie maudite, qui le pousse au désintérêt, à l'ennui profond. C'est un miracle qu'il n'ait pas encore tenté de se suicider - mais peut-être ne l'a-t-il pas fait, parce qu'il sait à quel point cela est vain. Une fois revenu à la vie, le cycle reprendra là où il s'est arrêté, alors quel intérêt ? Posant une main sur la joue proche de Morphine, il continue. Ai-je réellement une raison de te fuir ? De refuser ce que je peux tirer de toi ? Tu n'as pas besoin de me menacer, Morphine. Je pense être bien plus dangereux pour toi. » Ce faisant, profitant de leur proximité, il joint rapidement leurs lèvres, dans un baiser expéditif et complètement dénué d'amour. Un simple avertissement, destinant à la mettre en garde. Le chasseur peut parfois se faire avoir à son propre piège. Puis Zohar éloigne très légèrement son visage, mais leurs peaux respectives demeurent proches. Elles pourraient encore se coller l'une à l'autre si nécessaire. J'ai arrêté un dangereux criminel et j'ai torturé un homme. J'ai fait le bien comme le mal. N'as-tu pas peur de ce que moi, je pourrais te faire ? » Et son sourire s'élargit. Le coiffeur se prend au jeu, il se sent curieusement bien de parler ainsi avec Morphine. Il est heureux de lui montrer qu'il n'y a pas la moindre once de moralité en lui, qu'il est à la fois le bien et le mal, la lumière et les ténèbres. Lui n'a rien à perdre dans cette histoire, et tout à gagner. Mais elle, pourra-t-elle en dire autant ? Si elle lui donne ce qu'il veut, est-ce qu'elle ne perdra pas quelque chose qui lui est essentiel ? Pour sauver Zohar, ne faudrait-il pas perdre Morphine ? Je pense que tu es victime de ta propre nature. Je me trompe ? Si tu refuses que je quitte tes côtés, c'est que tu ne saurais pas supporter que je le fasse. Alors je te le dis, je n'ai pas de raison de partir. Tu m'es beaucoup trop précieuse. »
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Mar 17 Mar - 1:51

Une situation inextricable ; Zohar représentait une impasse, le mur à atteindre pour parfaire son art. Morphine ne savait pas du tout où ce petit jeu allait la mener, mais elle ne pouvait se résoudre à y mettre fin. Elle voulait en savoir plus sur lui, cette curiosité qui venait de naître en elle pouvait sûrement être comblée en lui parlant, en essayant de le comprendre ; c'est là tout ce qu'elle souhaitait dans le fond, arriver à le comprendre. Peut-être était-ce trop prétentieux, ce n'était sans doute pas dans ses cordes ; car malgré tout le bon vouloir de Zohar, elle sentait une réticence. Désirait-il vraiment la dépendance ? Désirait-il vraiment combler ce trou béant qui semblait avoir pris forme dans sa poitrine depuis bien des années ? Plus elle lui parlait, plus Morphine sentait que quelque chose n'allait pas chez lui, qu'il cherchait ardemment quelque chose qui lui semblait inconnu. Et c'était là le désir de Morphine que de vouloir l'y aider ; atteindre le nirvana, trouver la dépendance, trouver quelque chose qui le sortirait de cet enfer. Morphine, tu es bien naïve, tu crois savoir, tu te crois sage, mais que sais-tu de lui réellement ? Il la plonge dans l'incompréhension et c'est la route d'un sentiment qu'elle n'a jamais emprunté. Elle ne savait même pas que cela pouvait exister... Erreur Morphine, ta naissance même te plonge dans les méandres de l'incompréhension la plus totale, surtout quand cela concerne cet homme. Il prend pourtant place à ses côtés, avec le plus grand naturel du monde malgré ce qu'elle vient pourtant de lui lâcher sans l'once d'une hésitation. Il prend place à ses côtés et la voilà rassurée ; son cœur bat toujours à un rythme démesuré. Ce n'est pas normal, ce n'est absolument pas normal. Il exerce sur toi quelque chose qui n'a pas de nom, ses gestes, sa voix, ses manières, tout s'impriment en toi Morphine, tu examines tout, tout ce qu'il fait ; tu le sens, tu deviens plus en plus addict', beaucoup plus dépendante de lui. Ce n'est pas ce qui doit se passer, ce n'est absolument pas comme ça que les choses doivent être écrites. Lui, doit devenir dépendant, lui doit traîner à tes pieds pour combler cette dose comme un drogué en manque. Tu ne peux pas devenir ainsi ; pas encore, pas aujourd'hui.

▬ Si tu sais ce que je recherche, alors tu ne devrais pas avoir peur de me l'offrir.

Il vient de secouer ses cheveux et elle n'arrive plus du tout à décrocher son regard, il est posé, définitivement ; pour quelques jours, pour quelques heures, pour quelques minutes... Son cœur se resserre un peu plus, qu'est-ce qu'elle pouvait le détester, en cet instant, elle le détestait pour ce qu'il était en train de faire ; inverser le cours du jeu, la piéger en son antre. Si seulement, c'était aussi facile, ce n'est pas qu'elle avait peur de le lui offrir, c'est qu'elle pensait ne jamais en être capable. Était-il apte à tomber dans son panneau ? Morphine ne le pensait pas, de moins en moins. Elle le sent, jamais cet homme ne sera dépendant d'elle. Il ne sera jamais triste de la voir s'en aller, il ne sera jamais en manque d'elle, de sa voix, de ses gestes, de ce qu'elle est. Il avait inversé le cours du jeu, il avait retourné la naissance de Morphine contre elle ; et ça, ça la rendait folle intérieurement. Son masque de glace ne se brise pas pour autant, la même expression dure et froide reste sur son visage alors qu'il pose délicatement sa main chaude sur sa joue gelée. Il continue, il continue son manège, il la noie un peu plus dans son propre piège.

▬ Ai-je réellement une raison de te fuir ? De refuser ce que je peux tirer de toi ? Tu n'as pas besoin de me menacer, Morphine. Je pense être bien plus dangereux pour toi. 

Elle ne pouvait le contredire là-dessus... Mais il venait de l'avouer, elle n'était qu'un moyen de tuer le temps, qu'une objet pour tenter d'atteindre un objectif qu'il ne pouvait gagner seul. C'était à pleurer, mais à prévoir et en soit, cela ne la dérangeait même pas. Qu'il l'utilise comme il le souhaite, elle est née pour ça ; c'est si triste Morphine, est-ce que tu t'en rends compte ? Être ainsi à la botte des autres, tentant de combler tant bien que mal se vide qui prend place en eux, essayant d'être leur plus grand soutiens... Penser aux autres, avant soi-même ; tout simplement... Comment fais-tu Morphine, pour l'accepter ? Pour l'endurer ? La main chaude de Zohar la perd un peu plus dans ses pensées, elle ne sait plus où elle en est, ni ce qu'elle désire réellement. Cette naissance était à la fois quelque chose qui lui plaisait, mais d'horriblement contraignant ; était-elle condamnée à être ainsi à jamais ? Qu'une vulgaire poupée de chiffon que l'on peut tordre dans tous les sens avant d'être satisfait ; il semblerait que oui. Zohar avait raison, il était bien plus dangereux qu'elle ; mais ça, elle ne l'avouerait jamais, elle ferait tout pour que ce ne soit pas le cas, ni maintenant, ni jamais. S'endurcir, même si cela lui paraît impossible. Ils sont proches, beaucoup trop proches et leurs lèvres entrent en collision pour un baiser amer ; un baiser dénué de sentiment, un baiser furtif. Il s'éloigne un peu, mais reste quand même proche, alors que leurs yeux suivent le même chemin que leurs lèvres quelques secondes plus tôt ; eux aussi entrent en collision.

▬ J'ai arrêté un dangereux criminel et j'ai torturé un homme. J'ai fait le bien comme le mal. N'as-tu pas peur de ce que moi, je pourrais te faire ?

Elle n'a peur de rien ; à part du noir, des hauteurs et d'être abandonnée. C'est tout ce qui pouvait l'inquiéter de sa part ; qu'il l'abandonne lui aussi, comme nombreux l'ont fait avant lui. Il le fera, parce qu'elle se dit qu'il est comme tous les autres, il ne serait pas le premier à ne pas trouver ce qu'il cherche en Morphine, mais ça non plus, tu ne lui avoueras jamais n'est-ce pas ? Ses paupières se plissent légèrement, comme pour contenir un sentiment de rage, ses dents se serrent, croisent le fer, elle le déteste, elle le déteste vraiment... C'est ce qu'elle aimerait croire. Et son sourire s'élargit et elle se sent défaillir pendant un instant. Morphine, pourquoi as-tu l'impression qu'il ne joue plus un rôle maintenant ? Pourquoi as-tu cette étrange impression qu'il n'hésite plus à se livrer à toi ? Elle n'en sait rien, elle n'en sait strictement rien ; mais une chose est sûre, il pouvait faire ce qu'il voulait, elle n'aurait jamais peur de lui. Elle aurait voulu lui dire, mais c'est lui qui prit une nouvelle fois la parole.

▬ Je pense que tu es victime de ta propre nature. Je me trompe ? Si tu refuses que je quitte tes côtés, c'est que tu ne saurais pas supporter que je le fasse. Alors je te le dis, je n'ai pas de raison de partir. Tu m'es beaucoup trop précieuse. 

Et son cœur se brisa dans sa poitrine. Elle aurait voulu mourir, en cet instant, c'est tout ce qu'elle désirait ; disparaître. Parce qu'il avait lu clairement en elle et que c'était ainsi que les nombreuses histoires qu'elle avait vécues se sont terminés. Il mentait, il allait s'en aller, parce qu'il ne trouvera jamais ce qu'il cherche en toi Morphine. La voilà qui baisse la tête, son masque de glace brisé, elle se mord la lèvre inférieure avec rage, avec haine, son dernier rempart pour ne pas être totalement brisée. Il avait raison, sur toute la ligne et c'est bien cela qui était le plus rageant. Sa chevelure blanche cache ses yeux, elle recule un peu, doucement, avant de s'arrêter. Pouvait-elle vraiment fuir la situation? La réponse serait non. Allait-elle faire quelque chose pour y remédier ? Oui.

▬ Menteur.

Qu'elle lâche d'une traite. Doucement. Avant de le répéter, encore et encore et de le regarder une nouvelle fois.

▬ Si c'était si facile pour moi de t'offrir ce que tu cherches, je crois que tu ne serais déjà plus ici. Tu serais en train de courir partout pour essayer de me retrouver.

Oui, c'est ce que tu avais imaginé, c'est un scénario que tu avais établi maintes et maintes fois dans ta tête. Que ceux qui deviennent dépendants te cherchent sans relâche, sans répit, qu'ils subissent ce qu'ils t'ont fait subir pendant des jours, des mois, des années parfois. Qu'ils cherchent le moyen de combler cette dépendance en quelqu'un qui n'est pas là, qui n'est plus là pour eux. Ses ongles s'enfoncent de nouveau dans sa blessure, elle se fiche de la douleur ; en soit, elle ne la sent plus, le sang lui monte à la tête, tout est parti de travers, elle le sait, tout part en vrille, elle est démasquée, elle ne peut plus jouer son rôle.

▬ Je n'aurais jamais peur de toi, ni de ce que tu peux me faire. JE suis celle qui est dangereuse pour toi ; c'est ainsi que ça doit se passer.

Tu le dis à haute voix, pour te convaincre toi-même ; mais ce n'est pas si facile n'est-ce pas ? Elle a mal. C'est clair comme de l'eau de roche, quelque chose est brisée, cassée, définitivement et il ne pourra jamais être réparé ; bien sûr que si, comme les nombreuses fois où cela t'est arrivé Morphine. Elle se relèvera, un jour, peut-être. Son cœur se serre encore plus et sa main venue se loger sur sa poitrine resserre son étreinte sur le trou béant qui est en train de s'y former. Son regard empli de haine percute celui de Zohar une nouvelle fois, cherchant à y lire quelque chose, elle y cherchait des réponses. Si elle lui était aussi précieuse que ça, il n'aurait jamais dit ce genre de choses, pas à elle, pas avec une telle nonchalance... Elle le sait maintenant, elle le comprend, elle est vraiment une victime de sa propre naissance, cette dépendance était sa malédiction, elle ne pourrait sans doute jamais rendre quiconque dépendant, elle serait condamnée d'être dépendante de tout le monde, de chaque être sur cette terre. Vivre ainsi ? Le voulait-elle vraiment ?

▬ Comment je peux faire ? Comment je peux faire pour que les rôles s'inversent ? Le peuvent-ils encore ? Est-ce que je suis condamné à te courir après alors que tu disparais ?

Elle s'approche un peu plus, posant ses mains sur les joues de Zohar, son visage neutre apparaissant de nouveau, c'est fou ce qu'elle pouvait être lunatique, fou ce qu'elle pouvait changer d'expression à la chaîne... Une vraie girouette, une fille à problème, exaspérante et sacrément énervante. Elle pose ses lèvres à son tour sur les lèvres de Zohar, un baiser en guise de promesse, encore une fois ; elle fait les mêmes erreurs qu'autrefois. C'est dingue Morphine, à croire que tu n'apprendras jamais.

▬ Tu as raison Zohar, je suis victime de ma propre nature. Je suis condamnée à être ainsi, qu'un objet pour attiser les convoitises, qu'un objet que l'on peut jeter après l'avoir totalement percé à jour et dont on ne voit plus en lui d'utilité.

Ses mains quittent les joues chaudes du jeune homme alors qu'elle se redresse, qu'elle se relève, qu'elle quitte le parterre gelé de cette grotte. Lunatique à son maximum, elle papillonne d'une activité à l'autre, Morphine, tu ne sais pas ce que tu veux réellement, tu ne sais même plus si tu veux rester ici alors que tu as la réponse à ta question. Il ne sera jamais dépendant, tu le sens. Morphine n'est pas quelqu'un de très optimiste, ce n'est pas dans sa nature, comme un drogué en centre de désintoxication, elle sait qu'elle recommencera ces conneries après être sortie. Elle abandonne, sans abandonner son objectif. Elle veut le voir à ses pieds, elle veut qu'il soit dépendant, elle veut lui offrir ça ; mais pourquoi ne s'en croit-elle pas capable ? Elle regarde à gauche, puis à droite avant de reporter son regard sur Zohar et de s'accroupir devant lui. Son regard est terne, mais l'expression est toujours la même...

▬ Tu as tellement envie d'être dépendant de quelque chose ? Je ne peux pas te l'offrir si tu ne le désires pas ardemment et malheureusement, je sens en toi une réticence.

Si c'était si facile d'être dépendant de quelqu'un, de quelque chose, ça se saurait. En soit, ce n'était pas forcément quelque chose qu'elle pourrait lui donner, mais peut-être pourrait-elle le lui apprendre. Elle aimerait, elle en mourrait d'envie. Morphine, en soit, tu ne veux pas être horrible avec lui, tu ne veux pas le faire ramper comme ceux qui t'ont blesser volontairement. Non, lui, il est différent, c'est ce que tu crois, c'est ce que tu espères.

▬ Je veux vraiment t'aider, tu sais...? Mais je ne suis même pas sûr de pouvoir, y arriver, ni savoir comment m'y prendre.

Elle n'en sait rien du tout, elle n'en sait strictement rien... Qu'il l'aide à y voir plus clair. Que quelqu'un l'aide à y voir plus clair. La jeune femme baisse la tête, passe sa main dans sa chevelure blanche avant de s'allonger sur le sol gelé de la grotte givrée. Il fait froid, elle commence enfin à le sentir, mais elle s'en fiche, mourir de froid en sa compagnie ne serait sans doute pas si terrible...

HRP:
 



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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Lun 23 Mar - 21:25

Zohar se sent curieusement calme, dans cette situation où il devrait être saisi d'angoisse. Au lieu de cela, il ne ressent qu'une immense paix intérieure. Bien sûr, il lui manque le manque. Bien sûr, il n'est pas totalement satisfait de la situation ; il en voudrait plus, ressentir les effets de cette dépendance qu'il espère arracher à Morphine. S'enfoncer dans ce cycle infernal de désir et de besoin. Son rêve est là, à porte de doigts ; n'attendant qu'il l'atteigne. Pourtant, cette attente ne suffit pas à l'angoisser. Pourtant, il se sent maître de la situation, au moment même où il lui dévoile les crimes qu'il a commis - délits qui n'ont même pas réussi à noircir son âme. Ce baiser sans amour en est la preuve. Zohar n'est toujours pas sous le coup de la dépendance. Il la cherche sans la trouver. Il joue avec elle. Espérant qu'elle daignera bien s'emparer de lui, à un moment ou à un autre. C'est ce que Morphine lui a promis, au fond - indirectement. Il veut sombrer, ne plus avoir le contrôle. Sauf qu'il ne peut pas le lâcher comme cela. Ce serait trop simple. Il ne veut pas lâcher. Il veut que cela ne vienne pas de sa propre volonté. Car c'est cela, être dépendant. Ne plus être le seul à contrôler son existence.

Mais il sait que le jeu peut se retourner contre celle qui voudrait le diriger. Que la dépendance n'est pas à sens unique. Et Zohar suppose que Morphine ne voudra peut-être pas avouer ce fait ; mais il le devine. A la façon dont elle se comporte avec lui. Il lit comme une forme d'inquiétude dans ses yeux, dans ses mouvements. Ou peut-être se fait-il des idées ; peu importe ; c'est une certitude qui s'ancre en lui, refusant de le quitter ; et son « menteur » qui jaillit en réaction à son accusation ne fait que le conforter dans cette idée. Mais elle n'est pas bête, Morphine ; elle n'est pas sans défense. Elle sait qu'il attend quelque chose qu'elle seule ne peut lui donner ; qu'il ne peut pas quitter ses côtés. Peut-être n'est-il pas dépendant d'elle, mais puisqu'il ne peut s'éloigner, il est déjà sous son emprise. Cela le fait sourire, doucement. « Soit. J'admets que tu possèdes un avantage certain. » Mais il a presque l'air de se moquer, quand il dit cela ; parce que Zohar est distant, donc ironique ; parce qu'il ne semble jamais renoncer totalement, qu'il ne peut s'empêcher de jouer. Il est cet homme qui s'ennuie toujours, et trouve un certain plaisir à manier le langage. Une occupation qui en vaut une autre. Puisqu'il sent comme un manque de conviction dans sa voix, il se jette sur la faille. Zohar est un prédateur. Le bien, le mal, il s'en fiche. Il ne connaît pas vraiment. Il fait les deux avec indifférence ; et s'il a choisi le bien, c'est par choix rationnel. Ce qui ne l'empêche pas de passer de l'autre côté quand il le désire, quand il se met en quête de quelque chose. Ou parce qu'il estime que c'est ainsi qu'il pourra avancer. « Montre-moi à quel point tu es un danger pour moi, alors. » Il n'attend que cela. C'est là ce que désire son cœur. Même si ses mots ne semblent pas le montrer.

Et les choses ne tournent pas comme ils le voudraient tous les deux. C'est de la haine que Zohar lit dans ses yeux. Haine qui ne disparaît pas quand elle se penche à son tour vers lui, qu'elle imite ses gestes. Sa main sur sa joue pâle. Le baiser empli d'un sens si différent de l'amour. Comme ils sont mignons, tous les deux. Elle finit par avouer son échec. Sa faiblesse. Et Zohar se radoucit en l'entendant. Il ne peut pas la rassurer, pas alors qu'il est le premier à avoir mis le doigt sur ce qui faisait mal - et de toute façon, il ne sait pas consoler les autres. C'est tout juste s'il a le bon sens de se lever pour poser une main conciliante sur son épaule. « C'est la décision que j'ai prise. S'il me reste des doutes, je dois simplement les ignorer - tu ne crois pas ? » Mais il a envie de rire ; quel fou prendrait une telle décision ? S'infliger une pareille souffrance, juste pour ne plus souffrir du vide ? Échanger une douleur contre une autre douleur. « Ce n'est pas grave si tu ne sais pas. Je resterai avec toi ; la proximité fait naître ce genre de choses. » Même si ce ne sera pas de l'amour ni de l'amitié, que cela ne le sera jamais. « C'est à toi de décider, désormais. Si tu veux que je me serve de toi comme d'un objet. Car une fois que je n'aurais plus besoin de toi, je ne peux pas te promettre de faire attention. Je ne pourrai jamais te promettre une telle chose, je n'ai même pas la bonté d'âme nécessaire pour me forcer à tenir mes promesses. » Ce n'est pas le genre de promesses qu'il pourrait tenir - voilà ce qu'il veut dire. Il est quand même assez fiable, la plupart du temps ; il n'est pas du genre à renier sa parole, même si cela n'engage que lui, et que cela ne dérangerait pas de la briser. Mais même lui a ses limites. Même lui n'a pas envie de tromper quelqu'un en ce qui concerne les émotions. Que décideras-tu, Morphine ? Tu devrais dire non. Tu as plus peur à perdre que lui, dans cette histoire.
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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Mer 22 Avr - 18:32

Elle le sait ; elle le sait au fond d'elle Morphine, qu'elle a un avantage certain. C'est le but de sa naissance de la conforter dans ce sens, il faut qu'elle y croie, sinon elle finirait dans le fond du gouffre sans aucun moyen de remonter. La dépendance était ainsi ; sympathique, envoutante, mais une énorme traitresse. Quand elle voue quitte, vous ressentez ce putain de sentiment de manque, cette envie de vouloir succomber de nouveau ; mais c'est difficile, parce que pour arrêter quelque chose à laquelle vous devenez dépendant, cela demande beaucoup de volonté et d'efforts. Morphine était prête à tout, Morphine était ainsi. Elle ne lâchait jamais l'affaire ; et donc elle ne lâcherait jamais Zohar. Il succomberait, il serait envouté, il ne pourrait pas se défaire d'elle et comme un drogué en manque, il la chercherait sans relâche. C'était son but, c'était ce qu'elle avait décidé ; pourquoi avoir peur ? Pourquoi changer d'avis ? Aucunement l'intention de le faire, sa nature le lui interdit. Faible ? Jamais. Indécise ? Certainement. Son cœur bat à tout rompre alors que Zohar l'incite, la conforte dans le bon sens de sa naissance. Un danger pour lui ? Si c'est ce qu'il désirait, elle le ferait. S'adapter à son environnement et aux gens. Elle pourrait être aussi indécise et changeante que Zohar. Le bien, le mal, dans le fond, elle s'en fiche, ce n'est pas dans ces cordes de penser à ce genre de choses ; menteuse que tu es Morphine. Tu te contredis juste depuis tout à l'heure. Tu sais déjà où tu veux en venir. Tu sais que tu n'es qu'un être misérable... L'adaptation, s'adapter aux gens et à leurs envies pour pouvoir les piéger beaucoup plus facilement ; telle une araignée qui tisse sa toile pour chopper ses proies ; s'approcher lentement avant de les dévorer tout entier. Zohar allait se faire dévorer, c'était forcé... Dieu, que tu es hideuse Morphine...

Ils jouent un jeu ; tous les deux. Un jeu dangereux. Un jeu qui détruira certainement l'un, ou l'autre. Morphine le sait et elle ne doute pas que le jeune homme le sache également. Il a lu clair dans son jeu, il est entré de lui-même en son antre ; preuve qu'il cherchait ardemment à être dépendant de quelque chose ; une chose que Morphine possédait sans le vouloir, une chose qu'elle pouvait peut-être lui apporté. Mais il y avait un prix à payer et plus elle lui parlait, plus elle le réalisait. Peut-être qu'au fond, aucun des deux n'en sortirait indemne, mais ce n'est pas quelque chose qui aurait pu l'inquiéter ; parce que Morphine sait, Morphine connaît, Morphine a déjà vécu. Un sourire carnassier, elle se lèche les lèvres telle une bête affamée se lécherait les babines. Zohar n'est pas naïf, il n'est pas comme les autres que Morphine arrive à bercer d'illusions ; à coincer facilement. Elle reste assise, en face de lui, ses prunelles perdre leur lueur de haine ; mais son sourire ne disparaît. Si elle pouvait se voir, aucun doute que Morphine se trouverait inquiétante ; mais plus besoin de porter un masque dorénavant. Non. Non Morphine n'est pas gentille ; parce que la dépendance n'est pas une bonne chose ; si vous pensez que c'est quelque chose de positif, alors vous n'avez rien compris. Morphine n'est bénéfique pour personne et elle ne le sera probablement jamais, ce n'est qu'un rôle... Pourtant, son personnage n'est pas encore totalement achevé, elle n'est qu'une esquisse, elle se forge encore ; encore et encore. Réussir à piéger Zohar, c'était son objectif. Elle y arriverait, elle était prête à tout pour ça ; mais il ne semblait pas la croire. Il n'avait aucunement peur de ce qu'elle pouvait lui faire ; et il fallait avouer que ça, ça la faisait rager.

Il pose une main sur son épaule, pourquoi ? Elle n'en sait rien et en soit, elle ne cherche pas à comprendre. Sa voix brise de nouveau le silence, alors elle l'écoute, calmement, sans aucune interruption. Ignorer les doutes ? Effectivement, ce serait plus sage. Beaucoup plus judicieux pour lui, beaucoup plus bénéfique pour elle. Morphine ne dit rien, qui ne dit mot consent. Zohar était bizarre, Zohar n'était pas comme les autres ; la jeune femme le comprenait de plus en plus... Ce serait difficile, beaucoup plus difficile que pour les autres. Morphine plisse un peu les yeux, que penser ? Elle n'en sait rien. Zohar tente de la rassurer ; c'est ce qu'elle pense et elle ne comprend pas pourquoi. Pourquoi tenter de la rassurer ? Elle savait bien que sa nature était à double tranchant, qu'elle risquait fortement de se décapiter toute seule... Pourquoi lui dire des choses qu'elle savait déjà ? Morphine n'en sait rien. Morphine ne comprend pas et putain de merde ; qu'est-ce que ça l'agace. Et voilà, voilà qu'il se livre à elle. Se servir d'elle, l'abandonner, elle savait déjà tout ça et pourtant... Morphine ne lui avait rien demandé. Elle ne lui avait pas demandé de lui promettre quoi que ce soit ; elle ne le pouvait pas, ce serait contraire à ses lois. Morphine ne voulait pas de promesses ; la sonorité du mot en lui-même la répugne. Une promesse... À quoi bon faire des promesses que l'on ne peut pas tenir ? Ah, ça c'est un sujet que tu connais très bien Morphine. Tu ne feras pas de promesse à Zohar ; car peut-être ne trouvera-t-il jamais ce qu'il cherche. Tu ne lui promettras pas la dépendance, jamais.

Lui dire ce genre de choses... Il était peut-être un peu idiot dans le fond. Il pensait vraiment que Morphine n'était pas au courant de tout ça ? Ce serait mal la connaître. La jeune femme sait, connaît les conséquences d'une telle nature, d'une telle demande. Zohar ne savait pas une chose, que la dépendance, c'est l'auto-destruction. Morphine était un peu masochiste dans le fond ; pour accepter de s'infliger pareille souffrance, cela devait être le cas. Elle n'avait pas peur, aucunement de l'auto-destruction. Tant que cela venait d'elle ; elle l'accepterait à bras ouverts, car ce serait une chose qu'elle avait d'elle-même décidée. Son cœur qui battait plutôt à un rythme démesuré, retrouve un rythme beaucoup plus calme ; elle est sereine, enfin. Le sourire s'estompe, ses traits se font de nouveau dures. Elle papillonne d'une émotion à l'autre. Déconcertante Morphine. La jeune femme s'approche une nouvelle fois, attrape les joues du jeune homme et plante ses iris dans les siens. Encore une fois, pour qu'il comprenne.

▬ Je ne crois pas t'avoir demandé quoi que ce soit. Je ne t'ai pas demandé de me promettre quoi que ce soit. Je me fiche bien de ce qu'il peut m'arriver ; cela ne m'inquiète aucunement.

Elle ferme les yeux, s'arrête un temps avant de reprendre de plus belle, posant son front contre le siens.

▬ J'ai déjà pris ma décision ; depuis que tu m'as dit vouloir trouver la dépendance. Je n'ai donc aucun doute ; aucune réticence à te donner ce que tu cherches.

La jeune femme quitte la proximité du jeune homme, se relève lentement ; dégainant de la poche de sa jupe son paquet de cigarette à moitié entamé. Une dose de nicotine serait la bienvenue, elle en avait vraiment besoin.

▬ La proximité fait naître ce genre de choses ? Tu es bien naïf de penser cela. La proximité ne fait pas tout. Si je ne t'intéresse pas un minimum, si tu ne vois rien en moi qui t'inspire, cela ne marchera jamais.

Elle est curieuse Morphine. Curieuse de lui, de ce qu'il est. Parce qu'au fond, Zohar est et restera un mystère. Se grattant la nuque, la jeune femme se la masse en même temps. Le froid commençait à engourdir ses membres ; ce n'était pas vraiment bon signe. Elle se rassoit après avoir réchauffé quelques articulations avant de lâcher une nouvelle fois après avoir pris une nouvelle bouffée de sa cigarette.

▬ Pourquoi ? Pourquoi recherches-tu la dépendance à ce point ? Dans quel but ?

Oui. Pourquoi ? Il lui fallait la réponse, c'était vital... Et ce serait peut-être plus simple pour elle ; pour comprendre le personnage qu'il était.



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MessageSujet: Re: Le Ravissement. (Morphine)
Sam 25 Avr - 13:12

Zohar est cruel, d'une certaine façon. Il ne considère pas tout à fait Morphine comme un être à part entière. L'a-t-il déjà fait avec quelqu'un, d'ailleurs ? N'est-il pas, au fond, un monstre d'égoïsme qui n'attend qu'une chose : trouver chez les autres ce qui lui manque chez lui ? Il s'est servi de Yemdel et de Nerv pour savoir si le mal pouvait le tenter. Il s'est servi de Vox pour décharger sur lui sa haine - haine qui était tout aussi bien dirigée contre le vagabond que contre lui-même. Zohar n'est pas une fréquentation que l'on désire ; il est cet homme qui vous capture pour voir s'il peut tirer quelque chose de vous. Pauvre Morphine, qui a croisé le chemin d'un tel homme. Zohar est un sauvé, censé être d'une pureté absolue ; mais même certains damnés ont un cœur plus pur que lui. Ce n'est pas que son âme est corrompue ; c'est que son cœur est vide. Vide de tout, au point qu'il pourrait détester le monde de n'avoir jamais réussi à lui offrir ce dont il avait véritablement besoin. Zohar n'a pas peur de ce qui pourrait lui arriver ; rien ne saurait être pire que cette désagréable sensation qu'il lui manque quelque chose. Pourtant, il n'a rien d'un damné, on ne lui a rien pris ; qu'est-ce qui ne va donc pas chez lui ? Pourquoi a-t-il un problème ? Peut-être le saurait-il s'il pouvait se souvenir de son passé en tant que vivant. Ou peut-être était-ce simplement qu'il était mort, et que la mort l'avait privé de sa raison d'être. Zohar aurait parié qu'autrefois, il était un gai luron qui passait son temps à rire et à essayer d'être gentil avec les autres.
En cela, il se trompait lourdement.

Malgré tout, il y a un bon fond en lui, une gentillesse absolument indéniable. Elle n'a rien à voir avec la moralité très lâche du sauvé ; non, c'est tout autre chose. Le coiffeur est capable d'empathie, tout simplement. Il y a une part de lui qui arrive parfaitement à comprendre ce qu'une autre personne peut ressentir. D'où le besoin de la calmer, de la rassurer, de faire quoique ce soit pour apaiser son âme. En outre, il a besoin que Morphine soit en pleine possession de ses moyens. Sinon, c'est elle qui s'attachera à lui, et la dépendance qu'il recherche tant lui sera à jamais fermée. Voilà pourquoi il a posé une main sur son épaule, en prononçant des phrases assez creuses sur un ton doux. Creuses dans le sens où elles n'avaient rien de bien intéressant ; juste des mots alignés les uns derrière les autres, qui renvoient une belle image de Zohar. Parce que s'il devait se montrer sous son véritable jour, Zohar en ferait fuir beaucoup. Il a le comportement d'un homme prêt à sombrer dans le crime. C'est sans doute pour cela qu'il s'en abstient, qu'il s'efforce d'être bon. Parce que la tentation est trop forte pour ne pas y céder. « Dans ce cas, tout va bien si tu es d'accord. Je préférais simplement te prévenir. J'agis comme un homme bon, mais je n'en suis pas un. » Yemdel l'avait ressenti. Yemdel le savait, c'était bien pour cela qu'il y avait eu le fameux accident du dimanche soir. Cet incident où leurs natures profondes avaient été révélées, et qui justifiait la méfiance de Yemdel à son égard. Si Morphine n'avait pas de raison de se méfier de lui, alors c'était tant mieux. Zohar avait besoin qu'on lui accorde un peu de confiance. Si les autres ne le faisaient pas, il ne voyait pas trop comment il pouvait s'en accorder à lui-même.

Pourquoi cherche-t-il la dépendance ? C'est là la question la plus cruciale, celle qui permet de comprendre qui est Zohar. Le sauvé soupire. Il se doutait bien qu'au bout d'un moment, il y aurait droit. Qu'il ne pouvait pas prétendre n'être qu'un fou qui court après des objectifs vains, qui essaie de tenter tout et n'importe quoi. Il y a de la logique, en Zohar. Des raisons froides qui le poussent à prendre des décisions aussi radicales. Il finit par sourire ; mais on sent que la joie n'y est pas, qu'il ne le fait que par convention. Sinon, il a peur que Morphine le prenne pour un être immonde. Ce qu'il est peut-être. « Parce que je ne suis dépendant de rien, tout simplement. Je ne pense pas que tu puisses le comprendre, mais il y a une forme d'horreur à être quelqu'un qui n'éprouve pas grand-chose. Je laisse le monde vivre autour de moi sans ressentir le besoin d'en faire partie. Je n'ai pas peur de ce qui pourrait m'arriver, ou de ce qui pourrait arriver aux autres. En fait, il y a un néant dans mon cœur, et ce néant me dévore progressivement. Je sais que si je ne fais rien contre lui, alors il m'engloutira totalement. Je suis peut-être un idiot, mais je tiens à mon identité. C'est pour cela que je recherche la dépendance, Morphine. Parce que j'ai besoin de quelque chose pour vivre. Sans cela, je ne serais qu'un mort-vivant. Et je suis déjà mort, et je vis encore. J'aimerais autant que cette nouvelle existence soit réelle. » Il se tait subitement, étonné d'en avoir autant dit d'un coup - surtout qu'il n'est pas tout à fait sûr de ne pas avoir bien expliqué la situation. Il lui semble que son exposé est affreusement simplifié, qu'il a abrégé beaucoup dans l'espoir de se montrer compréhensible. La partie la plus simple à comprendre, cependant, c'est qu'il lui manque quelque chose. Mais pas un manque lié à une quelconque addiction ; un simple manque. Il n'a jamais dit non plus à personne qu'il éprouve un réel désir de vivre. Que la perspective de sa mort passée l'effraie plus qu'il ne veut bien le dire. Il se demande s'il n'en a pas trop dit à Morphine.

Oh, tant pis, de toute façon il attend quelque chose d'elle, il faut bien qu'il lui donne une autre en retour.
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Le Ravissement. (Morphine)

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