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 Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)

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coeur souillé de noirceur
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coeur souillé de noirceur


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MessageSujet: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Ven 1 Mai - 14:59

Sainteté n'a jamais été totalement fou des mythes et des histoires. Sans doute est-ce parce que le jeune homme aime beaucoup passer du temps à l'extérieur, à découvrir les merveilles tangibles que le monde a à découvrir - il a l'âme d'un explorateur. Qui plus est, il y a une chose très importante, à ses yeux, quand il est dehors : il est seul. Cette solitude est précieuse à ses yeux, car timide comme il l'est, il a beaucoup du mal à se comporter en société ; il se sent gauche, emprunté ; il doit fournir mille efforts pour ne pas montrer sa gêne, sans parler de ceux nécessaires pour suivre une conversation qu'il subit plus qu'autre chose avec autrui ; il préfére vraiment se soustraire aux regards inquisiteurs, et partir loin, dans un endroit où seule la Nature et la déesse peuvent le voir - c'est beaucoup plus confortable pour son pauvre petit cœur.
Avoue-le, le simple fait d'entrer une bibliothèque t'angoisse. Respecter le silence n'est pas un problème, mais il y a tout un ensemble de codes à respecter. Tu ne dois pas abîmer les livres, tu dois faire comme si tu comprenais la façon dont les rayons fonctionnent - et c'est dur, car le plan de classement n'est pas très clair, alors tu ne sais pas trop où chercher ce que tu désires. Alors tu préfères trouver très vite un livre qui te paraît intéressant, et t'installer dans un coin, afin de ne déranger personne.
Tu as peur de déranger quelqu'un.
Si jamais quelqu'un venait t'agresser, tu ne sais pas comment tu t'en sortirais.

Il n'est pas un habitué de la bibliothèque, mais il vient de temps en temps, si possible à des moments où les gens normaux n'auraient pas l'idée de s'enfermer - en général quand il fait un soleil éclatant, et qu'il est impossible de sortir sans croiser une foule abominable. Il n'aimait guère la foule. Il la regardait de haut parce qu'il avait trop peur d'elle pour oser s'y intégrer. Les yeux qui se posaient sur sa pâle carnation, sur ses cheveux toujours en bataille - les coiffer relève d'un certain exploit, et puis, de toute façon, cela lui donne un style, non ? -, tout cela lui donne de fuir. Heureusement, dans une bibliothèque, les gens lisent, et se fichent complètement de lui. C'est sans doute pour cela qu'on le retrouve aujourd'hui, accroché à un bouquin qui le passionne. Ces histoires sont parfois si véridiques, quand on y réfléchit : il s'agit de l'histoire d'un garçon aveugle, et dont on abuse volontiers de la faiblesse. Sainteté ne sait pas trop pourquoi il se sent si proche de ce garçon. C'est comme s'il se sentait lui-même handicapé par sa timidité et par son tribut ; il savait très bien qu'il était facile de se servir de ces faiblesses contre lui, de lui faire du mal en profitant du fait qu'il n'a ni la force ni la volonté d'en faire. Il se reconnaît dans les épreuves que traverse le garçon. Tellement qu'il ne remarque pas tout de suite que quelqu'un se tient à côté de lui.

Quand il s'en rend compte, il sursaute violemment et manque lâcher le livre. Il lève les yeux pour apercevoir une jeune femme plus âgée de lui - sans doute la vingtaine -, aux cheveux noirs comme l'ébène et au regard clair. Elle n'a pas l'air méchante, mais bien sûr, Sainteté a un mouvement de recul car il ne s'attendait pas à la voir. C'est la bibliothécaire ; il l'a déjà vue, bien évidemment, mais cela lui fait tellement bizarre de la voir en face de lui qu'il se demande bien ce qu'elle peut lui vouloir. Le jeune homme se crispe légèrement, mais parvient à lui sourire en guise de bonjour. Elle a les yeux posés sur son livre, et il se dit que, peut-être, cela serait une bonne façon de débuter la conversation. Enfin, il n'en sait rien, la sociabilité et lui ça fait deux. « Pardonnez-moi, je partais pour la mer et j'avais complètement oublié où j'étais. Que puis-je pour vous ? » Il fait une référence explicite à ce qu'il vient de lire, le moment où le garçon part justement en mer dans l'espoir de retrouver sa vue. Dans l'espoir de devoir quelqu'un de plus fort, capable de mettre fin aux abus dont il est victime. Le Saint l'envie, sincèrement. Il ne sait même pas si lui aura la force de surmonter sa timidité un jour ; il a beau essayé, il a beau réussir à parler, il est toujours bloqué par celle-ci, il la ressent jusqu'au plus profond de son âme. Elle est comme un mur qui le coupe des autres et qui lui fait honte ; il parle à travers, parfois on l'entend et on l'écoute, mais la plupart du temps, personne ne le remarque. Et c'est tant mieux d'ailleurs ; être remarqué, c'est risquer que l'on le voit sous son vrai jour. Son mur est bien confortable, c'est pourquoi il a honte : il n'aime guère cette carapace qui le protège du monde. « Un commun amour des mots, peut-être ? »
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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Dim 3 Mai - 14:18

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Dans un sursaut, sa carcasse se tend.
Le soleil tape fort, éclairant une infime partie de son antre. Elle passe une main fébrile sur son visage, le dégage de la touffe brune ébouriffée. Fière allure qu'a la troublée, abattue par la fatigue et le manque constant de sommeil. Démolie par une solitude qu'elle a elle-même décidé de créer, repoussant sans une once de jugeote la moindre personne tentant de nouer une quelconque forme de relation. Et maintenant qu'elle se retrouve avec elle-même, terrifiée par cet espace vide qu'est la bibliothèque.

Ca n'était pas particulièrement futé de travailler ici – même simplement de vivre ici. Profitant du peu de monde pour nettoyer ses livres, elle glisse de rayon en rayon, chasse toute poussière du mieux qu'elle le peu et s'enfonce peu à peu dans ses pensées contradictoire. Elle finit par râler dans quelques murmures, se soustrayant à toute forme de vie.
Paradoxe n'aime pas la compagnie, mais elle n'apprécie pas non plus la sensation de solitude.

Un soupir dévale ses lèvres pour soulever quelques grains de saleté lorsque le premier client entre, faisant délicatement tinter la porte. La surprise se lit sur le visage de la brune, une agréable surprise qui dessine un fin sourire sur ses lèvres charnues. Ravie, Paradoxe retourne à son bureau et range son torchon, allant par habitude à la rencontre du jeune blond. Le conte qu'il lit l'intrigue, mais elle ne dit rien, se contentant de l'observer en attendant qu'il remarque sa présence – et peut-être qu'il emprunte un livre, qui sait ?

« Pardonnez-moi, je partais pour la mer et j'avais complètement oublié où j'étais. Que puis-j pour vous ? Le léger sourire de la vagabonde s'élargit à peine, elle secoue la tête sans ne serait-ce qu'entrouvrir les lèvres. C'est à cet instant qu'elle prend conscience de son peu d'habileté à entamer une conversation, ou même à en poursuivre une. Un silence s'abat dans la salle, entrecoupé par leurs respirations. « Un commun amour des mots, peut-être ? »

Les longs doigts de la demoiselle s'attardent sur un autre des ouvrages, elle le caresse du bout de l'index et murmure dans un souffle. « Effectivement, les mythes et le théâtre en particulier. C'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir. » Les cercles dessinés sur le livre cessent, elle le repose parmi les autres et croise les bras. Son absence d'idée ne lui laisse pas de grandes opportunités alors, par simple réflexe, elle le met inconsciemment à l'épreuve – le défiant de connaître cette citation d'Antigone.

L'avantage avec une bibliothèque, c'est qu'elle renferme tout le passé, du plus ancien au plus proche. Des livres neufs, d'autres dans un état critique ; les plus fragiles conservés à l'abri des doigts malhabiles, nettoyés minutieusement par la demoiselle qui se penche sans gêne par-dessus l'épaule du blond, lisant brièvement quelques lignes de l'oeuvre qu'il tient. « La capacité d'agir malgré la peur et face à l'adversité. Ce jeune aveugle fait preuve d'une bravoure assez extraordinaire. » Elle repousse une mèche et recule, laissant de nouveau un silence se creuser.

Paradoxe s'écarte, s'efface. Elle glisse de nouveau dans les rayons en oubliant presque la présence du jeune blond, murmurant quelques citations de théâtre sans vérifier qu'il l'entende. Elle s'enferme dans sa bulle et les mouvements quotidiens du travail se replacent peu à peu ; livres redressés, comptés, parfois retirés et feuilletés rapidement. Elle met de longues minutes à revenir à son point de départ, à recroiser le chemin de son interlocuteur – aucun effort pour le mettre à l'aise, elle-même ne sait trop comment lui parler, comment rompre l'absence de paroles.

Elle se complaît dans un regard exempt de mot, se sert de ses yeux pour comprendre, analyser avant de faire passer le message. Elle ne veut pas l'effrayer – si peu de monde semble réellement apprécier la lecture – mais juste vérifier, s'assurer qu'il la comprenne. Ce n'est pas la première fois que Fêlure le voit, il est déjà passé mais jamais il ne lui a adressé la parole. Les pupilles de la demoiselle s'attardent sur celles du jeune homme, l'envie d'en savoir plus se fait doucement sentir.
Alors elle patiente, elle l'encourage silencieusement.
pv sainteté | #ffa827 | navrée du temps et de la qualité de la réponse.




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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Dim 3 Mai - 22:06

Elle te regarde. Si elle te regarde, c'est qu'elle veut quelque chose. On ne te regarde pas sans avoir quelque chose derrière la tête. Tu es si insignifiant - tu n'es pas digne d'intérêt. Juste un gamin de petite taille qui fait tout pour se fondre dans le décor. Tu ne sais pas trop ce qu'elle te veut, où vous mènera cette conversation ; tu en as peur. Mais tu t'efforces de sourire, d'avoir l'air confiant en toi, en espérant que ta gêne ne se voit pas trop. Mais tu es flatté aussi, d'une certaine façon, que l'on daigne t'accorder un peu d'attention. Quand bien même tu es effrayé à l'idée de converser avec une parfaite inconnue, tu te réjouis de ne pas être qu'une ombre dans le monde. Une partie de toi a envie d'aller de l'avant, de parler avec les autres ; de faire comme si tu étais parfaitement normal.
La bibliothécaire parle d'une façon qui lui dit quelque chose. Ses mots éveillent un souvenir en lui, mais un souvenir sur lequel il n'arrive pas à mettre le doigt. Il a dû le lire quelque part. Il ne sait pas où, mais c'est une citation importante - c'est tout ce qu'il pouvait dire. Le saint pose son livre ouvert sur la table en face de lui, et se met à observer la bibliothécaire. Elle a l'air d'attendre quelque chose de lui. Elle attend très certainement qu'il reconnaisse sa citation. Il ne saurait pas d'où cela provient, mais il a quelque chose à lui dire. « On est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos... » Il s'interrompt. Il n'est pas sûr qu'il s'agisse là de la bonne chose ; il a sans doute oublié quelque chose, modifié un peu la phrase, sa mémoire n'étant pas parfaite. Mais qu'importe. Il espère avoir passé le test.
Et, parce que Sainteté a répondu à une citation d'Antigone par une autre citation d'Antigone, il vient de lui montrer qu'il est capable de reconnaître une référence (même imparfaitement) quand il en voit une.

Elle observe son mythe, lisant quelques lignes par dessus son épaule, et son commentaire emplit Sainteté de courage. Il ne saurait dire pourquoi ; il trouve cela étrange de se comparer ainsi à un jeune aveugle, et, surtout, de prendre les compliments qui lui sont destinés pour lui-même. Il a l'impression que c'est lui qu'elle encourage. Qu'elle l'incite à faire preuve de bravoure. Et le jeune homme, après avoir laissé le silence régner pendant quelques secondes, reprend la parole : « J'en suis conscient. Il en faut, du courage, pour venir à bout de ses propres faiblesses. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus dur à faire. » Implicitement, il veut dire que c'est difficile pour lui d'engager la conversation, et de la tenir en ayant l'air calme et assuré. Sainteté ne l'est jamais ; son esprit est assailli de doutes et de questions qui ne trouveront jamais réponse. La vérité, c'est que le saint ne connaîtra jamais la paix intérieure - à moins, peut-être, de vivre seul, et de ne pas avoir à mentir. Parler de lui implique toujours un mensonge, puisqu'il cherche à se protéger ; à ne pas montrer à quel point il se sent faible. « Peut-être ce jeune garçon recevra-t-il une aide charitable ? » Ce faisant, il coule un regard vers la bibliothécaire, un regard presque suppliant, qui lui demande de lui tendre la main, de l'aider à affronter cet obstacle. Il a l'impression qu'il n'y arrivera pas tout seul. « Je crois que l'amitié aide beaucoup, d'ailleurs. Que l'on peut dépasser ses limites quand on n'est pas seul ; n'est-ce-pas la morale de toutes ces histoires ? Ne se bat-on pas pour les autres plus que pour soi ? » C'est une question qu'il lui pose en toute sincérité, parce qu'il se demande s'il ne serait pas plus fort en se trouvant des gens qui seraient capables de l'aider à surmonter. Sainteté se bat seul ; il n'a jamais demandé de l'aide parce qu'il n'ose pas. Mais peut-être devrait-il s'inspirer de ses lectures et se trouver de véritables amis ; des gens qui pourront lui venir en aide, et avec qui il se sentira assez en confiance pour être lui-même. Cela doit bien exister, quelque part. Il suffit d'y croire.
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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Lun 4 Mai - 19:23

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« On est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos... Elle en aurait applaudi le gosse. Surprise, très agréablement surprise, elle n'en exprime cependant rien, se contentant de l'observer silencieusement – parce qu'elle ne sait pas comment le féliciter, parce qu'elle ne voudrais pas l'effrayer. Malgré la maladresse indéniable de sa citation elle ne le corrige pas et rassemble une nouvelle fois le cœur de ses pensées dans son regard bleu. J'en suis conscient. Il en faut, du courage, pour venir à bout de ses propres faiblesses. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus dur à faire. »

Léger hochement de tête, les bras croisés et la silhouette bien droite, elle s'écarte encore de quelques pas, lui laisse une bonne marge d'espace vital et se contente d'écouter, d'encourager mentalement. Sa curiosité maladive l'empêche d'en faire davantage ; qui sait ce qu'il pourrait dire, ne serait-ce que pour combler un silence pesant ? Les tests s'enchaînent sans que Paradoxe elle-même ne s'en rende compte, elle juge – et c'est quand elle en prend conscience qu'elle bloque quelques infimes secondes, que ses yeux dérivent dans un geste sensiblement proche de la gêne.

« Peut-être ce jeune garçon recevra-t-il une aide charitable ? »

Chaque mot se répercute dans les tréfonds troubles de l'esprit de la brune, elle se mord la lèvre dans un geste instinctif ; attend-il d'elle l'aide susdite ? Pense-t-il qu'elle pourrait faire plus que ce qu'elle fait actuellement ? Le stress coule dans ses veines – fidèle à son surnom elle se perd, elle sent la cassure se faire de plus en plus proche et insistante. Inévitable chute, elle s'abattra sans préavis sur le jeune blond.
Paradoxe finira irrémédiablement par le décevoir, et elle a une conscience aiguë de cette grande faiblesse. Peut-être est-ce le profond besoin de cette-même compagnie repoussante qui l'empêche de briser toute forme d'espoir immédiatement.
Ou peut-être cherche-t-elle simplement à tuer le temps ?

« La charité est parfois considérée comme une forme de faiblesse... En général c'est en l'étant trop qu'on finit par se faire piéger. Mais quelques exceptions sont notables, comme pour chaque généralité. »

Implicite.

Elle-même indécise en terme de motivation, elle baisse cependant la tête dans un mouvement guidé, comme tous les autres, par un instinct primitif mais protecteur. Elle est constamment contrôlée par ces mêmes intuitions, toujours obéissante à cette première présence mentale qui l'a empêchée de simplement mourir – la survie. Elle n'a aucune idée de ses envies, trop contradictoires pour être décortiquées ; comme d'habitude, elle frôle la crampe de cerveau, elle se triture tant l'esprit que le fil de la conversation lui échappe d'entre les doigts.
Perdue.

« Je crois que l'amitié aide beaucoup, d'ailleurs. Que l'on peut dépasser ses limites quand on n'est pas seul ; n'est-ce pas la morale de toutes ces histoires ? Ne se bat-on pas pour les autres plus que pour soi ? »

La question bloque l'arrivée d'air dans ses poumons. Elle contracte son palpitant et semble planter ses crocs métaphoriques dans sa chair, déchirant la jugulaire tout aussi symbolique. La certitude s'échappe par la blessure comme un flot de sang, le doute en profite pour remplir ce trou offert – n'importe quoi peut se glisser dans le vide, combler ce manque. Particulièrement les mauvaises choses, qui semblent toujours sur le qui-vive pour abattre le plus de victimes possible.
Paradoxe ne sait que dire, prise au dépourvue. Elle prend une inspiration douloureusement inutile, occupe ses doigts en tripotant un nouvel ouvrage. Elle cherche ses mots et, dans un réflexe désespéré, se tourne vers le gamin.

« Les amis sont là pour le héros dès qu'il est en mauvaise posture, qu'il ne peut se sortir tout seul d'un piège ou simplement du doute. Le plus dur reste à définir qui sera le traître, celui responsable de la situation délicate dans laquelle serait plongé le héros. Elle fait une pause, passe un coup de langue furtif sur ses lippes charnues. Bref, tout ça pour dire qu'il faut éviter de dépendre d'éventuels amis, sans pour autant se priver totalement de compagnie. »

Être claire n'est pas un code de conduite dont on a affublée Paradoxe. Elle restera floue, trouble et loin d'explicité par simple définition. Pourtant dans toutes ses phrases elle tente de se faire comprendre, d'exprimer quelque chose de net et de précis ; tentatives avortées par les circonstances, en l'occurrence la légère inquiétude de porter les espoirs d'un pauvre gosse comme celui qu'elle a en face d'elle.
Elle-même n'est pas sûre de saisir exactement ce qu'il veut d'elle, mais n'ose le pousser à s'exprimer, se contentant de le guider maladroitement. Quand une perdue cherche à sauver quelqu'un, le résultat n'est que très rarement celui escompté.
pv sainteté | #ffa827 | ♥




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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Mar 5 Mai - 18:32

Est-il en train de la supplier ? Est-il en train de lui demander de l'aide ? Ou est-ce tout simplement une façon de lui expliquer pourquoi il tient tant à ce conte - parce qu'il a l'impression d'y lire sa propre histoire, parce qu'il ne peut que comprendre l'étouffante sensation de solitude et d'impuissance dans laquelle le garçon baigne, parce qu'il se sent aussi malheureux que lui de ne pas avoir la force de déployer ses ailes -, une façon de montrer que Sainteté est un autre de ces jeunes hommes perdus, dont la vie pourrait faire l'objet d'un drame ? Caressant distraitement sa page, il se demande qui il avait pu être, autrefois - avant sa mort. Il se dit qu'il aurait été bon de vivre dans le même monde que ce garçon : du froid, de la glace, des gens bourrus - oui, il trouve que c'est une belle place pour vivre et mourir. Sainteté ne sait rien de celui qu'il était, mais il se dit que sa vie n'a pas dû être des plus simples. Sinon, il ne serait déjà pas là, pour commencer. C'est pourquoi il trouve plus beau de se dire qu'il a vécu parmi ce peuple des contrées froides, où la chaleur est inhérente au cœur, plutôt que dans d'autres cultures qu'il a pu appréhender dans d'autres livres. Les contrées chaudes ne l'ont jamais tentées, il ne sait pas pourquoi. Il a l'impression que le soleil suffit à réchauffer les corps, et que les cœurs peuvent se permettre d'être glacés.

Elle parle, et ses mots sont si complexes, si emmêlés que Sainteté a du mal à suivre. Il se demande si elle le trouve faible. Beaucoup sont ceux qui le pensent ; on est faible quand on est incapable de rendre le coup que l'on vous a asséné. Il n'y avait pas pensé, cela dit, à ce qu'elle lui raconte. Que la charité est une forme de faiblesse. Il se mord la lèvre, hésite, se tait. Il ne sert à rien de protester que la force peut s'illustrer sous une toute autre forme, et qu'accepter la charité d'un autre est déjà un acte difficile - il faut savoir mettre sa propre fierté entre parenthèses, et ne pas se préoccuper de l'apparence que l'on renvoie. Mais qui comprendrait cela, franchement ? Il faut être un saint pour se dire que la charité est une des valeurs les plus importantes. Il porte bien son nom, mine de rien. « Alors c'est pour cela que ce héros est seul, je présume. Parce qu'il n'y aurait pas d'histoire, sans cela - et que l'histoire, au fond, c'est ce qui importe le plus. Qui se soucie de la beauté du décor ou du nom du protagoniste ? »
Moi, je m'en soucie.
La beauté d'une histoire ne tient pas seulement aux événements racontés, ou aux personnages qui les vivent. Le reste est important également. L'univers est primordial. Cette histoire ne serait pas la même si le garçon ne vivait pas dans un pays glacé. Le froid de l'air répond au froid de son âme. On ne saurait se satisfaire d'une succession d'événements, ou alors il nous faudrait lire un traité historique.
J'aime les histoires car elle nous entraîne dans un autre monde - un monde identique au nôtre, mais en plus beau.
Tu es naïf.
Il ne veut pas dire que c'est ainsi que lui voit les choses ; peut-être le contredira-t-elle, peut-être osera-t-il alors dire ce qu'il en pense. Il a juste peur que ses yeux reflètent trop d'espoir - encore une fois, alors il les garde fixés sur sa table. Rien de plus simple, de plus neutre, de plus banal qu'une table - au moins, rien n'est dangereux avec elle.

Elle le lui dit, l'amitié est importante. Du moment qu'elle ne constitue pas le centre de son univers. Fort heureusement, il n'en est pas au point de dépendre des autres. Peut-être parce qu'il est trop seul pour cela. Parce qu'il a besoin de se trouver quelqu'un pour l'épauler, quelqu'un qui saura le supporter. Sainteté aimerait aussi pouvoir venir en aide à cette personne. Il ne peut pas être méchant, mais il peut faire le bien autour de lui ; alors, il aimerait le faire, et croire que c'est là le résultat de sa seule volonté. « Mais ce garçon... Personne ne l'aide. On passe son temps à se moquer de lui parce qu'il est aveugle et à abuser de sa confiance. On le trompe sans cesse, on profite de lui. Il n'y a personne pour le secourir... » Sa voix se brise à ce moment-là, et c'est là qu'il comprend à quel point il s'identifie au héros de ce mythe venu tout droit d'une contrée dont il ne connaît. Les histoires sont intemporelles, au fond, c'est pour cela qu'elle nous touche. C'est pour cela que l'univers, au fond, importe peu : peu importe où l'on se trouve, cela reste toujours vrai. « Il n'y a peut-être pas de traîtres dans toutes les histoires. Ou alors peut-être le monde entier est-il traître vis-à-vis de nous. » La mort - voilà la première chose à laquelle il pense. Ce moment où le monde nous abandonne et que l'on sombre dans l'étreinte glacée du décès. Mourir, tout simplement, n'est-ce pas une forme de trahison de la vie ? Sainteté se retient de trembler. S'il pouvait se souvenir de quelque chose de son passé, d'une autre chose que le seul souvenir obsédant (et gênant) dont il se rappelait...
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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Sam 23 Mai - 14:34

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Paradoxe n'est pas née pour faire le bien ou le mal. Paradoxe est née pour troubler, pour contaminer chacun avec son absence de clarté. Elle est née pour semer le doute qui germe en son for intérieur et même si elle souhaitait y remédier, tout en elle l'en empêcherait. Ses paroles s'emmêlent, son discours se fait moins précis et ses pensées s'embrouillent ; le trou noir menace de l'avaler, comme chaque fois qu'elle s'écarte trop de la route qu'on lui a préalablement tracer.
Travailler.
Exister.
Surtout ne pas vivre.

« Alors c'est pour cela que ce héros est seul, je présume. Parce qu'il n'y aurait pas d'histoire, sans cela – et que l'histoire, au fond, c'est ce qui importe le plus. Qui se soucis de la beauté du décor ou du nom du protagoniste ? »

Elle ouvre la bouche mais aucun son n'en sort – le vide se forme peu à peu, dévorant toute rationalité. Tenter de maintenir Paradoxe dans un débat, c'est comme tirer de plus en plus sur un élastique. C'est plus dangereux de centimètres en centimètres et on n'est pas sûrs du résultat. Main glissée futilement dans ses cheveux sombres, elle ne dit rien et se complaît dans un silence encourageant, le poussant sans un bruit à développer son idée.
« Mais ce garçon... Personne ne l'aide. On passe son temps à se moquer de lui parce qu'il est aveugle et à abuser de sa confiance. On le trompe sans cesse, on profite de lui. Il n'y a personne pour le secourir... Cette fois elle intervient, ses doigts fins effleurent l'épaule du jeune blond dans un geste proche de la maternité – sans pour autant signifier quoi que ce soit, à lui de le décider. Cette histoire est un parfait exemple pour dénoncer l'horreur dont peut faire preuve l'humanité et, paradoxalement, sa beauté en toute circonstance. Ce jeune garçon est comme une forme d'espoir au milieu de toute cette insensibilité. Un sourire fugace éclaire son visage le temps d'un battement de cils ; elle aussi se permet de comparer le personnage à son interlocuteur. Peut-être est-ce sa façon d'analyser ce conte qui la touche tant. Il n'y a peut-être pas de traîtres dans toutes les histoires. Ou alors peut-être le monde entier est-il traître vis-à-vis de nous. »

Un léger coup de langue sur ses lippes et elle laisse plusieurs – longues – secondes s'écouler avant de reprendre le cours de cette discussion, mitigée. Elle sent que quelque chose de profond tourmente ce blondinet, mais une force la dissuade de plus s'y intéresser. Alors elle s'appuie contre une étagère et croise les bras, le fixant sans réellement le voir. « Je pense plutôt que le monde entier nous trahit. La naissance elle-même peut être vue comme une trahison selon certaines... Croyances. Si on part du fait qu'après la mort on redevient ce que l'on était avant la vie, alors pourquoi naître, pourquoi vivre ? Ca peut être vu comme un don ou une punition, les avis divergent. » Elle-même n'est pas sûre de ce qu'elle avance. La religion et les croyances n'ont pas été son domaine de prédilection depuis sa naissance, elle ne s'est probablement pas penchée dessus avec assez de sérieux.

« Mais pourquoi le monde entier nous trahirait ? La question flotte dans l'air après avoir traversé son esprit – et ses lèvres. Ses pupilles se plongent dans la contemplation abstraite du livre dont il était question auparavant ; parce que la demande est honnête, parce qu'elle aimerait que ses propres doutes partent. Un infinité de questions et seulement une poignée de réponses. Finalement, elle se perd autant dans ses propres réflexions que dans celles du jeune homme. Jeune homme sur lequel elle aimerait poser un nom ; mais la subtilité n'est pas son for, elle attaque aussi directement qu'indirectement. Comment appelle-t-on ce pauvre handicapé ? »

La tension coule aussitôt dans ses veines, elle la sent glisser le long sa colonne vertébrale pour se nicher au creux de ses épaules – la sensation désagréable de quelque chose qui vous échappe des doigts, quelque chose d'immatériel et pourtant plus important que n'importe quel objet : la confiance.
Une fêlure n'inspire pas confiance.
Et un paradoxe n'a pas confiance.
pv sainteté | #ffa827




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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Dim 24 Mai - 18:59

Au point où il en est, Sainteté est perturbé. Il ne sait plus vraiment si c'est une bonne idée de s'identifier ainsi aux livres, car il a l'impression que cela rend la réalité encore plus effroyable. Les histoires sont remplies de monstres et d'opposants qui ne cessent de vous mettre des bâtons dans les roues, et si vous ne puisez pas dans vos pouvoirs secrets, vous n'arriverez à rien. Sauf que des pouvoirs secrets, le saint n'en a aucun. Il est juste affreusement pur - moins qu'il ne le pense, mais comme il ne se souvient pas de son passé, il ne peut s'en douter. Il se sent si faible, lui qui ne peut même pas se défendre contre les coups qui peuvent pleuvoir contre lui. Lui qui est condamné un langage dénué de toute vulgarité, de toute insulte qui peuvent choquer les autres. Par moments, le damné déteste ce qu'il est, et se demande ce qu'il a bien pu faire pour mériter une telle prison. Était-il un monstre, pour qu'on le condamne ainsi à une éternelle gentillesse ? Et puis, si ce n'était que cela... Sainteté est aussi extrêmement timide. Beaucoup trop à son goût. Le simple fait qu'elle le touche - même si son contact est agréable et se veut rassurant - le plonge dans une forme d'angoisse ; il sent son cœur battre plus vite, affolé, comme celui d'un animal qui essaie d'échapper à un prédateur. Oui, qu'il est dur d'être faible et de ne même pas avoir assez de courage pour tout supporter. « Dois-je en conclure que l'humanité est paradoxalement belle ? Ne serait-ce que parce qu'elle est dotée de la capacité d'imaginer, et de lier des sons pour véhiculer un message ? » Que ce message soit une simple parole ou toute une histoire, peu importe. L'humanité est puissante et capable de produire des belles choses.
Voilà qui compense un peu ton imbécile fierté, idiot. Le monde entier n'est pas ton ennemi, tu n'es pas seul et tu n'as pas toujours besoin d'être sur la défensive. Regarde cette bibliothécaire, elle ne te veut aucun mal. Elle t'aide, d'une certaine façon, alors fais des efforts pour te montrer gentil.
Et cela consiste tout simplement dans le fait de rassembler son courage à deux mains pour lâcher le nom. « Il s'appelle Taqqiq. » Ce faisant, il désigne le nom sur la page. Le prénom lui plaît bien, même s'il est difficile à écrire avec tous ces « q ». Il ne sait pas si elle ne cherchait pas plutôt à lui demander son propre nom, mais il a du mal à lâcher qu'il s'appelle Sainteté. C'est ridicule, comme nom, soyons honnêtes, même s'il lui va comme un gant. Un saint qui porte un nom qui le qualifie parfaitement - on ne saurait faire mieux. C'est précisément pour cela que cela le gêne. Parce qu'il aimerait bien avoir plus de force, plus de caractère - et surtout, un nom plus supportable. « Et c'est la Sainteté qui le regarde. » Maladroitement, il lance ainsi son propre nom, rougissant un peu d'être désigné par un terme aussi féminin. La sainteté a toujours été féminine à ses yeux, parce qu'elle manque de virilité. Un homme qui tend la joue pour recevoir une claque, voilà qui n'a rien de viril. « Peut-être que le monde entier ne nous trahit. C'est simplement qu'il ne nous tend jamais la main, et que nous souhaitons recourir à son aide dès que nous avons un problème. Tel un enfant qui, désireux de surmonter son problème, s'en remet à des pouvoirs magiques pour y arriver. » Car c'est ce qui se produit dans le conte. La guérison est dû à un phénomène surnaturel, mais qui se produit dans un milieu totalement naturel, celui de l'eau. Celle-ci guérit la vue, et les choses rentrent dans l'ordre. Au fond, tout est trop simple, quand on compte sur le monde. Voilà pourquoi on a l'impression que celui-ci nous trahit : parce que le monde ne ressemble pas à celui des livres.
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MessageSujet: Re: Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)
Sam 30 Mai - 16:51

they live inside us and sometimes, they win
Paradoxe a toujours été le type de personnes à lancer des paroles en l'air, à oublier comment peser ses discours. Elle a toujours dit ce qu'elle croyait penser, ce qui trottait dans son esprit peu clair. D'extrêmes précautions sont prises – mais les erreurs parviennent parfois à se frayer un chemin dans ses tirades. « Dois-je en conclure que l'humanité est paradoxalement belle ? Ne serait-ce que parce qu'elle est dotée de la capacité d'imaginer, et de lier des sons pour véhiculer un message ? » Et elle hoche la tête d'un air peu assuré, elle-même doutant légèrement de ses propres paroles. L'humanité est-elle belle ? Mais Paradoxe peut-elle se considérer humaine ?

« Et c'est la Sainteté qui le regarde. » Elle balaie mentalement le nom du personnage – son pauvre mental trop endommagé n'a pas besoin de s'encombrer d'informations superficielles. Sainteté. Le mot glisse dans son crâne, se frotte contre les bords et trouve finalement un sens plus ou moins précis. La sainteté, l'absence de péchés ? Ses sourcils se froncent le temps d'une milliseconde, elle coule un regard inquisiteur en direction du blond.
Sainteté.
Pas étonnant qu'il soit si… Naïf ? Innocent ? Vulnérable ?
Elle-même n'en sait rien. Quoi qu'il en soit, Paradoxe coince ce nom dans un coin de sa mémoire, priant pour ne pas l'oublier à l'instant où il s'en ira. Ca fonctionne souvent de cette manière, sous le cuir chevelu de la brune. Elle enregistre les identités de façon éphémère, ça disparaît trop vite dans le maelstrom de son esprit. Tout ce qui lui reste au final, ce sont les livres qu'ils ont empruntés, leur nom gratté dans sa liste neutre – mais impossible de mettre un visage sur ces mots. « Peut-être que le monde entier ne nous trahit. C'est simplement qu'il ne nous tend jamais la main, et que nous souhaitons recourir à son aide dès que nous avons un problème. Tel un enfant qui, désireux de surmonter son problème, s'en remet à des pouvoirs magiques pour y arriver. »

Un sourire apparaît faiblement sur les lèvres de Paradoxe – la compréhension s'installe doucement, prend ses racines au coeur de son cerveau. Elle n'est pas cette humaine, n'incarne aucune forme d'humanité ; elle est une erreur et devra s'en contenter. Nouvel acquiescement, mouvement avorté en direction du gosse – elle se ravise, le précédant contact n'avait pas l'air très agréable pour lui.
Pour elle, qui chérit presque les manifestations physiques tant elle semble en avoir besoin, c'est absurde – mais Paradoxe sait quand elle ne doit pas insister.

« C'est là la principale différence entre ce qu'on peut appeler la réalité et les contes. Certains ouvrages relatent l'Histoire, pas la fiction. Les phénomènes appelés ''miracles'' n'existent pas dans la vraie vie, il me semble. Je n'en sais rien... » Je ne l'ai jamais connue. Sa phrase reste en suspens, des mots qu'elle n'ose pas prononcer – être la création involontaire d'Elle n'est peut-être pas une bonne chose pour tout le monde.
Peut-être est-ce même honteux, d'un certain point de vue ? Notre essence qui profite d'une fausse manipulation de la Déesse Elle-même pour prendre forme, notre conscience qui se forge sur ses erreurs et cette Voix permanente qui nous hurle de semer le trouble. Paradoxe n'est pas sainte, que ça soit d'esprit comme de vertu.

« Pourquoi cette histoire te plaît-elle, Sainteté ? » Tu connais la réponse, Paradoxe. Cruelle Paradoxe.

Elle s'attarde inconsciemment sur son nom, prononçant chaque syllabe comme si c'était un exploit qu'elle arrive à s'en souvenir, à remettre les lettres dans l'ordre. A court de mots comme d'idées, elle ne lui lance pas un regard – consciente qu'elle risquerait de le gêner, voire de le bloquer.

Paradoxe est aussi impulsive que calme. Paradoxe réfléchit autant qu'elle fonce tête baissée. Elle est aussi attentionnée que je m'en foutiste.
Elle s'annule toute seule, Paradoxe. Elle s'efface toute seule.
pv sainteté | #ffa827




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Les mots sont le miroir de l'âme. (Paradoxe)

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